‹ Madame, mère du régentChapitre 85 sur 220 · FRUIT COUCHE · texte numérisé non relu

FRUIT COUCHE

Deux grands plats de fruits et quatre salades et pour la collation d'après-dîner de Madame, cy 8

Il avait été prévu que Madame no mangerait jamais tout, et VEtat désignait les seize personnes qui auraient l'honneur, et le plaisir, de se régaler de la desserte de Son Altesse Royale.

La série des menus maigres débute ainsi : « Viande Bouche à jour maigre : une entrée d'une longe de veau », etc. Madame faisait toujours gras; elle avait une dispense : « Je n'ai pas fait la bonne œuvre d'observer le maigre, écrivait-elle à sa sœur Amélise pendant un carême; je ne supporte pas le poisson, et je suis bien persuadée que l'on peut faire des œuvres plus méritoires que de s'abîmer l'estomac en mangeant trop de poisson ^ » Quelques semaines plus tard, elle lui répondait : « Vous n'avez pas besoin d'avoir peur de me donner des scrupules; avec moi, ça ne prend pas ». Louise et Amé-

1. Lettre à Amélise, du 30 mars 1704. La lettre suivante est du 29 juin.

lise étaient alors deux vieilles filles très dévotes et très formalistes, qui, bien que protestantes, étaient choquées des libertés que prenait Liselotte avec sa

nouvelle religion.

Nous citerons en son entier, pour sa curiosité, et parce qu'il n'est pas long, le tableau de la paille.

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