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CHAPITRE XXIV

Et elle entraîna sa visiteuse dans l'intérieur de la maison.

— Assieds-toi là, ma chérie, là, à côté de moi. Oh ! comme je suis contente, répéta-t-elle, en prenant dans les siennes la main d'Alex, gui la regardait sans lui dire combien elle était

contente, elle aussi*, si contente que, tout à coup, elle cacha sa figure dans l'épaule de M rae Rose et se mit à sangloter comme si son cœur allait se briser.

Ah i c'est qu'elle lui faisait mal, cette robe noire, c'est que la chère figure qui la portait gardait encore les traces de la souffrance, c'est que datas ses beaux yeux-, autrefois si brillants, une grande douleur avait laissé son ombre ; c'est qu'il y avait près de la table un fauteuil vide, une place inoccupée, et M lle Alex en pleurait toutes les larmes de ses yeux, pendant que son amie la caressait sans rien dire, pleurant, elle aussi, les beaux jours d'autrefois, ces jours ensoleillés qui ne devaient plus revenir.

— Non, fit-elle tout à coup en relevant la tête, nous ne sommes pas sages, Alex, il nous le dirait lui-même, s'il était encore ici ; nous ne devons pas pleurer, mais nous réjouir, puisque te voilà enfin de retour.

— Mais je ne peux pas, je ne peux pas, s'écria Alex, je n'ai eu que des chagrins depuis hier, tout est changé, tout est triste. Papa dit qu'il est de-

venu vieux, maman a l'air malade et nourrice est encore plus petite et...

— Là là, ma chérie, tu exagères ; les années passent et nous vieillissons, c'est naturel, mais tu vas nous rendre à tous la joie et la gaieté. Et je t'assure, reprit-elle en souriant, que tu n'as rien perdu à vieillir un peu, toi aussi. Mais tu ne m'as encore rien dit de tante Uranie, donne-moi de ses nouvelles, et dis-moi si elle a réussi à faire un bas-bleu de notre petite ignorante.

— Un bas-bleu ? répéta Alex, qui, cette fois, ne put s'empêcher de sourire ; oh î non, je n'en suis pas un, mais ce n'est pas de la faute de tante Uranie, je vous assure.

— Je n'en doute pas, dit M rae Rose en souriant, et j'en suis bien contente. Tu comprends, ajouta-telle, comme Alex la regardait d'un air étonné, si tante Uranie avait réussi à faire de toi un basbleu, tu ne pourrais plus être tout à fait heureuse au milieu de nous, mais ainsi tout est pour le mieux et tu n'auras que l'embarras des occupations.

Alex poussa un soupir.

— Est-ce que cela te fait peur ?

— Peur, oh ! non, je me disais au contraire que les douze heures du jour ne me suffiraient pas pour tout ce que je veux faire.

M me Rose sourit.

— A quoi penses-tu donc t'occuper?

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