‹ Mademoiselle ClaironChapitre 44 sur 70 · Mémoires de 3/"^ Clairon^ Paris · texte numérisé non relu

Mémoires de 3/"^ Clairon^ Paris

Puis, satisfaite de cette petite vengeance d'une plume spirituelle, toute refroidie cependant qu'elle était à l'égard de son amant, M"^ Clairon s'engageait à prêter au comte de Valbello l'argent qui lui reviendrait des deux ventes de son cabinet, pour un laps de dix ans, à raison de cinq pour';:,eat.

La vente de son cabinet décidée, M"^ Clairon s'occupe activement de cette vente, écrivant à Larive :

(( Il faut un temps considérable pour préparer une vente; la mienne ne s'ouvrira que le 3 février, elle durera sûrement six semaines; ainsi trois mois y seront employés. Ce que je mets en vente a coûté cinquante mille écus, je n'espère pas en avoir le tiers, inais ce tiers sera quelque chose, et ajoutant à mon bien-être, il assurera votre avenir : cette jouissance sera plus réelle que celle de tous ces superbes rien\ »

Dans une autre lettre à Larive, elle s'excuse de ne pas apporter dans le moment une très

1. Lettre autographe de Claii'on à Larive, de la collection Dubnmfaut.

MADEMOISELLE CLAIHON. 323

grande exactiLude à sa correspondance, à cause des tracas qu'apporte la préparation de sa vente, dans une vie déjà si prise, si allante et venante :

« Ce mardi 12 janvier au soir.

« Vous devez être bien sur, mon cher enfant, que c'est toujours malgré moi que je mets du retard dans mes réponses; j'aime à causer avec vous... mais il est i??ipossible d'être toujours à la inimité. Vous n'avez point l'idée de l'embaiTas que ma vente me cause., de plus j' emménage dans mie autre m.aison'^. Tout à défaire et à refaire, être seule à cl onner des ordres, régler la maison, recevoir, donner à souper tous les jours, écrire, aller, souvent souffrir : tout cela fait de la besogne, je ne sais pas quand j'aurai du relâche, mais je le savourerai bien^ si cela jamais arrive^'. »

Le catalogue du cabinet d'histoire naturelle était tout d'abord rédigé, et Clairon essayant de tenter la vente de la totalité des objets près d\m particulier, dans un séjour que Larive faisait à Bruxelles, elle luiannonçait qu'elle allait lui en

1. Mlle Clairoa résiliait donc, eu 1173, sa location de la maison rue du Bac, qu'elle avait prise à loyer pour neuf années consécutives, à partir du mois de juillet 1768.

2. Lettre autographe de Clairon à Larive, de la collection Dubrunfaut.

voyer un catalogue, mais que, comme chaque copie coûtait un louis, elle lui recommandait de se le faire rendre, si on ne s'accommodait pas du cabinet.

Eufm, au moment où le catalogue était imprimé pour tenter une vente en détail, le comte Paul Demidolï achetait le cabinet, 30 000 livres selon une note manuscrite de mon exemplaire, 65 973 livres d'après l'affirmation de M. C H. dans V Intermédiaire du 25 avril 1884 *.

Au mois de mars se vendaient, aux enchères, les curiosités, et voici le titre du catalogue :

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