‹ Madame, mère du régentChapitre 50 sur 220 · MONSIEUR · texte numérisé non relu

MONSIEUR

élégances et l'organisateur des plaisirs. Le royaume n'avait pas de plus grande commère. On le méprisait, mais on le recherchait, parce qu'il était l'âme de la cour : « Quand il la quittait, dit Saint-Simon, tout y semblait sans vie et sans action ^ » Il était môme assez aimé; il avait de l'esprit naturel, il savait être aimable, il était bonhomme quand sa camarilla ne s'en mêlait pas, et, s'il était trop somptueux pour notre goût de citoyens d'une démocratie, il en fallait comme cela dans les monarchies du vieux temps. Sa campagne de 1G67 l'avait d'ailleurs relevé dans l'opinion publique. Le pays savait maintenant qu'on avait gâté à plaisir, par raison d'État, un naturel où il y avait du bon. La princesse LiseloLte répétait volontiers, sur ses vieux jours, qu'elle avait été « l'agneau politique » offert en holocauste sur l'autel de la patrie. Combien plus Monsieur aurait-il eu le droit d'en dire autant de lui-même! S'ils avaient compris qu'ils étaient deux sacrifiés, la compassion les aurait aidés à se supporter mutuellement; mais il ne fallait pas leur demander des façons de sentir aussi réfléchies.

Liselotte continuait à hurler sur la route de Metz à Châlons. Monsieur, sur la route de Paris, souriait au bel effet de ses livrées neuves. C'était pour lui la grande affaire : « Vous comprenez bien, écrivait Mme de Sévigné, la joie qu'aura Monsieur de se marier en cérémonie^. » Tout le monde le comprenait, jusqu'au nonce du Pape, qui ne crut pas pou-

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