‹ Madame RécamierChapitre 37 sur 43 · P. MÉRIMÉE · texte numérisé non relu

P. MÉRIMÉE

Enfin un dernier billet vint, quelques jours après, confirmer ce refus.

« Madame, écrivait M. Mérimée, M. Gérard m'a parlé à la fois en père et en ami. Il m'a dit (ce qui valait mieux que toute autre raison) qu'à ma place il accepterait. Cependant, Madame, il n'a pas vaincu les scrupules que vous connaissez

et je persiste clans mon refus. Je vois qu'en agissant ainsi je prête au ridicule et que j'ai l'air de «l'exagérer singulièrement ma propre importance. Que voulez-vous? Orgueil ou faux raisonnement,je ne puis prendre sur moi d'accepter. Je n'ai consulté personne, mais j'ai longuement débattu la question dans ma tête, et il me semble qu'en persistant dans ma première détermination je n'ai cédé à aucune considération de paresse, etc. Si mon obstination ne me fait point trop de tort dans votre esprit, je serai extrêmement flatté d'être présenté par vous au duc de Laval. La connaissance d'un galant homme et d'un homme d'esprit est toujours désirable. Pourtant, Madame, j'oserai vous supplier de ne point lui parler de moi comme d'un aspirant diplomate. Gela m'entraînerait à des explications désagréables pour moi. Ce n'est qu'à vous seulement, dont la bonté m'est connue, que j'ose expliquer les motifs de mon refus et parler à ca3ur ouvert. Veuillez agréer, Madame, l'hommage de ma reconnaissance et de mon profond respect.

Page 1