CHAPITRE XIX
continuait à se désoler ainsi ; et puis, elle parla de cet autre père que nous pouvons aussi consister par la violence de nos chagrins et de nos révoltes, de cet Ami qui nous aime infiniment plus que tous les papas du monde, puisque les meilleurs papas ne peuvent nous rendre heureux que pendant cette vie, tandis que cet Ami veut aussi faire notre bonheur éternel.
Et pendant qu'elle parlait, les larmes d'Alex avaient cessé de couler, elle avait appuyé sa tête endolorie sur l'épaule de M me Rose et écoutait sans bien comprendre, mais sentant une chose, une chose très douce à son pauvre cœur, c'est qu'il y avait au ciel quelqu'un qui veillait sur elle 1 et qui l'aimait beaucoup, beaucoup, et ce devait être vrai, puisque Mv« Vidal le disait. Elle en était là de ses réflexions, quand la porte fut brusquement poussée et tante Catherine se trouva au milieu de la chambre, toute pâle et hors d'haleine.
— Rose ! as-tu vu ?... Ah î Dieu soit béni, elle est là. il y a des heures que nous la cherchons ; Edouard est à moitié fou d'inquiétude.
Et, sans perdre de temps, M lle Catherine prit Alex par la main et la reconduisit à la maison.
Un peu plus tard, lorsqu'elle fut couchée dans son petit lit, au fond de sa jolie chambre rose, petite Alex joignit les mains et tout en pleurant, s'endormit en disant : « Seigneur Jésus, consolemoi. >>