DÉFAUT DE PROPRETÉ DES FRANÇAIS
l'Allemagne propre et agréable ; car rien n'est plus puant ni plus cochon que Paris. » Elle rentrait dans des détails à la Zola sur les odeurs de Paris le matin, alors que toutes les fenêtres s'ouvraient pour livrer passage aux détritus humains de la nuit, et se déclarait hors d'état de supporter cet air empesté : « Dès que j'y suis seulement deux heures, j'ai mal à la tête, ça me pique à la gorge et je ne cesse plus de tousser*. »
A Paris et hors de Paris, les palais des princes, avec leurs foules sans cesse renouvelées, étaient les grands foyers d'infection. Le sans-gêne incroyable des hommes transformait les escaliers et les recoins du Louvre, ou les galeries de Versailles, en dépotoirs immondes où les femmes ne passaient qu'en relevant leurs jupes, et dont l'odeur vous poursuivait : « Tout le Palais-Royal, disait Madame dans son langage naturaliste, pue le pissat à ne pouvoir y tenir ^. » Nos pères avaient réussi à dégoûter la princesse Liselotte, ce qui n'était pourtant point facile, et l'on ne trouve rien à dire pour leur défense : ils étaient positivement sales, et le roi laissait faire, n'imaginant pas que les choses pussent être autrement.
A aucun point de vue, les Français ne consolaient Madame de la France, et ce ne sont pas ses lettres qui nous feront une belle réputation à l'étranger. On y rencontre à l'état de refrain que nous sommes intrigants, faux, égoïstes, envieux,
1. Lettres du 24 juillet 1721 à la raugrave Louise, du 16 janvier 1695 à rÉlectrice Sophie.