CHAPITRE XVI
gnifiant petit Théo, comme il était amusant et gentil, beaucoup plus encore que Raymond, et comme elle admirait son courage, d'autant plus que pour rien au monde elle n'aurait voulu être à sa place et avoir la perspective d'affronter un jour la vue de ces terribles sauvages, qui, malgré elle et malgré les années, demeuraient aussi féroces et redoutables que le jour où Raymond lui en avait parlé pour la première fois.
Le temps ne lui durait plus maintenant, parfois même elle trouvait que Raymond et Nini rentraient beaucoup trop tôt et il lui arriva de les renvoyer pour entendre la fin de quelque récit.
Mais, quand, un beau jour, M. Alphonse déclara que le petit pied d'Alex avait la permission de courir comme autrefois, ce fut Raymond qui poussa un véritable rugissement de joie, et puis il fit comprendre à son frère en très bon français que son rôle était fini, que l'on n'avait plus besoin de lui. Et il emmena son amie en triomphe. Mais son bonheur, comme tous les bonheurs d'ici-bas, fut de courte durée.
Alex, par extraordinaire, était maussade, et il eut beau faire, il ne réussit pas à la dérider.
Non, ça ne ressemblait plus, mais plus du tout, aux belles escapades d'autrefois.
Ils revinrent à la maison absolument grognons et trouvèrent maître Théo endormi sur son bouquin.
Décidément les choses allaient tout de travers.