‹ Mademoiselle Beau-SourireChapitre 38 sur 40 · LES TOURMENTS DE JEANNE · texte numérisé non relu

LES TOURMENTS DE JEANNE

Au bout de quelques jours de soins assidus, le blessé alla un peu mieux. A la suite de la crise terrible pendant laquelle il avait arraché son pansement, des complications redoutables étaient survenues. On avait pu croire un moment que le blessé était perdu ; mais Félicien était jeune, robuste, et Jeanne le soignait admirablement; sans cesse à son chevet, elle ne s'occupait que de lui, suivant à la lettre les ordres des médecins, ne reculant ni devant la fatigue ni devant les veilles, ne se rebutant pas devant la répugnante besogne du pansement. Elle aimait véritablement Félicien, et elle le prouvait; pendant quelques jours, dévoré de fièvre, en proie au délire, le malheureux ne la reconnaissait pas, la traitait comme une inconnue. Une autre fois, et cela l'avait cruellement bouleversée, dans son délire, il fit allusion à leur première rencontre, lorsqu'il l'avait ramassée dans une rue voisine de l'Odéon. Pour que ce souvenir vînt ainsi, il fallait qu'il ne l'eût jamais -quitté; dans les jours de brouille, ne lui jetterait-il pas cette honte à la face?

Elle en eut peur. A mesure que le mieux arrivait dans l'état du malade, elle se rassurait, et en même temps elle redoutait de voir arriver l'époque où il serait complètement rétabli. C'est qu'alors on devrait s'occuper du misérable; c'était un procès nouveau, dans lequel elle allait être obligée de venir déposer; elle devrait se trouver face à face avec Rolland, subir ses injures, ses outrages, entendre ses accusations.

Et comme ce que dirait Rolland était vrai, elle souffrirait de l'entendre répéter, elle redoutait qu'à force d'affirmer, on n'arrivât à le croire. Car elle observait avec crainte que, tant que Rolland avait menti, on l'avait cru, et elle avait été inquiétée, et ce n'était que du jour où il avait déclaré la vérité qu'on refusait de le croire.

Puis, Rolland n'allait pas manquer de raconter, contrairement à eux, qu'il les avait trouvés couchés dans la même chambre. Or, ayant des relations avec celui qui avait été mêlé à la première instruction de l'affaire, cela pourrait faire douter de l'impartialité de la justice , et surtout cela la déconsidérerait , car elle passait pour avoir une conduite irréprochable. Et la moindre enquête sur ce sujet ferait découvrir qu'évidemment elle avait des relations avec Félicien, qu'en niant qu'ils étaient dans la même chambre ils mentaient. .

Elle pensa même à tout avouer, mais l'état de Félicien ne lui permettait pas de prendre son conseil, et elle s'abstint, car les médecins avaient bien recommandé qu'on ne tourmentât pas le blessé, surtout qu'on ne le fît pas parler.

Elle était inquiète, et elle avait écrit à ses enfants sans recevoir de réponse d'eux. Est-ce que sa fille était de nouveau fâchée contre elle?

Quand le mieux fut tout à fait assuré, Jeanne, sur l'avis même de Félicien, dut songer à partir pour Paris; lui-même attendait impatiemment que ses médecins déclarassent le voyage possible.

Comme elle lui disait que leur présence serait bien nécessaire à Orléans à cause de cette affaire, Félicien lui dit qu'il avait justement hâte d'être debout pour éviter qu'on ne poursuivît ; il ferait tous ses efforts pour cela.

— Mais ce misérable?

— Ce misérable est maintenant repris, c'est tout ce qu'il fallait; on va lui faire faire sa peine, et nous n'aurons pas à le redouter.

— Mais crois-tu qu'on ne poursuivra pas malgré toi?

— J'espère que non..., en disant justement que, sortant d'un procès terrible et toujours poursuivie par ce bandit, tu désires ne plus le revoir.

— Et tu obtiendras ça?

— Je le crois...

Et, en effet, jusqu'alors le parquet paraissait ne pas s'occuper de cette affaire. Jeanne commençait à se rassurer. Mais elle avait hâte de voir son amant rétabli et transporté à Paris. Un mal nouveau la tourmentait; elle avait, la nuit, des

cauchemars épouvantables, des hallucinations; elle voyait Cordier, et elle ne pouvait rester seule dans sa chambre; aussi, souvent, au milieu delà nuit, Félicien la voyait-il venir tout à coup dans sa chambre:

— Tu vas bien?

— Mais oui. Pourquoi venir ainsi? Repose-toi donc.

— Je ne sais quelle idée m'a passé par la tète que tu te trouvais plus malade.

— Va donc dormir.

— Non, je vais rester un peu près de toi.

Et Jeanne restait jusqu'au matin; au petit jour, elle se hâtait de regagner sa chambre. Cette scène se renouvela souvent sans que Félicien y vît autre chose qu'un caprice d'amante. Lorsqu'il fut en état d'être transporté, Félicien revint à Paris, où Jeanne l'avait précédé de quelques jours; là, ils retrouvaient leur liberté. Ils pouvaient se voir autant qu'ils le voulaient sans crainte d'être remarqués.

Jeanne était complètement rassurée sur le procès; sur la demande positive de Duhamel, on ne donnait pas de suite à l'affaire ; ainsi, elle n'avait pas à redouter de se trouver de nouveau en présence du misérable dont les accusations, sans cesse renouvelées, la frappaient plus sensiblement, ainsi qu'une plaie qu'on remet à vif. En n'entendait plus parler de Rolland, elle espérait tout oublier. Maintenant que le seul homme qui pouvait l'accuser était enfermé, que, de plus, il était méprisé pour les nouveaux méfaits qu'il venait de commettre, elle pouvait être tranquille. La chose épouvantable, c'était la lettre, et la lettre n'existait plus. Son amant lui avait donné, en risquant sa vie pour elle, une grande preuve d'affection; en évitant un procès dont le scandale pouvait l'atteindre, il lui donnait une preuve d'estime. Jeanne était donc heureuse I

Non, nonl Un mal épouvantable l'accablait; ce qui n'avait d'abord été qu'une crise se renouvelait chaque nuit. A l'heure juste où Cordier était mort elle s'éveillait. Quand elle était seule dans sa chambre, il lui semblait que l'ombre du malheureux venait entr'ouvrir les rideaux de son lit et la regarder; alors, sans voix, respirant à peine, elle s'enfonçait sous ses couvertures, moyen d'échapper à l'horrible vision, et elle restait ainsi des heures, étouffant; c'est au jour seulement, et la chambre bien claire, qu'elle dormait... Ces hallucinations, qui d'abord arrivaient rarement, devenaient plus fréquentes, et elle n'osait en parler, craignant qu'on ne. vît là l'indice de sa culpabilité, qu'on ne comprît le trouble de sa conscience coupable.

Félicien était tout à fait guéri, et comme chaque nuit elle redoutait les cruelles visions, elle imaginait tout au monde pour passer toutes les nuits chez lui. Là, sentant quelqu'un près d'elle, son sommeil était quelquefois fiévreux, agité, mais les lugubres apparitions ne se produisaient pas.

Cependant, un jour, à l'heure accoutumée de ses attaques, dans le lit de Félicien qui dormait profondément, elle s'éveilla épouvantée, couverte de sueur : elle

3ig LE CHATIMENT.

venait de voir Cordier qui se glissait près d'elle; elle se rapprocha de Félicien, cherchant son corps; en le touchant, il lui parut que le corps était froid; elle s'assit, le regarda : c'était Cordier, Cordier qui était étendu près d'elle, livide, la face convulsée, les lèvres couvertes d'une écume tachée de sang. Elle jeta un cri et sauta du lit; elle ne fit qu'un pas et tomba sur le tapis, sans connaissance.

Félicien, éveillé en sursaut, sauta du lit et, la trouvant ainsi, chercha tout autour de lui si une tentative nouvelle ne venait pas d'être commise chez lui, car la pensée du misérable Rolland revenait tout de suite.

Il releva la jeune femme, la coucha, la soigna avec une affectueuse inquiétude ; lorsqu'elle reprit connaissance, qu'elle le regardait avec étonnement, semblant demander pourquoi il la soignait, il lui demanda:

— Mais qu'est-ce que tu as, ma pauvre Jeanne?

— Moi..., qu'ai-je eu? répéta-t-elle avec inquiétude. Pourquoi me soignes-tu? Qu'est-ce que j'ai?

— Mais, j'ai entendu un grand cri qui m'a éveillé; je suis sauté du lit, ne te -entant pas près de moi, et je t'ai trouvée inanimée, sans connaissance, sur le tapis.

— Qu'est-ce que j'ai dit, demanda-t-elle vite en criant?

— Rien..., rien du tout.

Elle parut rassurée ; elle n'osa dire à Félicien ce qui lui était arrivé. Le petit jour venait; Félicien s'était remis au lit, elle s'endormit dans ses bras. Mais de ce jour elle eut une nouvelle inquiétude; elle avait peur en couchant seule et trouvait bien imprudent de coucher avec Félicien, car il pouvait lui arriver un jour de raconter tout haut ce qu'elle voyait. C'était son châtiment, à elle, d'être poursuivie par cette ombre.

Sa vie devait-elle se passer éternellement ainsi? alors qu"elle était sortie triomphante de tout, de l'accusation, du procès, du jugement plus sévère de sa fille, des menaces vengeresses de Rolland, que personne autour d'elle n'avait, cru qu'elle était la complice du misérable, qu'elle avait tout pour être heureuse enfin, car malgré ses crimes, ses fautes, elle avait trouvé l'amour d'un honnête homme, allait-elle traîner sa vie dans ces perpétuelles insomnies que le remords peuplait d'ombres?

Chaque jour le mal devenait plus aigu ; elle avait peur que les funèbres apparitions n'eussent lieu devant Félicien, car alors elle devenait folle, elle se cachait le visage et elle se défendait contre les fantômes, en parlant, et savait-elle ce qu'elle disait? Des aveux, des regrets, des supplications, elle demandait grâce, elle criait pardon. Elle n'aurait jamais osé dire à cette ombre :

« Je ne suis pas coupable. »

l'uis quand la crise était passée, que, lasse, épuisée, elle songeait à ce qu'elle avait vu, elle se disait qu'elle était folle, qu'elle devait bien savoir que les morts ne revenaient pas; elle se promettait de réagir lorsque le mal reviendrait.

De jour en jour les hallucinations devinrent plus fréquentes; elle n'était pas

du tout allée coucher chez Félicien; elle ne le voyait que le jour. Celui-ci, plus libre, se trouvait satisfait; leur liaison durait depuis longtemps déjà; la satiété était arrivée. Il remarquait que Jeanne était plus âgée que lui. C'est que Jeanne n'était plus la môme depuis quelques mois. Les tourments, les tracas qui l'avaient accablée l'avaient beaucoup fatiguée. Et le mal atroce qui la tourmentait achevait de inarquer impitoyablement sur son visage son âge exact qu'elle avait pu cacher jusqu'alors.

En se regardant le matin, en constatant, à la lividité de son teint, aux plis de son front, à la pâleur des lèvres, aux fils blancs qui se montraient sur ses tempes, qu'elle ne pourrait plus cacher son âge, elle avait pleuré, et sa toilette lui demandait de longues heures; elle cherchait par les poudres, les mastics et les onguents à rétablir ce que la douleur détruisait.

La malheureuse sentait que son amant s'éloignait d'elle; elle était à l'âge où elle ne pouvait plus compter si elle quittait celui-là que sur des amours passagères contre lesquelles maintenant sa nature se révoltait. Elle avait peur d'être oubliée. Sa fille s'éloignait d'elle, elle le voyait bien ; son mari désirait qu'elle ne vit pas sa mère, et Adèle avait facilement obéi, car, appelée une seule fois lors de la dernière instruction, elle avait appris le contenu de la lettre que Rolland, nous l'avons dit, avait dictée; elle avait déclaré que la lettre n'avait jamais existé, que son père avec lequel elle avait causé quelques heures avant sa mort n'aurait pas eu raison de lui écrire ce qu'il pouvait lui dire; elle avait ainsi enlevé tous les doutes. Et le magistrat instructeur avait été plus convaincu encore que la lettre était une fable.

Mais Adèle, qui savait la vérité, avait été vivement impressionnée en apprenant le contenu de la lettre; c'était un ordre de son père de s'éloigner à jamais des misérables qui l'avaient assassiné.

Sa mère était heureuse, Adèle le croyait, elle lui avait laissé la part d'héritage qu'elle devait avoir à la mort de son père. Elle était ainsi à l'abri du besoin; elle n'avait donc aucune raison de s'en occuper, d'autant qu'il était visible que les relations de Mmc Cordier déplaisaient souverainement à son mari. Jeanne avait compris cette froideur; elle n'avait pas le droit de lutter contre, car sa fille savait tout, et en pardonnant, en se taisant, elle avait déjà fait beaucoup.

C'était le châtiment. La malheureuse avait échappé à la loi, mais le remords la punissait, et presque chaque nuit, à son chevet, les ombres vengeresses venaient tourmenter son sommeil. Une nuit, plus effroyable que les autres, le vent gémissait, hurlant dans les cheminées; éveillée en sursaut par le bruit, il lui sembla voir Cordier dans sa chambre, et comme elle cachait son visage, appliquai] mains sur ses yeux pour ne pas voir, elle entendit, dans les gémissements du vent, les plaintes de Cordier. Oh! c'était bien sa voix qui criait :

— Jeanne, lu m'as assassiné après in'avoir déshonoré. Jeanne, pas de pardon, pas de pitié!... Viens, Jeanne, viens dans ma tombe!...

Et elle s'était cramponnée à son lit se sentant entraînée.

Cette fois, elle en avait été très malade; elle avait fait venir le médecin, lui avait raconté les hallucinations qui la troublaient. Et le docteur lui ayant demandé paternellement :

— Les visions que vous avez ne se rapportent-elles pas à un fait de votre vie? Jeanne avait tremblé et avait senti le rouge lui monter au front; mais elle

avait répondu :

— Non.

Il était difficile de guérir un mal semblable; le médecin n'en chercha que l'atténuation par des soporifiques. Ce fut alors plus effrayant pour la malheureuse. Elle s'endormait, et les rêves les plus épouvantables hantaient son sommeil, sans qu'elle pût y échapper; elle appartenait tout entière, sans pouvoir résister, aux ombres qui la tourmentaient. Elle passa deux nuits ainsi, deux nuits terribles, pendant lesquelles elle crut avoir couché près d'elle Cordiér, Cordier dont les os trouaient la peau glacée, et qui, de ses mains froides, de ses lèvres vertes, la caressait. Elle était presque folle en s'éveillant.

Ce n'était plus la même femme ; son miroir le lui disait, et elle devait le reconnaître, car le maquillage était insuffisant pour la rajeunir. Longtemps elle avait paru presque aussi jeune que sa fille; on refusait de croire qu'elle était la mère de cette grande belle jeune fille qu'on nommait Beau-Sourire. Hélas! que le temps ^reprenait vivement ses droits, et avec quelle rapidité il transformait, il vieillissait la malheureuse! Le sommeil au prix de cette léthargie, elle y renonçait; elle vivait sans sommeil, et souvent, pour ne pas dormir, la nuit elle sortait et se promenait dans les rues. Félicien ne lui avait rien dit, mais elle le voyait moins souvent; il n'était presque jamais chez lui aux heures où elle le trouvait habituellement; il lui disait qu'il avait beaucoup d'occupations, et elle n'avait osé se plaindre; elle sentait son infériorité. Il était beaucoup plus jeune qu'elle, et un jour elle avait rougi en entendant la concierge du jeune homme dire en riant, croyant n'être pas entendue :

— C'est la vieille de M. Félicien..., nous l'appelons la voleuse d'enfants...

Eh quoi! c'était à ce point! Il ne restait plus rien de la Belle Bordelaise, de la grande Jeanne, rien, rien!... C'était la mère Cordier, et cela arrivait comme un coup de foudre !

Une fois, qu'elle avait passé une épouvantable nuit au milieu de ses fantômes, elle s'était bien soigneusement, bien coquettement habillée le matin ; le jour savamment ménagé de son cabinet de toilette lui faisait croire qu'elle était encore jeune et belle; elle avait couru chez Félicien; elle avait besoin d'entendre rire pour chasser le souvenir de la nuit; elle arrivait, la lèvre lippue, apportant ses baisers... Elle avait souri à son miroir pour lui prouver que ses quarante ans n'étaient pas visibles, et elle était pleine de désirs qui, en enflammant ses sens,

Adèle s'agenouilla et pria, (page 327).

•en brûlant sa chair, en bouleversant son cerveau, allaient pour quelques jours ehasser ses hallucinations.

Mais le malheur était sur elle. La concierge de Félicien rit en la voyant passer. Elle monta, elle sonna, il ne répondit pas; elle se pencha sur lo porte et il lui sembla qu'on parlait; elle sonna de nouveau. Alors elle plaça son oreille sur le trou de la serrure et elle entendit la voix de Félicien et une voix de femme. Se trompait-elle?... Elle était dans un tel état depuis quelque temps, qu'elle n'était

41e Lrv.

jamais certaine qu'on disait ce qu'elle entendait, et que ce qu'elle voyait existait. Elle dit en se penchant sur la serrure :

— Félicien, ouvre-moi..., je suis malade..., réponds-moi... Je t'entends, je sais que tu es là..., réponds-moi.

Et elle plaçait son oreille sur la porte; il lui sembla qu'elle entendait des chuchotements. Ainsi, celui-là aussi l'abandonnait! Elle baissa la tête et elle descendit; elle voulait se persuader qu'elle se trompait; elle disait :

— C'est ma maladie, il n'y avait personne; j'ai cru entendre, et il n'est pas là; je me fais toujours maintenant des idées absurdes. Il n'est pas marié avec moi, il est libre; si je ne lui plaisais plus, il n'aurait qu'à me le dire..., il me le dirait.

Elle passait devant la concierge et elle lui dit :

— Vous auriez pu, madame, m'évïter de monter, puisque vous saviez que M. Duhamel n'était pas chez lui.

— Vous ne m'avez rien demandé, madame, et je ne vous aurais pas dit qu'il n'était pas chez lui, puisqu'il y est..., seulement je vous aurais dit qu'il n'y était

pas seul...

Elle crut qu'elle allait s'évanouir; elle ne répondit pas et monta chez elle. Elle pleura; c'était bien fini; il avait vu qu'elle était vieille et il ne l'aimait plus. Elle se regarda dans son miroir, et elle hocha la tête en disant :

— Voilà où j'en suis !

On frappa à sa porte. Elle alla ouvrir, se croyant seule; mais sa bonne entrait et lui remit une lettre. Elle éloigna la servante, ne voulant pas qu'on la vît pleurer, et elle ouvrit la lettre. Elle retomba sur son fauteuil, accablée. La lettre était une demande de secours de Rolland qui, prêt à partir au bagne, réclamait de sa complice une partie de sa part. La lettre lui tomba des mains et elle gémit •

— Oh! c'est le châtiment, cela!

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