Spectacles du Roy, année
4. Correspondance littéraire de Griimn, vol. IX. — Voici ce que dit, sur cette représentation, M. Papillon de La Ferté, dans son journal, encore inédit : « Vendredi 23 mai 1770. Avant-hier mercredi, Athalie, avec les chœurs où M^i» Clairon n'a point eu autant de succès que M. le duc d'Aumont et
ci ne pouvait jilus paraître à la Comédie-Française, sans soulever des transports d'enthousiasme, des applaudissements frénétiques, et cette chaude et fiévreuse admiration du public enflammant son génie, elle jouaitplusieurs rôles « avec une sublimité nouvelle et continue ».
Alors M"^ du Barry, qui avait tout d'abord cédé, et laissé triompher la duchesse deYilleroy et M"^ Clairon, se sentant soutenue et appuyée dans sa protection à la ûumesnil par le public de Paris, reparlait au Roi en faveur de sa protégée, et obtenait de Louis XY, que les fêtes de la Cour seraient augmentées d'une représentation deSÉMiRAMis, 011 M"*" Dumesnil jouait, habillée d'une splendide robe, donnée par la favorite: représentation, après laquelle le Roi lui fît dire « qu'il n'avait jamais été aussi content d'elle ».
Dans cette espèce de duel dramatique entre les deux actrices, sur le triomphal théâtre de la cour de France, il est incontestable que l'avantage resta à M"^ Dumesnil.
Cinq ans de retraite ont toujours nécessairela duchesse de Villeroy respéraient; d'ailleurs tout le monde a été enchanté de la magnificence de ce spectacle, tant pour la partie des décorations que pour les habillements des acteurs, chœurs et comparses, dont le nombre était prodigieux.
t( Vendredi 22 juin 1770. Tancrède, mercredi dernier, Mlle Clairon y a mieux réussi que dans Athalte. »
ment une influence sur un talent théâtral, et ^e jeu de M"* Clairon s'en ressentit. Grimm, qui assistait à ces représentations, s'étonne de la lenteur et de la monotonie, que M"'' Clairon mit dans le rôle à'Amé?iaïde, qui lui avait fait autrefois une réputation si brillante, et dont les actrices les plus médiocres se tirent toujours avec un certain succès.
Un autre sujet d'étonnement pour le chroniqueur, c'était de trouver M"^ Clairon, mal habillée, habillée d'une robe d'une couleur fausse, mi-brun, mi-jaune, et qui lui donnait l'air d'une « vieille ratatinée ». Et même Grimm ne dit-il pas que la salle fit la remarque qu'elle avait la bouche de travers, comme si elle venait d'avoir une attaque de paralysie*.
Sur le fiasco de la malheureuse femme, qui amena une envolée de méchants petits vers de poétereaux insulteurs^, lisons la féroce lettre de Lekain :