Du 11 juin 1717, à la raugrave Louise
heureux du mariage de Liselotte, et escomptant en magination, à la façon de Perrette, ce que ses bâtards et le Palatinat y gagneraient. La France entretenait avec soin ces rêves riants. La guerre de Hollande était résolue. Notre diplomatie travaillait à isoler l'ennemie de demain, et tous les princes allemands étaient devenus des gens importants. La plupart étaient déjà acquis à la France, les uns contre argent, les autres « gratuitement », fait remarquer Hausser, l'historien du Palatinat, et cela est en effet très curieux, puisqu'il ne saurait y avoir de meilleure preuve de l'existence d'un parti français dans l'Allemagne d'alors. Il fallait même que ce parti eût un certain poids pour que la Bavière eût promis, par un traité du 17 février 1670, d'aider le roi de France à se faire élire empereur d'Allemagne à la mort de Léopold. Nous promettions de notre côté de marier un jour le Grand Dauphin, âgé à cette époque de huit ans, à la fille de l'Électeur de Bavière, laquelle en avait neuf. Cette clause aura son contre-coup sur les tribulations de la princesse Liselotte.
L'année suivante, l'empereur justifia le mépris qu'il inspirait généralement en se laissant gagner par nous. Quinze jours avant le mariage de Madame, le chef de l'Empire germanique signa un traité (1" nov. 1671) où il s'engageait à ne pas aider les ennemis de la France. D'avoir manqué à ses engagements ne saurait lui être une excuse devant l'Allemagne.
Les petits princes avaient imité les grands princes. Ernest-Auguste, le mari de la duchesse Sophie,