‹ Madame, mère du régentChapitre 80 sur 220 · Lettre du 12 janvier 1G · texte numérisé non relu

Lettre du 12 janvier 1G

Mme la comtesse de Beuvron 4 000 francs de pension.... Le roi a donné à Mlle d'Aumale..,. 40000 livres en fonds et 2 000 livres de pension.... » Ainsi de suite; il faut que la France soit aux abois, et l'argent introuvable, pour que Louis XIV renonce momentanément à être pour ses sujets l'incarnation visible de la Providence, et à rétablir leurs affaires privées aux dépens des finances publiques.

Le Duc et la Duchesse d'Orléans vivaient trop près du trône pour ne pas se trouver souvent sous la pluie d'or. Il est constant que les cadeaux d'argent à Monsieur furent répétés et considérables; quand ce prince boudait, parce que son grand frère l'avait fâché, celui-ci savait le consoler avec des espèces sonnantes qui servaient aux embellissements de Saint-Gloud. M'^^'ome assurait ne pas avoir eu part au gâteau du vivaiic de Monsieur, qui tirait tout à lui; mais c'étaient des façons de parler, car elle avait aussi ses aubaines. Nous l'avons vue recevoir 30000 pistoles de Louis XIV en cadeau de noces. Elle dit dans une lettre de 1675 : « nous jouons toute la journée à un jeu qu'on appelle le hoca.... Et, comme ma bourse n'était pas trop bien garnie, Sa Majesté le roi m'a donné 2000 pistoles. Je suis si malheureuse au jeu, qu'en quatorze jours j'en ai déjà perdu 1700* ». Elle mentionne ailleurs un autre don de 1000 pistoles. Le jeu de la famille royale était une sorte de dépense d'État, dans laquelle le roi se faisait un devoir d'entrer, et ce n'était que justice, puisque c'était une corvée à

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