‹ Madame Putiphar. 2. éd., conforme pour le texte et les vignettes à l'édition de 1839. PréfChapitre 9 sur 32 · PRÉFACE. XIX · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XIX

cou, elle lui parle, elle l'appelle par son nom. Il n'entend pas. « Fou ! dit-elle. Il est fou ! . . . » Elle se recule effrayée, tombe de toute sa hauteur et meurt.

Le livre s'arrête. Un meurtre de plus était impossible.

Je viens de nommer Camille Desmoulins. Ce n'est pas seulement le stjle même de Camille que le dénouement de Madame Putiphar nous rappelle : l'idée même de ce roman a été fournie au Lycanthrope par l'histoire. — Petrus Borel (ceci paraîtra intéressant aux curieux), a emprunté son livre aux Révolutions de France et de Brahant de Camille Desmoulins. Je lis, en effet, dans le n° 40 des Révolutions (1) , page 34, une lettre d'un certain Macdonagh, gentilhomme irlandais, capitaine , lequel se plaint d'avoir été persécuté, offensé par son colonel, mis en prison, non pas à la Bastille, mais dans la tour des îles de Sainte-Marguerite, absolument comme dans Madame Pvtiphar Petrus Borel nous montre l'Irlandais Patrick offensé par son colonel, persécuté et jeté dans un cid-de-basse-fosse. Môme caractère et même aventure. Le colonel enlève la femme qui s'appelle Déborah dans le roman. Rose Plunkett dans l'histoire.

La lettre de Macdonagh à Desmoulins est datée du 15 Juillet 1790. L'auteur raconte comment Rose Plunkett, qu'il a épousée en Irlande et qu'on lui a enlevée pendant qu'il était dans le cachot de l'Homme au Masque de Fer, est aujourd'hui la femme du marquis de Carondelet. Aussitôt, le Marquis d'écrire à Camille: « Monsieur, quelle a été ma surprise de voir dans votre journal une lettre signée Macdonagh, contenant une histoire infâme sur ma femme, dont il n'y a pas un mot de vrai ! A peine cet homme l'a-t-il vue au travers des grilles d'un couvent, etc., etc. » A cela, Desmoulins répond qu'il ne regrette pas d'avoir publié la lettre de l'Irlandais, que la publicité

(1) Voir notre travail sur Camille Desnioulins, Lucile Desinoidius et les Dantonistes (1 vol. iri-8, chez PIou, 1872).

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