Lettre de Mme de Sévigné du 10 août
voir se dispenser de revenir à plusieurs reprises', dans ses dépêches à Rome, sur la magnificence do l'équipage de Monsieur.
Ce prince fit son entrée solennelle à Châlons le 19 novembre. Le 21, ce fut le tour de Madame -. Les autorités les haranguèrent copieusement, l'évéque les remaria entre deux discoui's, et la ville célébra cet auguste événement par des réjouissances que Madame reconnaîtrait si son ombre repassait à Châlons, de nos jours, un 14 juillet. Rien ne change moins que les fêtes officielles. Liselotte reverrait les mêmes illuminations et entendrait les mêmes braillards avinés; ils acclameraient autre chose, mais cela ne fait pas grande différence, dans le fond.
De Châlons, les mariés furent passer quelques jours à leur château de Villers-Cotterets ^, et leur petite cour se hâta de faire part de ces impressions à Paris et à Saint-Germain. Mme de Sévigné en reçut les échos au fond de sa Bretagne : (Aux Rochers, 2 décembre.) « Ou dit que la nouvelle Madame n'est point du tout embarrassée de la grandeur de son rang. On dit qu'elle ne fait pas cas des médecins et encore moins des médecines. On vous mandera comme elle est faite. Quand on lui présenta son médecin, elle dit qu'elle n'en avait que faire, qu'elle n'avait jamais été ni saignée ni purgée : que quand elle se trouvait mal, elle faisait
1. Dépêches du 2.3 octobre au 20 novembre 1671 (Archives du Vatican).
2. Recueil des Gazettes , nouvelles ordinaires et extraordinaires, etc., n" 143, p. 1145 (Paris, 1672).
3. Le château de Villers-Cotterets appartenait à Monsieur. Il est situé au milieu d'une furet, à huit lieues de Soissons.