‹ Madame, mère du régentChapitre 96 sur 220 · MORT DE LOUISE DE DEGENFELD · texte numérisé non relu

MORT DE LOUISE DE DEGENFELD

Il était trop évident que ce n'était rien de bon. Le prince héritier', celui qui ressemblait à Thomas Diafoirus, voyait sans plaisir grossir ce régiment de raugraves qui était déjà une charge et pouvait devenir un danger. Sa femme Wilhelmine-Ernestine, que la duchesse Sophie, en la proposant pour son neveu, avait garantie indolente et sans volonté, s'était au contraire déclarée fort rudement contre la bigamie de son beau-père, et n'avait même pas été désarmée par la mort de Mlle de Degenfeld, survenue en 1677, à la naissance d'un quatorzième enfant. Quand la douce Louise avait senti la vie l'abandonner, elle avait fait ses adieux avec sa résignation et sa modestie accoutumées. Elle avait demandé pardon au prince Charles, fait écrire à la duchesse Sophie pour « recommander... ses pauvres enfants... à sa compassion- », et à Madame pour la supplier de marier l'aînée de ses demi-sœurs en France, sous son aile. Ayant ainsi rempli ses devoirs de politesse et fait ce qu'elle pouvait pour les raugraves, Louise de Degenfeld expira en paix, confiante en la miséricorde divine. Elle avait expié sa faute d'avance, car elle avait bien souffert par Charles-Louis.

Celui-ci la pleura beaucoup et se consola vite; c'était l'usage du temps. Six semaines après l'enterrement, il discutait paisiblement s'il serait sage de divorcer avec Charlotte, sa femme légitime, et de se remarier, comme la duchesse Sophie lui en

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