‹ Madelon operacomique, en deux actesChapitre 9 sur 45 · AUTOUR · texte numérisé non relu

AUTOUR

Ce qu’elle est devenue?... -une femme comme les autres,... un monstre.

LK UAnON, rianl.

Ab ! ah ! ah ! elle vous a trompé !

ARTHUR

Mieux que ça;... elle m’a miné.

LE BARON

Ça ne m’arrivera pas!

ARTHUn.

Moi, qui lui avais sauvé la vie... Ce n’est pas que je le regrette,... chère petite !...Elle avait douze ans, moi, dixhuit. Mes études de college terminées, j’avais passé quelque temps auprès d’elle, avant de prendre le harnais de

MADELON

soldat. Mais la campagne allait s’ouvrir, il fallait partir... Tristes de noos séparer, nous nous promenions au bord d’une pièce d’eau, tout à coup, me montrant du doigt deux primevères...

BOMAXCE.

1" Couplet.

Regardez, Arthur, ces deux fleurs jolies Sur la même tige, au même soleil;

D’hier, toutes deux sont épanouies.

Jusqu’ici leur sort fut, en tout, pareil :

Mais, au vent d’orage un instant livrées.

Chacune, bientôt, meurt loin de sa sœur...

S’il leur faut périr ainsi séparées,

Ah ! sur notre cœur Plaçons chaque fleur !

Bicilatif.

Elle dit, et soudain se baisse Vers la gentille fleur, afin de la cueillir;

Mais le sol, sous scs pieds, s'affaisse...

En vain, je veux la retenir...

Dans l’étang très-profond, peut-être.

Pour toujours, à mes yeux, elle allait disparaître...

Je m’élance et parviens enfin à la saisir!

20 Couplet.

Dès que son regard revit la lumière.

Il chercha soudain notre double fleur.

Puis, la partageant ; « Une primevère A vous, cher Arthur, l’autre sur mon cœur.

Gardons-lcs toujours, pour qu’aucun n’oublie.

Moi, votre courage, et vous, mon bonheur !

Et promettez-moi qu’un jour votre amie Verra cette fleur Auprès de sa sœur ! »

Vive Dieu ! voilh un commencement d’amourette digne de VAstrée de M. Honoré d’Urfé ! Voyons la suite, monsieur...

ARTHUR

La suite? parbleu! elle est foute simple... je partis, je fis les campagnes de Flandres, d’Italie, de Bohême... et c'est tout.

BOURGII.LON.

Comment, alors, avez -vous à vous plaindre de cette Marie ?

ARTHUR

Ah voilà!... Le père de Marie, mon tuteur, était pro-^ epreur... En cette qualité, il géra si merveilleusement mon

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