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CHAPITRE XXXIV

— Eh bien! oui, j'ai pleuré, qu'est-ce que ça fait, ce n'est pas la première fois, et probablement pas la dernière non plus .

— Pourquoi as-tu pleuré, Catherine ?

— Oh ! comme tu es ennuyeux ; je n'ai pas pu faire autrement, cette pauvre Rose était si désolée.

— Si M me Vidal se tourmente encore au sujet de Théo, elle a tort; ce matin j'étais moi-même très inquiet, je pensais avoir affaire à une fièvre cérébrale ou à une fièvre nerveuse, mais, à l'heure qu'il est, je crois ce danger disparu.

M me Verdeil n'ajouta rien.

— Tu aurais pu la rassurer, reprit M. Alphonse, puisque tu le savais.

— Mais ce n'est pas à cause de sa santé que nous avons pleuré, s'écria tante Catherine.

— Ah ! bien, bien, pourtant cela concerne également Théo ?

— Oui, mais j'ai promis à Rose de ne le dire h personne.

— Tu as oublié que toi et moi ne faisons qu'un. Tante Catherine réfléchit.

— Non. je ne peux pas, je t'assure que je ne peux pas, Alphonse.

Et comme il souriait d'un air incrédule :

— J'ai promis, solennellement promis, lit-elle en se laissant choir sur le plancher devant un feu absolument éteint, de ne le dire à personne, car Théo ne voudrait pas même que je le sache.

— Eh bien, je devinerai tout seul, tu ne diras rien. Voyons, fit-il en caressant sa peflte moustache, si M me Vidal se désole au sujet de Théo et que ce ne soit pas au sujet de sa santé, c'est donc au sujet de quelque autre chose, ça c'est évident.

En disant ces mots, M. Alphonse regarda son épouse du coin de l'œil, mais celle-ci garda la gravité et le silence du sépulcre.

— Ce n'est pas, continua-t-il, la conduite de Théo qui l'inquiète, car on ferait bien des fois le tour du monde avant d'en trouver un aussi sage, aussi grave, aussi parfaitement honnête.

Le petit docteur se renversa dans son fauteuil et parut chercher une inspiration dans le rond lumineux que la lampe envoyait au plafond.

— Depuis quelque temps, reprit-il lentement, Théo a l'air triste et préoccupé, je l'ai remarqué moi-même ; que peut-il avoir ? des soucis au sujet de la fonderie ? mais elle n'a jamais mieux cheminé...; un chagrin? mais lequel?

Un nouveau regard en coulisse glissa jusqu'au profil de tante Catherine ; cette fois, il la vit rapprocher ses sourcils.

— Oui, c'est cela, il a du chagrin ; oh î qui peut avoir le cœur de lui faire du chagrin, à ce brave garçon? Serait-il?... Mais, non, c'est absurde, de qui pourrait-il l'être ? d'Irène ? On sait que non ; d'Alex? Impossible, ils se connaissent depuis l'enfance.

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