SCENE XII
MONGODIN, MADAME MONGODIN, ROBERT.
MONGODIN.
Histoire du couteau... Madame Mongodin avait vingt-cinq ans... C'était en dix-huit cent...
Inutile de dire les dates!
MONGODIN.
Tu as raison... Il y a donc vingt ans de cela. Nous étions près de Chartres, dans la petite ferme que nous possédons en pleine Beauce. Au bout de quelques jours, madame Mongodin... revenait seule à Alençon...
N'oubliez pas d'ajouter que j'étais fort jolie...
MONGODIN.
C'est vrai... il ne pourrait pas le deviner... A la première station, un jeune homme monta dans son compartiment.
Un homme jeune et beau.
MONGODIN.
Jeune et beau... à ce qu'il paraît... il osa adresser la parole à madame Mongodin.
Oui, monsieur, il osa... Au Mans, il poussa l'audace jusqu'à m'offrir des rafraîchissements au buffet...
MONGODIN.
C'est épouvantable 1... Madame Mongodiu se plaignit au chef de gare qui lui répondit qu'il avait assez d'empêcher les rencontres entre les trains sans s'occuper des rencontres entre voyageurs.
L'insolent I...
MONGODIN.
Bref, madame Mongodin arrive à Alençon... Elle descend... son persécuteur la suit, mais elle rentre chez elle et se croit enfin délivrée.
Hélas I
ROBERT
C'est palpitant I
MONGODIN.
La nuit vient!... il fait chaud... madame Mongodin s'est mise à la fenêtre et mange solitairement une orange, pour se remettre de tant d'émotions. Vous voyez le tableau.
ROBERT
Parfaitement !