‹ Mademoiselle Alex: nouvelleChapitre 47 sur 152 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

tingués et discrets que M ,,e Uranie pouvait le désirer, répondant à ses questions avec de jolies voix, si douces et si timides, qu'elle forma tout à coup dans son cœur un projet dont elle résolut de s'ouvrir le soir même à son beau-frère.

Après le dîner, les oisillons eurent la permission de s'amuser chacun selon son goût.

M I,e Nini se mit à habiller et à déshabiller les nombreuses poupées d'Alex ; Théo, un énorme livre dans les bras, disparut de l'horizon, pour se plonger, avec Jules Verne, à 20 000 lieues sous les mers.

Pendant ce temps, Alex et Raymond, qui n'étaient amateurs ni de poupées ni de lectures, avaient d'abord été faire une visite à nourrice; pui& à la niche de Pattaud et étaient revenus k l'escarpolette, où ils s'étaient assis côte à côte ; et, pendant que leurs petits pieds imprimaient à la balançoire un mouvement lent et monotone, leurs deux langues se démenaient avec une agilité incroyable ; si bien, qu'au bout de quelques minutes, Raymond connaissait au menu la parenté et la vie de petite Alex. Il savait que M. Délie était le plus beau, le meilleur et le plus chéri de tous les papas, et que tante Catherine était la femme la plus habile du monde entier.

xlprès quoi, le petit homme prit sa revanche et apprit à Alex que son papa, à lui, était aussi un très bon papa et de plus un grand savant.

A quoi Alex répondit qu'elle ne s'en souciait pas du tout, ce qui fit rougir d'indignation et de. colère M. Raymond, qui lui enseigna alors ce qu'elle avait toujours ignoré, c'est que la science vaut plus que tout l'or du monde.

A l'ouïe de cette absurdité, M ,le Alex s'était contentée de hausser ses petites épaules, ce qui parut de nouveau choquer profondément son nouvel ami.

— Ça ne m'étonne pas, reprit-il après une minute de réflexion, c'est parce que tu es une fille.

L'accent dédaigneux avec lequel ce dernier mot fut prononcé empêcha petite Alex de demander une explication.

— Moi, poursuivit le gamin, je serai savant comme papa, et je ferai des sermons qui feront pleurer tout le monde.

M lle Alex se demanda, à part elle, quelle utilité cela pouvait avoir, mais elle se garda bien d'exprimer son étonnement.

— Théo, lui. partira comme missionnaire, continua Raymond, chez les Bassoutos ou peut-être chez les Indiens.

— Commissionnaire, s'écria la fillette, papa a aussi des commissionnaires; j'ai entendu hier qu'il disait à tante Catherine qu'il lui en fallait encore deux; peut-être alors...

Raymond partit d'un rire moqueur.

— Je n'ai pas dit commissionnaire, mais

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