Terre de la marquise de Catellan
bien touchée en nous voyant. Elle est seule avec Mnu' de Gramont, nous ne pourrons partir avant mardi, nous arriverons pour dîner entre six et sept heures, nous serons fatigués. Je désire ne trouver que toi et Charles à l'Abbaye. Adieu, chers enfants, je vous embrasse et je vous aime. Fais porter cette lettre chez Mme de Montmorency qui m'attendait. »
« Angervilliers, mardi soir.
« Me voici retenue par mes migraines, ainsi, chère petite, je ne pourrai arriver mardi comme je l'espérais. Paul prend les devants pour que tu ne t'inquiètes pas de ce retard, il te donnera des détails. Je suis un peu hargneuse avec M",e de Gatellan, et je me le reproche ; elle veut absolument me retenir, mais morte ou vive j'arrive mercredi, et j'espère te trouver à l'Abbaye. — J'ai bien peur que M. Lenormant ne te fasse trop bien supporter mon absence, mais je suis généreuse et je fais des hymnes sur lui pendant qu'il me fait oublier. — Adieu donc, à mercredi. M. de Laroche foucauld est -il
nommé ? Que de choses j'aurai à apprendre en arrivant! J'ai reçu ici une lettre de M. Ampère qui m'est parvenue par la poste; voici ma réponse qu'il faut envoyer par Joseph, ainsi que la lettre pour M. de Chateaubriand.
« Il faut envoyer chez Mme de Montmorency prévenir que je n'arrive pas mardi. »
M. BALLANCHE A Mme LENORMANT1.
« '23 juillet 1828.
(( Mon Dieu, comme vous êtes loin de nous ! comme vous allez vous éloigner encore! Dans ma petite tournée du matin, je suis réduit à regarder votre porte, et le soir, nous ne vous retrouvons plus ni dans la charmante petite chambre, ni dans le beau salon de Corinne. Vous
1. Il est peut-être nécessaire de rappeler qu'en 1828 le duc de Laval-Montmorency était ambassadeur à Vienne, que M. de Chateaubriand l'avait remplacé à Rome, et que M. Lenormant partait avec l'expédition scientifique envoyée en Egypte sous les ordres de l'illustre Champollion. Mme Lenormant accompagna son mari jusqu'à Toulon, où la frégate VEglé attendait les savants qu'elle devait transporter à Alexandrie.
êtes arrivée à Lyon, bien fatiguée sans doute et nous ne nous sommes pas trouvés là pour le savoir, pour vous engager à ne pas continuer votre voyage si vos forces n'étaient pas en proportion de votre courage. Il fait toujours un temps exécrable, j'espère que vous allez contre le beau temps.
« Lundi soir nous avons lu l'article de M. Lenormant1 ; c'était le moyen d'être encore un peu avec vous. Cet article nous a instruits et intéressés. On aime qu'une idée spéciale tienne à une idée générale; l'unité dans l'esprit est la seule et vraie condition pour créer soit dans les arts, soit dans la poésie, soit même dans les lettres. Les pensées dispersées, isolées les unes des autres, sans un centre commun, sont fugitives et infécondes.
« Hier matin, j'ai rendu à l'imprimeur les épreuves, qui m'ont donné fort peu d'embarras, elles doivent subir la révision de M. Guizot. Hier, sur les trois heures, nous avons fait, Mme Bécamier et moi, une petite promenade au bois de Boulogne. Il ne faisait pas trop beau,
i. Un article sur les vases grecs inséré dans la lievue Française,
cependant nous avons pu saisir quelques instants pour marcher un peu. Nous n'avons parlé que des voyageurs. Madame votre tante avait passé une beaucoup meilleure nuit, et elle me disait qu'elle se reprochait, en quelque sorte, de se trouver mieux lorsqu'elle pensait que vous, vous étiez accablée de fatigue, que peut-être même vous étiez souffrante. Le soir nous n'avons eu que MUe de Martigny et lorsque nous avons quitté, Paul et moi, Madame votre tante, elle recommençait à souffrir. Mais enfin la journée avait été bonne et il faut espérer que ces journées passables augmenteront et que sa santé finira par s'affermir.
« La veille, MM. de Gatellan, Montbel, Auguste Lefebvre, Jussieu, Mme d'Hautefeuille étaient venus. On a de bonnes nouvelles d'Ampère fils. M. de Catellan part. Mme deGramont est revenue pour consulter sur sa santé, qui est toujours mauvaise. — Il faut que je vous dise en fait de nouvelles que plusieurs évêques, parmi ceux qui se trouvent à Paris, entre autres M. de Chéverus, pensent que l'autorité civile n'a point excédé son droit clans les fameuses Ordonnances. C'est du moins ce que l'on disait avant- hier soir. Mon
DE MADAME RÉCAMII
de revenir en
'Spectneux souvenir à M,T)e Leno,
nbrassez, s'il vous plaît, pour moi', Je ,v0-|p îiiquaire, donnez -nous exactement de vos Duvelles, qu'elles soient un peu détaillées, ons attendons avec bien de l'impatience f. Puy qui doit venir à Paris après vous avoir ius vus à Lyon ; j'espère aussi avoir de vos nouslles par Brédin et par Révoil.
« M. Récamier était légèrement indisposé ier soir, ce matin il va mieux, ce ne sera rien.
« Je vous aime tendrement. »
« Ballanche. »
MmP Récamier ajoute à cette lettre :
u Voilà, chère Amélie, une bonne lettre de !. Ballanche : je veux te dire aussi avec quelle npatience j'attends de tes nouvelles. J'espère n avoir aujourd'hui, tout ce que je vois me emande des nouvelles des jeunes voyageurs avec î plus tendre intérêt. J'ai vu hier M. de Larohefoucauld, qui part pour les Pyrénées. Le duc je Laval que j'ai vu aussi hier regrettait vive-
cependant no irrivé chez toi un moment trop tard pour mg- dire adieu. J'étais mieux hier, mais aujourd'hui je suis retombée dans mes souffrances et dans mes tristesses. Adieu, chère enfant, je t'aime, je t'embrasse. J'ai bien besoin de te savoir arrivée, écris-moi longuement le jour du départ. Pauvre chère petite ! je redoute bien ce moment ! »
u 4 août 1828.
« Te voilà donc seule, ma pauvre Amélie! en lisant ces mots, c'est demain, mes yeux se sont remplis de larmes, j'ai senti tout ce que tu éprouvais et s'il ne fallait pas des préparatifs pour un long voyage, mon mouvement eût été de partir à l'instant, d'aller à toi et de ne pas te laisser seule avec tes regrets. La lettre de M. Lenormant m'a été au cœur : je vois qu'au moment du départ il a été ébranlé par le chagrin de te quitter, qu'il a eu besoin de ton courage pour soutenir le sien, et tu sais peut-être à présent, chère enfant, qu'il est probable que cette séparation sera beaucoup moins longue que vous ne le pensiez, et que les voyageurs en arrivant
i Alexandrie trouveront l'ordre de revenir en France *.
« Le bonheur de te revoir consolera facilenent M. Lenormant de ne pas continuer sa ■oute, et, je l'avoue, je n'ai pu me défendre d'une secrète joie en apprenant cette nouvelle, qui ibrégeait tes ennuis. Mais je retombe pour mon )ropre compte dans les grandes incertitudes; je 'écrirai dès que je serai fixée. M. de Chateau- >riand s'est chargé avec beaucoup de grâce de a note pour M. Hyde de Neuville. Il compte oujours partir le 1er septembre. Je passe mes ournées dans une incertitude douloureuse dont e ne sais pas me tirer. Il ne faut pas, ma pauvre infant, te parler de bonheur quand ton cœur !St déchiré, mais tes peines seront passagères,
1. On avait craint, en effet, que les événements de la guerre, int en Grèce qu'en Turquie, ne gênassent les paisibles travaux e la commission scientifique. M. Drovetti, consul général de 'rance à Alexandrie, avait même cru devoir écrire à Champollion ne lettre qui se croisa avec le bâtiment qui le portait. De l'avis lème du vice-roi, il engageait l'illustre savant français à remettre on voyage à une autre année. M. Lenormant, dans ses lettres 'Egypte, raconte ce petit incident et ajoute : « Notre débarquelent a donc causé un moment d'embarras à M. Drovetti. Quant u pacha, il a dit aussitôt en bon prince : « Qu'ils soient les
bienvenus! » et l'affaire a été arrangée en un clin d'œil. »
et ton sort me semble si doux, que je donnerais volontiers les plus beaux jours de ma vie pour tes jours les plus tristes. M. Ballanche, Paul et tout ce que je vois ne me parlent que de toi. »
« 21 août 1828.
u Je suis désolée, ma pauvre Amélie, de tout. le trouble que t'a porté la lettre de Paul. Il doit t'écrire ainsi que M. Ballanche. Je reçois une lettre pour toi de Mme de Turpin, j'ai pensé qu'elle te ferait plaisir et je ne perds pas un instant pour te l'envoyer. — M. de Chateaubriand vient d'être malade. Son voyage est toujours fixé pour le commencement de septembre.
« Que tous ces départs sont tristes! que la vie est difficile! Quand donc serons -nous tous réunis ? Adieu, ma pauvre chère Amélie, reviens le plus tôt que tu pourras te reposer sur mon cœur en attendant mieux, et tâche de calmer ta pauvre imagination et de soigner ta santé. Il faut que M. Lenormant, à son retour, te trouve fraîche comme la reine des (leurs* »
k. 24 avril 18291.
« Voici, chère enfant, les lettres de MmC de Boigne. Je n'ai point entendu parler de Sébastiane. Tu sais tous nos ennuis. Je suis restée hier jusqu'à minuit chez M. Récamier; pendant ce temps tous nos amis venaient à l'Abbaye pour me parler de toi. M. Récamier est mieux ce matin. Le congé de M. de Chateaubriand est parti. J'ai reçu hier de lui une lettre de huit pages; il est bien agité. J'ai vu M. Delécluze. Voici une lettre de lui, en voilà aussi de Canaris, et tous ces envois me serrent le cœur. Je te recommande surtout la lettre pour Z;mte, tu sais ce que tu m'as promis. Quel dommage que nous ne soyons pas ensemble! mais c'était impossible.
1. Après avoir accompagné Champollion jusqu'à la seconde cataracte, M. Lenormant était revenu à Alexandrie avec l'intention de s'y emb.irquer pour la France. Il y trouva sa nomination de directeur adjoint à la section d'archéologie dans la commission scientifique envoyée par le gouvernement français en Morée. M. Lenormant se rendit donc en Grèce, et en explora pendant quatre mois les monuments. II avait permis à sa femme de le rejoindre, et elle attendait à Toulon qu'il vînt la chercher en demandant une prolongation de sa mission. Mais l'avéncment de M. de Polignac au pouvoir le fit renoncer à toute sollicitation.
J'ai été bien émue en entrant chez toi; M. 13allanche et Paul se chargent des détails; tu sais que moi je n'écris pas, ils te diront tout, mais personne ne te dira combien je te regrette. Je n'ai point cherché à te retenir, je te comprenais trop bien et je te trouvais si heureuse ! Dis à M. Lenormant combien j'ai été touchée de sa lettre. C'est un doux moment dans la vie que celui où vous allez vous revoir. J'ai besoin d'y penser, et je n'aurai de repos que lorsque je vous saurai réunis. Tu m'adresseras toutes tes lettres comme nous en sommes convenues. Je suis votre chargé d'affaires, vous me donnerez mes instructions. J'espère que ce voyage fera autant d'honneur à M. Lenormant que celui de l'Egypte et qu'il prépare une bonne situation au retour.
« Adieu, adieu. Je vais écrire à M. de Chateaubriand par un courrier qui part ce matin, puis je vais m'établir chez M. Récamier, dans ta petite chambre, jusqu'à ce soir. Je ne sais plus ce que j'écris. Adieu, hélas! adieu. Soigne-toi bien, sois prudente et ne perds pas une occasion pour nous écrire, »
« 11 mai 1829.
« Je me hâte, pauvre chère enfant, de t'envoyer cette lettre que la fatalité fait passer ici avant de t' arriver. La situation où tu te trouves, cette cruelle incertitude, cet isolement, tout cela me désole. J'ai aussi bien des inquiétudes du côté de Rome. Le duc de Laval a refusé, mais qui nommera-t-on? M. de Chateaubriand attend. Sa femme arrive dans peu de jours. M. Récamier est à merveille ; j'ai été bien souffrante, cela va un peu mieux, mais je n'aurai pas un moment de repos tant que je te saurai dans ces incertitudes. Nous parlons sans cesse de toi et nous allons nous arranger pour te faire arriver une lettre tous les jours. Prends courage, chère enfant de mon cœur, et pense au moment où nous nous retrouverons tous. Je ne puis te donner de conseils puisque ton sort dépend de la réponse de ton mari, j'espère qu'il se rendra à la raison parfaite de ta lettre. Il s'agit alors de savoir si tu te rendrais à Zante ou si tu nous reviendrais et tu juges avec quelle inquiétude nous attendons cette décision. »
« Paris, 21 mai 1829.
« Je t'avais écrit une longue lettre, je l'ai déchirée au moment de l'envoyer. — Je te dirai quelque jour pourquoi, mais je me reproche d'avoir retardé une lettre de Paul. Il a dû t'écrire aujourd'hui. L'idée de ton isolement ne nous quitte pas, nous en parlons sans cesse. Du reste mes jours s'écoulent ainsi que les tiens, je souffre beaucoup, et les distractions du monde n'agissent plus sur moi.
«M. de Chateaubriand arrive; je suis plus troublée de la situation dans laquelle il va se trouver que je ne suis heureuse de le revoir. J'ignore s'il retournera en Italie. Cette incertitude sur ton sort, sur le sien, me jette moi-même dans un vague qui ne me permet de former aucun projet. J'ai vu hier ta belie-mère qui est \ entament excellente. Je souffrais tant, que j'ai été obligée de laisser tout ce qui était dans te salon pour aller me coucher. Tout le monde me demande de tes nouvelles, c'est toujours la première question qu'on m'adresse. Il est impossible d'inspirer plus d'intérêt, et d'avoir une meil-
leure et plus charmante réputation ; je suis trèsfière de mon - ouvrage en reconnaissant que j'y suis pour très-peu, et que Dieu a béni mes intentions bien plus que mes talents. Nous attendons tous avec une inquiète impatience les lettres qui doivent décider de ton avenir. Je t'écrirai aussi dès que j'aurai vu M. de Chateaubriand. Adieu, chère enfant, prends courage et pense au bel avenir de bonheur qui t'attend. »
« 26 mai 1829.
« Oui, chère enfant de mon cœur, je conçois toute ta joie en apprenant l'arrivée prochaine de M. Lenormant, et quand je te saurai près de lui, je serai tranquille. Dis-lui tous nos chagrins de nous séparer de toi, mais jouis sans mélange du bonheur de cette réunion. Tu as fait ce que j'aurais fait à ta place. Nous avons tous bien souffert, mais nous nous retrouverons tous, et tu auras donné à M. Lenormant une preuve de tendresse dont le souvenir répandra un charme de plus sur tout votre avenir. Dis-lui combien je lui suis tendrement attachée, dis-lui combien je suis reconnaissante de tout le bonheur qu'il
te donne, mais dis-lui aussi qu'il doit m'adorer de lui avoir donné une femme comme toi. Pourras-tu me lire, chère enfant? Je t'écris avec peine, tourmentée d'un rhumatisme aigu dans la tête : je n'ai pas fermé l'œil de la nuit. Tout cela n'est rien, ii n'en sera plus question dans trois jours , mais pour le moment c'est une douleur intolérable. Voici une lettre de Lina, qui m'a aussi écrit. J'ai eu deux lettres hier par un courrier extraordinaire du duc de Laval. Elles sont à huit jours de date; il est bien loin de se douter de la pierre qui lui tombe sur la tête; il arrivera en même temps que M. de Chateaubriand. C'est une occasion d'exercer mes grands talents. Je crois vraiment que je pourrai leur être utile : c'est une consolation au milieu de toutes mes tristesses. M. Récamier est beaucoup mieux, nos amis sont excellents et bien tendrement occupés de toi. Nous sommes tous dans l'attente des nouvelles de Toulon. Adieu, chère enfant, je te presse sur mon cœur. »
« 1er juin 1829.
« Tu sais tous les détails de l'abbaye, chère petite : M. Ballanche, Paul, M. Récamier, ont du t'écrire de longues lettres. M. de Chateaubriand est arrivé depuis jeudi; j'ai été heureuse de le retrouver, plus heureuse encore que je ne le croyais. Il ne me manque pour jouir de ce bonheur que de te savoir heureuse. Ton isolement pèse sur mon cœur. Je ne puis te donner de conseils dans l'incertitude où je suis moimême. Si M. de Chateaubriand retourne à Rome, il est probable que j'y passerai l'hiver. Ma santé me forcera peut-être aussi d'aller cet été à Dieppe pour les bains de mer. Mais d'ici là je serai fixée sur ton sort. Mme Auguste Pasquier * est très-sou (Frante. Je n'ai point vu Paul depuis trois jours. J'attends M. de Chateaubriand, qui a une audience du roi et qui doit venir me donner tous les détails de cet entretien. Tu sais que notre malheureuse caisse hypothécaire s'en va : c'est désastreux. Je vois
4. Belle-sœur du chancelier, grand'mère du duc d'iudiflïet- Pasquier.
assez de monde, M. Villemain, que je trouve bien aimable, M. de Sainte-Aulaire. Mais c'est l'arrivée de M. de Chateaubriand qui ranime ma vie, qui me semblait prête à s'éteindre. Mes impressions encore si jeunes me font mieux comprendre les tiennes : c'est une manière de plus d'être en sympathie avec toi, et c'est à moi que tu dois toutes les confidences de ton pauvre cœur. »
M. BAJ.LANCHE A Mme LENORMANT.
« 18 juin 1829.
« Il me semble que le temps de votre exil est bien près de toucher à sa fin. J'espère bien qu'en ce moment vous met lez à profit ce qui vous en reste, et que vous prenez des bains de mer. Je ne saurais dire combien je fais cas de la santé; avecelle on jouit plus et on supporte mieux. Il ne nous paraît plus dans les choses probables que vous alliez en Morée : M. Lenormant ne peut plus tarder à revenir, et vous, il ne peut pas vous convenir d'aller pour peu de temps affronter les différentes quarantaines qui vous seraient sans doute imnosées. M. Lenor-
mant fait sa tournée indépendamment de la commission. L'essentiel pour lui, c'est qu'il l'ait faite ; son avenir est assuré. Sans doute j'aurais beaucoup à l'interroger, et je me fais un vrai plaisir d'avoir pour lui une foule de renseignements. Je me fais vieux, je n'ai plus l'espoir d'aller visiter des lieux qu'il me serait cependant si utile de visiter, non pas pour le travail que j'accomplis en ce moment, mais pour Zénobie^ si jamais je dois entreprendre une épopée des premiers temps du christianisme. Enfin, enfin, nous verrons.
« Hier, il y a eu l'assemblée la plus brillante à l'Àbbaye-au-Bois; c'était pour la lecture de Moïse. Lafond * lisait fort mal, parce que le manuscrit était mauvais; mais M. de Chateaubriand s'est mis à lire lui-même : ainsi l'intérêt a bien compensé ce qui pouvait manquer à la lecture. Toutefois, '"Madame votre tante était sur les épines; mais soyez certaine que tout a été très-bien, que l'impression a été ce qu'elle devait tout naturellement être, c'est-à-dire une impression de complète admiration. Parmi les