LE CONTRAT DE MARIAGE
sieur était ce que le monde appelle un beau parti.
Venaient ensuite la corbeille et le douaire. Monsieur donnait « des pierreries, bagues et joyaux pour la somme de 150000 1. » Le douaire de Madame était de 40000 1. par an, « et outre... le château de Montargis, garni de meubles, comme il convient à sa qualité, pour son habitation et demeure sa vie durant ». Cette dernière clause devait lui être dans la suite une source d'angoisses. Enfin, si Monsieur mourait le premier, sa femme avait trois mois pour renoncer à la communauté.
Quand Madame, beaucoup plus tard, connut nos usages, elle se plaignit amèrement de son contrat, parce qu'il ne marquait pas la différence entre une princesse Électorale et une marchande de la rue Saint-Denis : « Mon contrat de mariage, écrivaitelle à sa sœur Louise ^ a été dressé aussi misérablement que si j'étais la fille d'un bourgeois; je ne puis comprendre que l'Électeur me l'ait fait signer ». La même législation servant pour Madame et les fournisseurs de Madame, c'était presque insultant. Ainsi nous avions déjà, à de certains yeux, des airs de pays démocratique et révolutionnaire.
Pour le moment, Liselotte ignorait tout des affaires, et elle avait autre chose à penser. On désirait du côté français aboutir « au plus tôt », et la Palatine avait écrit- qu'elle serait le 28 octobre à Strasbourg, pour y recevoir la future Madame des mains de son père. Sa lettre traitait ensuite la