CHAPITRE XXI
— Voyons, mon enfant, sois raisonnable. N Mais Alex, à qui tante Catherine faisait cette
recommandation, paraissait en ce moment la plus raisonnable des petites filles, elle se tenait debout près de M me Vidal, comme une jolie statue toute
blanche, son chapeau à la main, prête à partir.
— Adieu, ma chérie, tu reviendras bientôt, dit M n,e Rose, en lui faisant une caresse.
La fillette répondit par un signe de tête affirmatif, puis, prenant la main de tante Catherine, elles quittèrent ensemble le presbytère et arrivèrent à rentrée de l'allée, sans avoir prononcé une seule parole.
Alex retira alors doucement sa main de celle de sa tante et marcha derrière elle. De temps à autre elle s'arrêtait un peu haletante, promenait autour d'elle un regard inquiet et se remettait en marche; elle arriva ainsi au pied de l'escalier et jusque sur la terrasse, dont la porte s'ouvrit tout à coup, et elle se trouva dans les bras de papa, de son cher, cher papa.
Oh ! comme elle le tint longtemps étroitement embrassé ; elle aurait voulu ne jamais le laisser
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aller, rester toute sa vie, la figure cachée dans sa poitrine; mais papa pensait différemment; Use dégagea donc et, prenant sa petite fille par la main :
« A présent, dit-il, il faut aussi un baiser pour maman. »
I^a fillette fit un geste d'etfroi et allait se reculer quand une gracieuse figure se pencha sur elle en souriant et l'embrassa avec beaucoup de tendresse-
Alex ne fit pas un mouvement pour rendrecette caresse et considéra avec surprise cette délicieuse apparition, toute vêtue de blanc, dont les grands yeux clairs la regardaient avec tant d'amitié.
— Alphonse ne viendra-t-il pas? demanda M.
Délie k tante Catherine, quand elle eut été embrassée h son tour.
— Dans une minute, il a voulu passer auparavant chez un malade dont il est inquiet; mais où est Uranie 1
Au même instant et comme en réponse à cette question, la porte s'ouvrit et M! le Uranie, très pâle, très émue, fit son entrée.
— Hita, dit M. Délie en allant au-devant de sa belle-sœur, voici Uranie, la sœur d'Alexia.
Pour toute réponse, la mignonne étrangère s'élança au cou de tante Uranie, et puis il y eut un nouveau silence, que l'arrivée de M. Verdeil vint heureusement interrompre.
; L'on se mit à table et le repas fut des plus gais, grâce, surtout à oncle Alphonse, dont la figure, tes