‹ Madame Thérèse ou Les volontaires de '92 [microforme]Chapitre 5 sur 41 · SAR PRE NE ARR PA CIRE ARE A RE CAUSE · texte numérisé non relu

SAR PRE NE ARR PA CIRE ARE A RE CAUSE

TTe comme

une femme attention; on allongé ux lui deset se relerte que sa les côtés, ent grands à cocarde hoir rouge jusqu'alors u brunes, d’adrairaà regardais onné que six autres irant tout S pas des

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onde fût semblait

MADAME THÉÊRESE, 5

n’avais plus une goutte d’eau-de-vie, dit-elle d’un ton ferme et net; mon premier soin, en arrivant, fut de courir par tout le village pour en trouver; en la payant, bien entendu. Maïs les gens cachent tout, et depuis une demi-heure seulement, j’ai découvert la branche de sapin à la porte de cet homme. Le caporal Merlot, le fusilier Cincinnatus et le tambour-maître Horatius Coclès me suivaient pour m'aider. Nous entrons, nous demandons du vin, de l’eau-de-vie, n’importe quoi; mais le £aiserlhick n’avait rien, il ne comprenait pas, il faisait le sourd. On se met donc à chercher, à regarder dans tous les coins, et finalement nous trouvons l’entrée de la cave au fond d’un bûcher, dans la cour, derrière un tas de fagots qu’il avait mis devant.

‘€ Nous aurions pu nous fâcher; au lieu de cela, nous descendons et nous trouvons du vin, du lard, de la choucroute, de l’eau-de-vie; nous remplissons nos tonneaux, noûüs prenons du lard, et puis nous remontons sans

esclandre. Mais, en nous voyant revenir chargés, cet

homme, qui se tenait tranquillement dans la chambre, se mit à crier comme un aveugle, et au lieu d’accepter mes assignats, il les déchira et me prit par le bras en me secouant do toutes ses forces. Cincinnatus ayant déposé sa charge sur la table, prit ce grand flandrin au collet et le jeta contre la fenêtre de sa baraque. C’est alors que le sergent Laflèche est arrivé. Voilà tout, commandant.”

Quand cette femme eut parlé de la sorte, elle se retira derrière les autres, et tout aussitôt un petit homme sec, maigre et brusque, dont le chapeau penchait sur l'oreille, et qui tenait sous son bras une longue canne à pomme de cuivre en forme d’oignon, s’avança et dit:

‘Commandant, ce que la citoyenne Thérèse vient de vous communiquer, c’est l’indignation de la mauvaise

foi, que tout chacun aurait eue de ge trouver nez à nez avec un £aiserlick dépourvu de tout sentiment civique, et qui se propose...

— C’est bon, interrompit le Commandant, la parole de la citoyenne Thérèse me suffit !”

Et s'adressant en allemand à J oseph Spick, il lui dit en fronçant les sourcils:

‘< Dis donc, toi, est-ce que tu veux être fusillé ? Cela ne coûtera que la peine de te conduire dans ton jardin ! Ne sais-tu pas que le papier de la République vaut mieux que l’or des tyrans ? Ecoute, pour cette fois je veux bien te faire grâce, en considération de ton ignorance; mais s’il t’arrive encore de cacher tes vivres et de refuser les assignats en payement, je te fais fusiller sur la place du village, pour servir d'exemple aux autres. Allons, marche, grand imbécile !”

Il débita cette petite harangue très rondement ; puis se tournant vers la cantinière:

‘C’est bien, Thérèse, dit-il, tu peux charger tes tonneaux, cette homme n'y mettra pas opposition, Et vous autres, qu’on le laisse aller, ”

Tout le monde sortit, Thérèse en tête et Joseph le dernier. Le pauvre diable n’avait plus une goutte de sang dans les veines; il venait d’en échapper d’une belle,

Le jour, dans l'intervalle, était venu.

: Le commandant se leva, plia la carte et la mit dans sa poche, Puis il s’avança jusqu’à l’une des fenêtres et se mit à regarder le village. L’oncle et moi nous regardions

à l’autre fenêtre. Il pouvait être alors cinq heures du matin, |

” nez à nez nt civique,

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lé ? Cela on jardin !

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Allons,

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arger tes ion. Et

Joseph le outte de me belle,

: dans sa res et se gardions eures du

Toute ma vie je me rappellerai cette rue silencieuse encombrée de gens endormis, les uns étendus, les autres repliés, la tête sur le sac. Je vois encore ces pieds

+ boueux, ces semelles usées, ces habits rapiécés, ces faces

jeunes aux teintes brunes, ces vieilles joues rigides, les paupières closes; ces grands chapeaux, ces épaulettes déteintes, ces pompons, ces couvertures de laine à bordure rouge filandreuse, pleines de trous, ces manteaux gris, cette paille dispersée dans la boue. Et le grand silence du sommeil après ia marche forcée, ce repos absolu semblable à la mort; et le petit jour bleuâtre enveloppant tout cela de sa iumière indécise, le soleil pâle montant dans la brume, les maisonnettes aux larges toitures de chaume, regardant de leurs petites fenêtres noires: et tout au loin, des deux côtés du village, sur l’Altenberg et le Réepockel, au-dessus des vergers et des chènevières, les baïonnettes des sentinelles scintillant parmi les dernières étoiles; non, jamais je n’oublierai cet étrange spectacle; j'étais bien jeune alors, mais de tels ouvenirs sont éternels.

A mesure que le jour grandissait, s’animait aussi le tableau: une tôte se levait, s’appuyait sur le coude et regardait, puis bâillait et se couchait de nouveau. Ailleurs un vieux soldat se dressait tout à coup, secouait la paille de ses habits, se coiffait de son feutre et repliait son lambeau de couverture; un autre aussi roulait son manteau et le bouclait sur son sac; un autre tirait de sa poche un bout de pipe et battait le briquet. Les premiers levés se rapprochaient et causaient entre eux, d’autres venaient les rejoindre en frappant de la semelle, car il

faisait froid à cette heure; les feux allumé et sur la place avaient fini par s’éteindre, En face de chez nous, sur la petite place, était la fontaine ; un certain nombre de Républicains, rangés autour des deux grandes auges moussues, se lavaient, riant et

plaisantant malgré le froid ; d’autres venaient allonger la lèvre au goulos,.

Puis les maisons s’ouvraient une à un les soldats en sortir, inclinant leurs leurs sacs sous les petites portes, tous la pipe allumée.

À droite de notre grange, devant l’ stationnait la charrette de la Cantinière couverte d’une

grande toile; elle était à deux roues, en forme de brouette, les bras posant à terre.

Derrière, la mule, couverte d’ laine à carreaux rouges ef, bleus, attirait de notre échoppe une longue mèche de foin, qu’elle mâchait

gravement, les yeux à demi fermés d’un air sentimental.

La cantinière, à la fenêtre en face, r petite culotte, et se penchait de temp jeter un coup d’œil sous le hangar.

Là, le tambour-maître Horatius Coclès Merlot et un grand gaillar

s dans la rue

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auberge de Spick,

une vieille housse de

accommodait une S en temps pour

; Cincinnatus, d jovial, maigre, sec, à cheval sur des bottes de foin, se faisaient la queue l’un à l’au-

tre; ils se peignaient les tresses et les lissaient en se Cra- Chant dans la main ÿ Horatius Coclès, qui se trouvait en tête de la bande, fredonnait in air, et ses camarades répétaient le refrain à la sourdine. rw: +».

Près d’eux, contre deux vieilles futailles; dormait un petit tambour d’une douzaine d'années, tout blond comme moi, et qui m’intéressait particulièrement, C'est lui que surveillait Ja cantinière et dont elle rac-

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commodait sans doute une culotte. Il avait son petit nez rouge en l’air, la bouche entr’ouverte, le dos contre les deux tonnes et un bras sur sa caisse; ses baguettes étaient passées dans la buffleterie, et sur ses pieds, couverts de quelques brins de paille, était étendu un grand caniche tout crotté, qui le réchauffait. A chaque instant cet animal levait la tête et le regardait comme pour dire: “Je voudrais bien faire un tour dans les cuisines du village!” Mais le petit ne bougeait pas; il dormait si bien! Et comme, dans le lointain, quelques chiens aboyaient, le caniche bâillait; il aurait voulu se mettre de la partie.

Bientôt deux officiers sortirent de la maison voisine; deux hommes élancés, jeunes, la taille serrée dans leur habit. Comme ils passaient devant la maison, le commandant leur cria:

‘ Duchëne ! Richer !

— Bonjour, commandant, dirent-ils en se retournant.

— Les postes sont relevés ?

— Oui, commandant.

— Rien de nouveau ?

— Rien, commandant. -

— Dans une demi-heure on se remet en marche. Fais battre le rappel, Richer. Entre, Duchêne.”

L'un des officiers entra, l’autre passa sous le hangar et dit quelques mots à Horatius Coclès. Moi, je regardais le nouveau venu. Le commandant avait fait apporter une bouteille d’eau-de-vie; ils en buvaient ensemble, lorsqu'une sorte de bourdonnement s’entendit dehors: c’était le rappel. Je courus voir ce qui se passait. Horatius Coclès, devant cinq tambours, dont le petit tenait la gauche, la canne en l'air, ordonnait Île roulement. ‘Tant que la canne fut levée, il continua.

Les Républicains arrivaient de toutes les ruelles du vil-

lage; ils se rangeaïent sur deux lignes, devant la fon.

taine, et leurs sergents commençaient appel. L’oncle et moi, nous étions émerveillés de l’ordre qui régnait chez ces gens; à mesure qu’on les appelait, ils répondaïient si vite, que c’était comme un murmure de tous les côtés. Ils avaient repris leurs fusils et les tenaient à volonté, sur l’épaule ou la crosse à terre.

Après l’appel, il se fit un grand silence, et plusieurs hommes, dans chaque compagnie, se détachèrent sous la conduite des caporaux, pour aller chercher le pain. La citoyenne Thérèse attelait alors sa mule à la charrette. Au bout de quelques instants, les escouades revinrent, apportant les miches dans des sacs et des paniers. La distribution commença.

Comme les Républicains s’étaient fait la soupe en arrivant, ils se bouclaient l’un à l’autre leur miche sur le sac,

“Allons ! s’écria le commandant d’un ton joyeux, en route !”?

Il prit son manteau, le jeta sur son épaule, et sortit sans nous dire ni bonjour, ni bonsoir,

Nous pensions être débarrassés de ces gens pour toujours.

Au moment où le commandant sortait, le bourgmestre vint prier l’oncle Jacob de se rendre bien vite chez lui, disant que la vue des Républicains avait rendu sa femme

. malade,

Ils partirent ensemble aussitôt. Lisbeth arrangeait déjà les chaises et balayait la salle. On entendait dehors les officiers commander: ‘ En avant, marche!” Les tambours résonnaient; la cantinière criait: ‘ Hue !” et le bataïllon se mettait en route, quand une sorte de pétillement terrible retentit au bout du village. C’étaient des coups de fusil, qui se suivaient quelquefois plusieurs ensemble, quelquefois un à un,

int la fon.

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Les Républicains allaient entrer dans la rue.

‘ Halte !” cria le commandant, qui regardait debout sur ses étriers, prêtant l’oreille, <£{%,4 tre

Je m'étais mis à la fenêtre, et je voyais tous ces hommes attentifs, et les officiers hors des rangs autour de leur chef, qui parlait avec vivacité.

Tout à coup un soldat parut au détour de °: rues il courait, son fusil sur l’épaule.

‘Commandant, dit-il de luin, tout essoufflé, les Croates ! L’avant-poste est enlevé. ils arrivent !...”

À peine le commandant eut-il entendu cela qu’il se retourna, courant sur la ligne ventre à terre et criant:

‘ Formez le carré !”

Les officiers, les tambours, la cantinière se repliaient en même temps autour de la fontaine, tandis que les compagnies se croisaient comme un jeu de cartes; en moins d’une minute, elles formèrent le carré sur trois rangs, les autres au milieu, et presque aussitôt il se fit dans la rue un bruit épouvantable, les Croates arrivaient; la terre en tremblait. Jo les vois encore déboucher au tournant de la rue, leurs grands manteaux rouges flottant derrière eux comme les plis de cinquante étendards, et courbés si bas sur leur selle, la latte en avant, qu’on apercevait à peine leurs faces osseuses et brunes aux longues moustaches jaunes.

Il faut que les enfants soient possédés du diable, car, au lieu de me sauver, je restai là, les yeux écarquillés, pour voir la bataille. J’avais bien peur, c’est vrai, mais la curiosité l’emportait encore.

Le temps de regarder et de frémir, les Croates étaient sur la place. J’entendis à la même seconde le commandant crier: “Feu!” Puis un coup de tonnerre, puis rien que le bourdonnement de mes oreilles. Tout le côté du carré tourné vers la rue venait de faire feu à

la fois; les vitres de nos fenêtres tombaien tant; la fumée entrait dans la chambre de cartouches, et l'odeur de la

Moi, les cheveux hérissés, Croates sur leurs grands c grise, bondir, retomber et rebondir, comme sur le carré; et ceux de derrière arriver, cesse, hurlant d’une voix Sauvage:

vers! 1”

‘ Feu du second rang |” cria le Commandant, au milieu des hennissements et des cris sans fin.

Il avait l’air de parler dans votre chambre, tant sa voix était calme,

Un nouveau coup de tonnerre suivit; et comme Je épi tuiles roulaient des toits, com-

t en grelot.

avec des débris poudre remplissait l'air,

je regardais, et je voyais les hevaux, debout dans la fumée

pour grimper arriver sans “Horverlzl for-

crépi tombait, comme les

me le ciel et la terre semblaient se confondre, Lisbeth, derrière, dans la Cuisine, poussait des cris gi perçants que, même à travers ce tumulte, on les entendait comme un coup de sifflet.

Après les feux de peloton commencèrent les feux de file. On ne voyait plus que les fusils d s’abaisser, faire feu et se relever, rang, le genou à terre, croisait la troisième chargeait les fusils et les Les Croates tourbillonnaient autour du carré, frappant

au loin de leurs grandes lattes; de temps en temps un Chapeau tombait, quelquefois l’homme, Un de ces Croates, repliant son cheval sur les jarrets, bondit si loin qu’il franchit les trois rangs et tomba dans le carré ; mais alors le commandant républicain se précipita sur lui, et d’un furieux Coup de pointe le cloua Pour aïnsi dire sur la croupe de son cheval ; je vis le républicain retirer son

u deuxième rang tandis que le premier baïonnette, et que le passait au second.

? En avanti en avant!

ent en grelotec des débris plissait l'air, t je voyais les lans la fumée pour grimper arriver sans rverlzl for-

dant, au mibre, tant sa

t comme le s toits, comre, Lisbeth, si perçants idait comme

les feux de xième rang le premier , et que le second, 6, frappant temps un Un de ces ndit si loin arré; mais sur lui, et si dire sur retirer son ne mers,

sabre rouge jusqu’à la garde; cette vue me donna froid; j'allais fuir; mais j'étais à peine levé, que les Croates firent volte-face et partirent, laissant un grand nombre d'hommes et de chevaux sur la place.

Les chevaux essayaient de se relever, puis retombaient, Cinq ou six cavaliers, pris sous leur monture, faisaient des efforts pour dégager leurs jambes; d’autres tout sanglants se traînaient À quatre pattes, levant la main et criant d’une voix lamentable: ‘ Pardône, Françôse!"” dans la crainte d’être massacrés; quelques-uns, ne pouvant endurer ce qu’ils souffraient, demandaient en grâce qu’on les achevât. Le plus grand nombre restaient immobiles.

Pour la première fois je compris bien la mort; ces hommes que j'avais vus deux minutes avant, pleins de vie et de force, chargeant leurs ennemis avec fureur, et bondissant comme des loups, ils étaient là, couchés pêlemêle, insensibles comme les pierres du chemin.

Dans les rangs des Républicains il y avait aussi des places vides, des corps étendus sur la face, et quelques blessés, les joues et le front pleins de sang; ils se bandaient la tête, le fusil au pied, sans quitter les rangs; leurs camarades les aidaient à serrer le mouchoir et à remettre le chapeau dessus.

Le commandant, à cheval près de la fontaine, la corne de son grand chapeau à plumes sur le dos et le sabre au poing, faisait serrer les rangs; près de lui se tenaient les tambours en ligne, et un peu plus loin, tout près de l’auge, la cantinière avec sa charrette. On entendait les trompettes des Croates sonner la retraite. Au tournant de la rue, ils avaient fait halte; une de leurs sentinelles attendait là, derrière l’angle de la maison commune: on

? Pardon, Français!

i ne voyait que la tête de son cheval, Quelques coups de JUN fusil partaient encore. b

‘< Cessez le feu !” cria le commandant.

Et tout se tut; on n’entendit plus que la trompette au loin.

La cantinière fit alors le tour des rangs à l’intérieur . pour verser de l'eau-de-vie aux hommes, tandis que sept ou huit grands gaillards allaient puiser de l’eau à la fontaine, dans leurs gamelles, pour les blessés, qui tous demandaient à boire d’une voix pitoyable.

Moi, penché hors de la fenêtre, je regardaîs au fond de la rue déserte, me demandant si les manteaux rouges oseraient revenir. Le commandant regardait aussi dans cette direction, et causait avec un capitaine appuyé sur la selle de son cheval. Tout à coup le capitaine traversa ‘1 le carré, écarta les rangs et se précipita chez nous eu

Al criant: ; ‘(10 ‘€ Le maître de la maison ?

1 — Il est sorti.

— Eh bien... toi... conduis-moi dans votre grenier... vite !” Je laïissai là mes sabots, et me mis à grimper l’escalier au fond de l’allée comme un écureuil.

Le capitaine me suivait, En haut, ii vit du premier

Va

| PAT tetoup d’œil échelle du colombier et monta devant moi. d’

| Dans le colombier il se posa les deux coudes au bord de sai 1, Caml. la lucarne un peu basse, se penchant pour voir. Jere- DS pre | | gardais par-dessus son épaule. Toute la route, à perte | ] ! | de vue, était couverte de monde: de la cavalerie, de l’in- 0 lon 1 fanterie, des canons, des caissons, des manteaux rouges, M Lee des pelisses vertes, des habits blancs, des casques, des 2 vai

cuirasses, des files de lances et des baïonnettes, des lN pea

lignes de chevaux, et tout cela s’avançait vers le vil. MN dar

lage,

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à l’intérieur dis que sept e l’eau À la sés, qui tous

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du premier levant moi.

au bord de ir. Je reate, à perte rie, de l’inaux rouges, asques, des nettes, des vers. le vil-

“C’est une armée!” murmurait le capitaine à voix basse.

Il se retourna brusquement pour redescendre, mais s’arrétant sur une idée, il me montra le long du village, à deux portées de fusil, une file de manteaux rouges qui s’enfonçalent dans un repli de terrain derrière les vergers.

‘Tu vois ces manteaux rouges ? dit.il.

— Oui.

— Est-ce qu’un chemin de voiture passe là ?

— Non, c’est un sentier.

— Et ce grand ravin qui le coupe au milieu, droit devant nous, est-ce qu’il est profond ?

— Oh ! oui.

— On n’y passe jamais avec les voitures et les char. rues ?

—Non, on ne peut pas.”

«Alors, sans m’en demander davantage, il redescendit l'échelle à reculons, aussi vite que possible, et se jeta dans l'escalier. Je le suivais; nous fûmes bientôt en bas, mais nous n’étions pas encore au bout de l’allée, que l'approche d’une masse de cavalerie faisait frémir les maisons. Malgré cela, le capitaine sortit, traversa la place, écarta deux hommes dans les rangs et disparut.

Des milliers de cris brefs, étranges, semblables à ceux d’une nuée de corbeaux: ‘ Hourrah ! hourrah !”? remplissaient alors la rue d’un bout à l’autre, et couvraient presque le roulement sourd du galop.

Moi, tout fier d’avoir conduit le capitaine dans le colombier, j’eus limprudence de m’avancer sur la porte. Les houlans, car cette fois c’étaient des houlans, arri-

D vaient comme le vent, la lance en arrêt, le dolman en peau de mouton flottant sur le dos, les oreilles enfoncées | dans leurs gros bonnets à poils, les yeux écarquillés, le nez

comme enfoui dans les moustaches, et le grand pistolet ‘8

à crosse de cuivre dans la ceinture. Ce fut comme une vision, je n’eus que le temps de me jeter en arrière; je n'avais plus une goutte de sang dans les veines, et ce n’est qu’au moment où la fusillade recommença que je me réveillai comme d’un rêve, au fond de notre chambre, en face des fenêtres brisées.

L'air était obscurci, le carré tout blanc de fumée, Le commandant se voyait seul derrière, immobile sur son cheval, près de la fontaine; on l'aurait pris pour une statue de bronze, À travers ce flot bleuûtre, d’où jaillissaient des centaines de flammes rouges, Les houlans, commes d'immenses sauterelles, bondissaient tout autour, dardaient leurs lances et les retiraient; d’autres lâchaient leurs grands pistolets dans les rangs, à quatre pas.

Il me semblait que le carré pliait; c'était vrai.

<< Serrez lès rangs ! tenez ferme !” criait le commandant de sa voix calme.

“Serrez les rangs! serrez !” répétaient les officiers de distance en distance,

Mais le carré pliait, il formait un deri-cercle au milieu; le centre touchait presque à la fontaine, A chaque coup de lance, arrivait la parade de la baïonnette comme l'éclair, mais quelquefois l’homme s’affaissait, Les Républicains n’avaient plus le temps de recharger; ils ne tiraient plus, et les houlans arrivaient toujours, plus nombreux, plus hardis, enveloppant le carré dans leur tourbillon, et poussant déjà des cris de triomphe, car ils se croyaient vainqueurs.

Moi-même, je croyais les Républicains perdus lorsque, au plus fort Ge l’action, le commandant, levant son chapeau au bout de son sabre, se mit à chanter une chanson qui vous donnait la chair de poule, et tout le bataillon, comme un seul homme, se mit à chanter avec Ini,

comme une

1 arrière; je eines, et ce ença que je re chambre,

fumée, Le ile sur son s pour une d’où jaillises houlans, t tout auit; d’autres 8, à quatre

rai, mmandant

officiers de

cle au mi- À chaque tte comme . Les Récer; ils ne ours, plus dans leur he, car ils

as lorsque, it son cha- Le chanson bataillon, lui,

En un clin d’œil tout le devant du carré se redressa, refoulant dans la rue toute cette masse de cavaliers, pressés les uns contre les autres, avec leurs grandes lances, comme les 6pis dans les champs.

On aurait dit que cette chanson rendait les Républicains furieux; c’est tout ce que j’ai vu de plus terrible! Et depuis j'ai pensé bien des fois que les hommes acharnés à la bataille sont plus féroces que les bôtes sauvages.

Mais ce qu’il y avait encore de plus affreux, c’est que les derniers rangs de la colonne autrichienne, tout au bout de la rue, ne voyant pas ce qui se passait à l’entrée de la place, avançaient toujours criant! ‘ Hourrah! hourrah!” de sorte que ceux des premiers rangs, poussés par les baïonnettes des Républicains, et ne pouvant plus reculer, s’agitaient dans une coufusion in. xprimäble et jetaient des cris de détresse: ieurs grands chevaux, piqués aux naseaux, se dressaient, le criuière üroite, les yeux hors de la tête, avec des hennissemeots grêles et des ruades épouvantables. Je voyais de loin ces malheureux houlans, fous te terreur, se retourner, en frappant leurs camarades du manche de leurs lances pour se faire place, et détaler comme des lièvres le long des petites cassines.

Deux minutes après, la rue était vide. Il restait bien encore vingt-cinq ou trente de ces pauvres diables, enfermés dans la place. Ils n’avaient pas vu la retraite et semblaient tout déconcertés, ne sachant par où fuir; mais ce fut bientôt fini: une nouvelle décharge les coucha sur le dos, sauf deux ou trois qui s’enfoncèrent dans la ruelle des T'anneurs.

On ne voyait plus que des tas de chevaux et d’hommes morts; le sang coulait au-dessous et suivait notre rigole jusqu’au guévoir.

A ms ME di dt

‘6 Cessez le feu ! cria le commandant pour la seconde fois; chargez |”

Dans le même instant neuf heures sonnaient à l’église, Le village en ce moment n’est pas à dépeindre; les maisons criblées de balles, les volets pendant à leurs gonds, les fenêtres défoncées, les cheminées chancelantes, la rue pleine de tuiles et de briques fracassées, les toits des hangars percés à jour, et ce tas de morts, ces chevaux bousculés, se débattant et saignant: on ne peut se le figurer.

Les Républicains, diminués de moitié, leurs grands chapeaux penchés sur le dos, l’air dur et terrible, attendaient l’arme au bras. Derrière, à quelques pas de notre maison, le commandant délibérait avec ses officiers. Je l’entendais très bien:

‘Nous avons une armée autrichienne devant nous, disait-il brusquement; il s’agit de tirer notre peau d'ici. Dans une heure, nous aurons vingt ou trente mille hommes sur les bras, ils tourneront le village avec leur imfanterie, et nous serons tous perdus. Je vais faire battre la retraite. Quelqu’un a-t-il quelque chose à dire ?

— Non, c’est bien vu,” répondirent les autres.

Alors ils s’éloignèrent, et deux minutes après, je vis un grand nombre de soldats entrer dans les maisons, jeter les chaises, les tables, les armoires dehors sur un même tas; quelques-uns, du haut des greniers, jetaient de la paille et du foin; d’autres amenaiïent les charrettes et les voitures du fond des hangars. Il ne leur fallut pas dix minutes pour avoir à l’entrée de la rue une barrière haute comme les maisons; le foin et la paille étaient au-dossus et au-Gossous.. Le roulement du tambour rappela ceux qui faisaient cet ouvrage; aussitôt le feu se mit à grimper de LE sa en brindille jusqu’au haut de la

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