‹ Madame Putiphar. 2. éd., conforme pour le texte et les vignettes à l'édition de 1839. PréfChapitre 11 sur 32 · PREFACE. ^ XXI · texte numérisé non relu

PREFACE. ^ XXI

Celui qui l'écrivit fut un homme de conviction et de talent qui eût pu marquer plus profondément encore sa trace dans l'histoire des lettres si la fortune lui eût souri. Comme il rêvait de grandes choses I Je retrouve dans la collection de V Artiste ces vers non réimprimés qui montrent bien ce qu'étaient ses espoirs et ses rêves :

9 octobre.

Tout ce que vous voudrez pour vous donner la preuve De l'amour fort et fier que je vous dois vouer; Pas de noviciat, pas d'àpre et dure épreuve Que mon cœur valeureux puisse désavouer.

Oui, je veux accomplir une œuvre grande et neuve! Oui, pour vous mériter, je m'en vais dénouer Dans mon âme tragique et que le fiel abreuve Quelque admirable drame où vous voudrez jouer!

Shakgpeare applaudira; mon bon maître Corneille Me sourira du fond de son sacré tombeau! Mais quand l'humble ouvrier aura fini sa veille,

Eteint sa forge en feu, quitté son escabeau, Croisant ses bras lassés de son œuvre exemplaire, Implacable, il viendra réclamer le salaire!

Petrus Borel.

C'est à madame Paradol, la belle madame Paradol de la Comédie-Française, mère de Prévost-Paradol, que ce sonnet était adressé et Petrus lui dédiait en outre le roman que M. Willem réimprime aujourd'hui. Ces vers décèlent bien un lier état d'âme, un courage tout prêt à tenter Vœuvre grande, un immense désir d'escalader les sommets. Ces folies et ces ardeurs vaillantes, ces explosions et ces fumées du romantisme valaient mieux encore que les fanges du réalisme, dont on sourira tout autant quand la mode en sera passée, et qui rentrent aussi dans le « genre frénétique » dont parlait Charles Nodier.

A propos du romantisme et de ses fièvres, M. Philarètc

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