‹ Madame RécamierChapitre 13 sur 43 · Mme Dalmassy · texte numérisé non relu

Mme Dalmassy

lettre de sa fille, Mme de Larochefoucauld, qu'il apprit à Lyon qu'il ne fallait se flatter d'aucun adoucissement à l'arrêt porté. C'est donc avec une très-vive émotion qu'il lui écrivait le 10 septembre :

« Je ne vous ai pas encore remerciée de votre aimable petit mot en partant. J'attendais l'occasion d'Adrien qui me presse. Il est bien triste de le quitter; mais ce qui l'est beaucoup plus, c'est ce que me mande ma fille, mais qu'elle me mande seule, d'un accident de votre santé pareil au mien i. Je ne veux pas encore le croire! Je ne suis pas assez égoïste pour n'en pas être très-affecté. J^a Providence voudrait-elle nous rapprocher encore par ce petit martyre commun d'amitié! J'en crains le contre-coup pour notre amie. Mandez-moi bien promptement ce qui en est. Mandez-moi ensuite quels sont vos projets. Prions quelquefois de loin ensemble et conservez-moi une place si précieuse dans votre amitié ! Que M. Récamier fasse passer votre lettre

1. On voit avec quelle précaution on parlait des rigueurs du pouv< ir impérial, par les circonlocutions qu'emploie M. de Montmorency pour éviter le mot exil.

dans sa correspondance, pour qu'on la remette à Camille j qui est bien occupé de vous. »

Dans cette pénible circonstance, Mme Récamier devait retrouver aussi l'expression de l'intérêt d'une autre amitié, celle de Mme de Boigne. Aussitôt que la nouvelle de l'exil lui fut parvenue, elle lui écrivit de Paris.

« Le 15 octobre 1811.

« Mme de Catellan2 me fait espérer une occasion de vous écrire. J'en profite avec d'autant plus d'empressement qu'il y a longtemps que j'en désire une, et que la crainte seule de vous déplaire m'a empêchée de vous écrire tout simplement par la poste, non pas pour vous parler de tout ce que je pense, mais pour vous demander de vos nouvelles. J'espère voir Mme de Catel-.

Page 1