CHAPITRE X
plus que toi, et peu m'importe que tu aies l'air plus...
— Mais cela m'importe beaucoup à moi, et puis ce n'est pas tout, je ne sais pas plus qu'au-
! trefois tenir un livre de comptes et raccommoder des bas.
— Et qui te demande de rien faire de semblable? pas moi, certes ; je ne désire qu'une chose,
\ que tu m'aimes un peu.
— C'est justement parce que je t'aime, non pas un peu, mais beaucoup, que je ne veux pas dire oui. Vois-tu, Alphonse, il vaut mieux que nous restions amis; si je consentais aujourd'hui, nous le regretterions tous les deux demain.
L — Oh î Catherine, essayons.
P — Quelle sottise ! Je crois vraiment que tu
ne me connais plus; tu oublies combien je suis i volontaire, désordre, susceptible, que sais -je | encore; je suis sûre que je te ferais mourir de
dépit.
— Je veux bien.
— Mais moi, je ne veux pas, il n'y faut plus penser, et je veux t'aïder à trouver une gentille petite femme, beaucoup plus jeune, beaucoup plus jolie et beaucoup plus douce...
— Arrête, Catherine ! s'écria le médecin, toi^t pâle de colère; tu es libre de me refuser, ajouta-til d'une voix contenue, mais tu n'as pas le droit de te moquer de moi.
— Oh! je t'assure, Alphonse, que ce n'est pas mon intention, je voulais seulement...
— N'en parlons plus, interrompit-il, j'attends depuis dix ans, je peux bien attendre encore et j'attendrai, Catherine, jusqu'à ce que tu dises oui, car je sais que tu diras oui, une fois, et alors...
La lin de sa phrase s'acheva dans un regard d'extase, et M. Alphonse s'éloigna au galop pour ne pas s'entendre contredire.
M Ue Catherine haussa imperceptiblement les épaules et se remit tranquillement à scier une branche de bois mort.