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CHAPITRE XV

gréable, me poursuit depuis quelque temps la nuit comme le jour, si bien, ajouta-t-elle en essayant de rire, que je regrette presque d'avoir changé mes habitudes.

La petite dame se recueillit un instant.

— Ecoute, dit-elle, tu veux faire comme la plupart des gens, tu veux te sentir guérie avant d'avoir pris le remède.

— Je n'ai jamais été forte pour deviner les énigmes, répondit tante Catherine d'un ton bourru.

— Je vais m'expliquer, reprit son amie.

Et un brillant sourire éclaira sa gentille figure^

— Quand mon mari m'a dit pour la première fois qu'il m'aimait, je l'ai cru sur parole et cela m'a rendue folle de joie.

Tante Catherine ne put s'empêcher de sourire.

— Mais, continua-t-elle, si au lieu de le croire, je lui avais dit : Je n'ose pas croire que voua m'aimez avant de l'avoir senti, je l'aurais cruellement offensé et je me serais inutilement morfondue de chagrin.

Tante Catherine tressaillit comme si elle venait de s'éveiller.

— Veux-tu dire que j'offense Dieu en refusant de croire qu'il est venu sur la terre pour me chercher et me sauver ?

— Oui, c'est ce que je veux dire.

— Mais comment puis-je en être sûre, comment le sais-tu, toi-même ?

— Je le sais parce qu'il le dit : Dieu nous a tant aimés qu'il a donné son fils pour nous sauver, mais il faut le croire, c'est la seule condition.

— Et... Et il ne sert à rien de se démener, de se torturer pour faire le bien ?

— A rien, si nous croyons par là nous sauver.

— C'est Lui qui fait tout ?

— Tout. Ce que nous faisons ne doit être que pour lui témoigner notre amour et notre gratitude qui ne sera jamais assez grande.

Tante Catherine garda le silence .

Un peu plus tard, comme elle se levait pour partir, elle embrassa M me Rose, ce qu'elle faisait rarement, puis elle reprit le chemin de la maison sans adresser une seule fois la parole à petite Alex.

Quelques jours passèrent et rien dans l'extérieur des choses n'avait changé, sinon que le brillant automne faisait peu à peu place aux premiers froids de l'hiver, mais cela n'empêchait pas les leçons d'aller leur train, les visites au presbytère d'avoir lieu avec la même régularité et l'activité de M 11 * Catherine de continuer à se déployer de mille manières.

Elle avait retrouvé sa joyeuse humeur et son paisible sommeil, tante Catherine, et de plus une sérénité et une gaieté jusqu'alors inconnues. Mais

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