Lettres du 23 décembre 1710 et du 20 septembre
2. M. Geoffroy le croit de 1675. Cf. Mme de Maintenon d'après sa Correspondance aulhentique, t. I, p. 61-62 (Paris, 2 vol. iû-18, 1887; Hachette).
LA JOURNEE DE MADAME. i09
plie, écrit Liselotte à sa tante Sophie, de vouloir bien me pardonner si je suis restée une éternité sans vous écrire. D'abord je suis allée à Versailles, où nous étions occupés toute la journée. Depuis le matin jusqu'à trois heures de l'après-midi, l'on chassait. En revenant de la chasse, on changeait de costume et l'on montait au jeu, où l'on restait jusqu'à sept heures du soir; puis on allait à la comédie, qui ne finissait qu'à dix heures et demie du soir; après la comédie, on soupait; après le souper venait le bal qui durait jusqu'à trois heures du matin, et alors seulement on allait se coucher. Je vous laisse à penser si j'avais le temps d'écrire ^ » Une autre lettre-, nous montre Liselotte chez elle au Palais-Royal : « Ici, on ne se lève qu'à dix heures et demie. On va à la messe vers midi. Après la messe, on bavarde avec ce qui s'est trouvé là. Vers deux heures, on se met à table. Après le repas, il vient des dames, et cela dure jusqu'à cinq heures et demie. Ensuite arrivent tous les hommes de qualité qui se trouvent à Paris. Monsieur joue alors à la bassette, et je suis obligée de me mettre à une autre table et de jouer aussi.... Ou bien j'emmène ce qui ne joue pas à l'Opéra, qui dure jusqu'à neuf heures. En revenant de l'Opéra, il faut encore que je joue jusqu'à dix ou onze heures, et puis on se couche. » Le lendemain, on recommençait, et Liselotte s'ennuyait à périr de cette existence calfeutrée. Elle n'aimait pas le jeu, parce qu'elle per-
1. Lettre du 14 décembre 1676; traduction de M. A. -A. Rolland (Lettres de la princesse Palatine, 1 vol. in-18, Paris).