‹ Madame, mère du régentChapitre 7 sur 220 · Lettre du 6 mai 1700 à l'Électrice Sophie de Hanovre · texte numérisé non relu

Lettre du 6 mai 1700 à l'Électrice Sophie de Hanovre

lenez, Mlle de Quaadt avait deraandéà s'en aller:«Elle déclara qu'elle ne voulait plus être auprès de moi ^ »

La grande joie de Liselotte, joie de tous les jours et de toutes les minutes, et qu'elle ne devait jamais connaître à la cour de Louis XIV, était de vivre en liberté, trottant de-ci de-là, et causant avec chacun, noble, bourgeois ou manant. Elle avait acquis à ce manège une parfaite connaissance, dont elle aimait plus tard à faire parade, des choses et des gens de son lieu de naissance. Quelques mois avant sa mort, elle employa plusieurs pages de l'une de ses lettres à prouver qu'elle savait encore par cœur la ville de Heidelberg, ses rues, ses maisons, ses enseignes, ses curiosités; où habitait le bourreau; quelle route avait suivie le fameux fantôme qui avait des yeux de feu et que son père, en bon esprit fort, avait fait arrêter. Il se découvrit ainsi que le fantôme était un étudiant français, nommé Beauregard, et qu'il avait eu pour complices d'autres étudiants français, dont un futur abbé, le frère de Dangeau.

Ces souvenirs étaient le trésor de Madame, où elle se complaisait à puiser en écrivant. Le chapelet de ses anecdotes sur l'ancienne Liselotte divertissait les siens; il semblerait puéril au lecteur ordinaire, et l'on peut d'ailleurs en faire tenir tout l'essentiel en quatre lignes : il y avait à Heidelberg, aux approches de 1660, une petite princesse qui jouissait avec une joyeuse insouciance de sa belle santé et des plaisirs de son âge, cependant que ses parents travaillaient à l'envi à détruire leur foyer.

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