‹ Mademoiselle Alex: nouvelleChapitre 150 sur 152 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

-comme elle restait debout près de lui, elle est plus basse et plus confortable. Elle obéit.

— Oncle Alphonse m'a permis de venir, reprit- «11e, je ne pouvais plus attendre; mais tu sais, je suis venue chaque jour.

— Oui, M. Délie me Ta dit et il m'a dit aussi, ajouta-t-il avec effort, qu'il avait acheté une belle villa en Italie et que vous partiriez cet automne. Et il paraît, ajouta-t-il en s'animant, mais sans la regarder, que vous êtes tous si contents.

— Excepté moi et nourrice, murmura Alex.

— Et pourquoi ne serais-tu pas contente ? s'é- «ria-t-il brusquement, c'est très naturel ; ce qui ne Tétait pas, ce qui était fou, c'était de croire que tu pourrais être heureuse, ici, dans ce trou «de montagne, après avoir vécu pendant cinq ans d'une toute autre vie ; oui, c'était fou de le croire. Mais moi, je ne me suis pas trompé, poursuivit-il, en passant la main sur son front moite, j'ai tu le jour même de ton retour, à notre première rencontre, que tu n'étais plus la même, que tu ne...

— Ecoute, interrompit Alex d'une voix étouffée, écoute Théo, c'est parce que j'étais... parce que j'étais fâchée.

Elle avait mis la main sur le bras de son fauteuil et le regardait, toute blanche d'émotion.

— Fâchée? répéta-t-il.

— Oh ! c'est si embrouillé ! s'écria-t-elle d'im air de détresse ; j 'étais fâchée de ce que tu avai& abandonné tous tes beaux projets pour la fonderie; tu comprends, ajouta-t-elle, extrêment agitée, je n'ai pas saisi tout de suite, personne ne m'avait dit que tu avais fait, en y renonçant, un beaucoup plus grand sacrifice.

Il sourit amèrement.

— Et j'ai cru, oh ! c'est affreux, Théo, pardonne-moi ! j'ai cru que c'était seulement pour gagner plus d'argent, voilà pourquoi j'ai été si méchante.

— Mais c'était vrai.

— - Oh ! non, pas comme je croyais ; c'est Nini qui m'a tout expliqué, et j'ai tant regretté...

— On ne s'en serait pas douté, interrompit-il amèrement, en soulevant sa tête de dessus son oreiller, car, si je ne me trompe, tu as continué à me bouder, à nous bouder tous, après commeavant l'explication de Nini.

— Je n'ai boudé personne, murmura Alex, seulement...

Elle baissa la tête.

— Je ne désirais pas voir Irène.

La figure de Théo s'assombrit.

— Je le sais, tu as toujours été injuste enverselle, je ne comprends pas pourquoi.

— Oh ! comment peux-tu dire une telle chose?

s'écria-t-elle indignée, moi, qui ai reconnu avec

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