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Du 22 mai 1675, à la duchesse Sophie

dait toujours, et qu'elle n'aimait pas à perdre son argent.

De peur qu'on ne la plaigne plus que de raison il est bon de compléter les tableaux qui précédent, Liselotte avait toujours, pour peu qu'elle le désirât, des heures de liberté, qu'elle employait volontiers à gaminer, et dont elle ne se vante pas à sa tante Sophie, qui voulait que les princesses eussent de la tenue. Elle racontait plus tard à sa sœur Louise les bonnes parties de jeu et les réjouissantes sottises qu'elle avait faites avec son frère Carl-Lutz, âgé alors de quinze ans, quand leur père le lui avait envoyé (1673) pour le pousser dans le monde : « (6 décembre 1721.) J'étais encore très enfant, lorsque je suis venue en France.... Avec Carl-Lutz et le petit prince de Eisenach, nous avons fait souvent un tel vacarne, que personne ne pouvait y tenir. Il y avait alors ici une vieille dame, appelée Mme de Fiennes, que nous tourmentions effroyablement. Elle avait peur des coups de feu, et nous lancions continuellement des pétards dans ses jupes. Ça la mettait au désespoir. Elle courait après nous pour nous taper; c'était le grand plaisir. » Ici encore, Liselotte ne dit pas tout. Mme de Fiennes * était une intrigante aux doigts crochus, qui avait pris beaucoup plus d'empire sur Monsieur qu'il ne pouvait convenir à Madame. Celle-ci se vengeait à coups de pétards, et la duchesse Sophie,

1. Mme de Fiennes avait épousé par amour le comte des Chapelles, fils de la nourrice de la reine d'Angleterre, mais elle ne voulut pas porter son nom. Sa fille, Mlle de Fiennes, fut enlevée par le chevalier de Lorraine, et en eut un fils.

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