‹ Mademoiselle ClaironChapitre 30 sur 70 · Mémoires de Lekain. Paris, Ledoux · texte numérisé non relu

Mémoires de Lekain. Paris, Ledoux

gnation et la douleur qui me consument. Jamais ma santé n'a donné d'aussi grandes imjuiéludes pour ma vie, jamais les accidents auxquels je suis sujette, n'ont été aussi multipliés, aussi violents, mais, soijez tranquille, mon courage est audessus de mes maux.

« Le croirez-vous, mes camarades sont encore en prison; moi, l'on m'a fait sortir le cinquième jour, mais l'on m'a mise aux arrêts chez moi, avec défense de recevoir plus de six perso?ines nommées. On dit que Dubois a demandé son congé, on espère qu'il sera accepté et que nous serons libres ce soir ou demain, il en est temps ! Comme on n'a voulu permettre à aucun de mes camarades de me venir voir, j'ignore ce qu'ils pensent et ce qu'ils feront tous.

« Jesuis décidée à ne leur donner aucun cojiseil, à ne m'occupér que de moi, et surtout de l'estime des honnêtes gens; je l'obtiendrai, j'ose en être sûre. Je ne vous ferai point part de toutes mes réflexions sur le passé, le présent et l'avenir., non que je craigne de les soumettre à vos lumières et à votre amitié, mais ma lettre peut être ouverte, on pourrait m,' interpréter mal, je ne veux donner aucun prétexte à la persécution. Embrassez pour moi M'"" Garrick, soyez sûrs tous deux que je vous aime, vous estime, et vous regrette autant

qu'il est possible, et que vous avez droit de l'attendre du cœur le plus sensible et le plus recoii' naissant.

« Clairon. »

« Ma petite société vous fait mille et mille compliments ; si vous voyez milord Farnham^ excusez-moi de ne pas lui avoir répondu.

« Le comte de Valbelle a arrangé votre « Siège de Calais ■», vous l'auriez depuis longtemps, sans wie estampe qu'il y veut insérer et qui n'est j^as finie ^. »

1. Lettre autographe signée, tirée du fonds Stassart à l'Académie royale de Belgique. La lettre est également donnée dans la correspondance imprimée de Ganùck.

XLYII

Le 6 mai, les Comédiens français, dans un compliment au public, annonçaient une suspension de représentation, causée par la détention de leurs camarades, l'absence de M'"* Dumesnil, la maladie de M^'" Clairon \ Le retour de Dumesnil mettait les comédiens en état de jouer le 13 mai, Sémiramis, mais M^'^ Clairon, qu'on disait toujours incommodée, ne rejouait pas. Enfin, au milieu du mois de juin, il était de notoriété publique que la grande tragédienne avait demandé un congé absolu ^

1. Dans uae lettre de Mole à Garrick, en date du il mai 1765. Mole écrit: « M^''^ Clairon ne se porte pas encore bien, elle ne peut à peine se soutenir, tant elle est atfaiblie par des pertes continuelles. Il court un bruit sourd qu'elle ne jouera plus à Paris, et, moi qui vous parle, je puis en avoir quelques notions ; je souhaite nie tromper, mais j'en ai peur. » The private Correspondence of David Garrick with t/ie most celebrated persans of /lis time. London, vol. \i.

2. La popularité apportée à MUe Clairon, par son emprisonnement au Fort-l'Évéque et saretraite éclatante de la Comi-

Le maréchal de Richelieu, il est vrai, se refusait de souscrire à sa demande, lui faisait dire gracieusement qu'il ne signerait jamais sa retraite, pendant l'année de son exercice, et qu'il ne lui accordait un congé que jusqu'à Pâques, afm qu'elle eût le temps d'aller à Genève et de consulter Tronchin.

A Genève, elle obtenait la consultation qu'elle désirait: consultation sans doute concertée entre l'Esculape et la tragédienne. Tronchin la menaçait d'une mort prochaine, si elle remontait sur le théâtre ^

De Genève, M"* Clairon se rendait à Ferney, où, déjà invitée par le maître de la maison, en 1763, elle était invitée une seconde fois, par cette irrésistible lettre du 21 juin 1763 : « S'il était vrai qu'une dame de vos amies vienne à Genève, je me flatte que vous l'engagerez à prendre à la campagne le même apparte-

die-Française, nous est signalé par un curieux petit fait. Cette année paraît la. Clairon, contre - danse nouvelle dédise à Mlle Latude Clairon, actrice à la Comédie Française, par M. Deshayes, maître de ballets du mêyne théâtre, la tnusique par M. Desnoyers, premier danseur au même spectacle...

Quatre pages, la première contenant la dédicace et un madrigal à Mlle Clairon, la deuxième la description des figures de la contredanse, la troisième le plan des figures de la contredanse et la musique de contredanse.

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