PR ET
STE ere
RE en < ”
Lé
‘€ Telle je vous ai vue la première fois, dit-il lentement, telle je vous revois, madame Thérèse. Ah ! nous avons eu du bonheur, bien du bonheur !
— C’est vous qui m'avez sauvé la vie, monsieur Jacob, dit-elle, les yeux pleins de larmes, ”
Maïs hochant la tête et levant la main:
‘€ Non, fit-il, non, c’est celui qui conserve tout et qui anime tout, c’est celui-là seul qui vous à sauvée; car il ne veut pas que les grandes et belles natures périssent toutes; il veut qu’il en reste pour donner l'exemple aux autres, Allons, allons qu’il en soit remercié !’
Puis changeant de voix et de figure, il s’écria:
‘# Réjouissons-nous !... réjouissons-nous!... Voilà ce que j'appelle un beau jour l”
En même temps il courut à la cuisine, et comme il ne revenait pas tout de suite, madame Thérèse me fit signe d'approcher; elle me prit la tête entre ses mains et m’embrassa, écartant mes cheveux,
“Tu es un bon enfant, Fritzel, me dit-elle; tu ressombles à petit Jean.”
J’étais tout fier de ressembler à petit Jean.
Alors l'oncle rentra, clignant des yeux d’un air de satisfaction intérieure.
‘ Aujourd’hui, dit-il, je ne bouge pas de chez nous; il faut aussi de temps en temps que l’homme se repose. Je vais seulement faire ur petit tour au village, pour avoir la conscience nette, et puis je rentre passer toute la journée en famille, comme au bon temps où la grand” mère Lehnel vivait encore. On a beau dire, ce sont les femmes qui font l’intérieur d’une maison f”
Tout en parlant de la sorte, il se coiffait de son gros bonnet et se jetait la honppelande sur l'épaule, Puis il sortit en nous souriant.
Madame Thérèse était devenue toute réveuse; el!
e se
entement, OUS avons
ur Jacob,
ut et qui Ce; car il périssent nple aux
Voilà ce
ime il ne fit signe nains et
tu res-
| air de
nous; il se, Je r avoir oute la grand” ont les
n £TOS Puis il
el'e ge
leva, poussa le fauteuil près d’une fenêtre, et se mit À
regarder la place de la fontaine d’un air grave. Moi, je
sortis déjeuner dans la cuisine avec Scipio.
Environ ane demi-heure après, j’entendis l’oncle qui rentrait en disant:
” Eh bien! me voilà libre jusqu’au soir, madame Thérèse; j'ai fait ma tournée, tout est en ordre, et rien ne m’oblige plus de sortir.” |
Depuis un instant, Scipio grattait à la porte, je lui ouvris et nous entrâmes ensemble dans la salle, L’oncle venait de suspendre sa houppelande au mur, et regardait madame Thérèse encore à la même place et toute mélancolique.
‘< À quoi pensez-vous donc, madame Thérèse ? lui dit. il, vous avez l'air plus triste que tout à l’heure,
— Je pense, monsieur le docteur, que, malgré les plus grandes souffrances, on est heureux de se sentir encore sur cette terre pour quelque temps, dit-elle d’une voix émue.
— Four quelque temps? s’écria l'oncle, dites donc pour bier des années ; car, Dieu merci, vous êtes d’une bonne constitution, et d'ici à peu de jours, vous serez aussi forte qu’autrefois.
— Oui, monsieur Jacob, oui, je le crois, fit-elles mais quand un homme bon, un homme de cœur vous à re-
levée d’entre les morts à la dernière minute, c’est un
bien grand bonheur de se sentir renaître, de se dire: ‘Sans lui, je ne serais plus là :” L’oncle alors comprit qu’elle contemplait le théâtre du terrible combat soutenu par son bataillon contre la division autrichienne; que cette vieille fontaine, ces vieux murs décrepits, ces pignons, ces lucarnes, enfin toute la place étroite et sombre lui rappelaient les incidents de la lutte, et qu’elle savait aussi le sort qui l’attendait, si par bon-
RE ms
Se nn RE
RE