CHAPITRE XXIV
malicieuse, qui s'était ornée depuis peu d'une ombre brune, entra dans la chambre, la main tendue.
— J'étais sûre de te trouver ici ; mère, ajoutat-il en souriant, d'un air significatif, n'avais-jepas raison?
— Mais... pas tout à fait; j'avais cru Alex beaucoup plus changée, d'après ta description.
— Alors tu as été déçue ?
M me Vidal se mit à rire.
— Je me réjouis de connaître l'opinion de Théo, continua gaiement l'heureux garçon, je suis sûr qu'elle différera encore et de celle de maman et de la mienne.
Alex eut un léger mouvement d'épaule.
— Oh ! oh ! fit-il, nous haussons les épaules. Est-ce que, par hasard, nous ne nous soucierions plus de l'opinion de Théo ?
— Je ne m'en suis jamais souciée.
— Ah ! c'est vrai, tu ne te souciais que de moi, autrefois, n'est-ce pas ?
Alex se mit à rire.
— Il faut que je me sauve, dit-elle en se levant, la nuit va venir.
— As-tu peur? veux-tu que je t'accompagne?
— Peur? quelle idée!
— Tu reviendras bientôt, dit M me Rose, nous avons encore une masse de choses à nous dire.
— Naturellement, je reviendrai chaque jour.
Adieu, Raymond.
— Adieu, Alex, quel dommage que tu ne sois pas peureuse !
Elle se retourna en riant, et lui resta sur le seuil de la porte, jusqu'à ce qu'elle eût disparu derrière la haie du jardin.
— N'est-elle pas devenue ravissante, mère?