Archives du Théâtre-Français, 12 novembre
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ainsi que le témoigne une lettre de Hua, adressée aux artistes du Théâtre-Français après sa mort*.
1. «Messieurs,j'ai appris, avecla plus grande reconnaissance les témoignages de vif intérêt que vous avez donnés pour la santé de M"e Clairon. Au moment où vous les manifestiez, déjà elle n'existait plus.
« Hua. a
Et ce sont encore deux ou trois lettres de cette année, qui nous renseignent sur la brouille de Clairon avec un ami de trente ans, avec le peintre Doyen \ auquel elle avait demandé un portrait ou un dessin allégorique^, que Fartiste, après lui avoir fait attendre cinq ou six ans, semblait ne plus songer à faire du tout.
Ecoutez la vieille tragédienne dans son indignation spirituelle :
« Actions, paroles, mtentions, m^ élèvent égale-
1. Mlle Clairon semble avoir eu des relations assez intimes Tivec quelques artistes du temps. Dans une lettre à Henri Meister, écrite de Triesdorf, à la date du 12 juin 1780, en même temps qu'elle prie de la rappeler aux bontés deM™c Necker, qui ui sont aussi chères que son respect pour ses vertus est profond, elle le prie de faire ses tendres compliments à notre cher M. Houdon.
2. Dans la vente du cabinet de jM"" Clairon, en mars 1773, avait passe, sous le n° 23, un tableau ovale de Doyen, repré-
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ment à mes yeux au-dessus de tout reproche. Expliquez-vous donc? Quelest votre sujet de plainte? Je ne le cannois pas. Il n'est pas impossible que j'aie des moments d'impatience et de vivacité! Vous m' avez .^ je l'avoue, longtemps excitée à l'un et à l'autre, comme vous le dites vous-mêines. Monsieur, trente-deux ans de liaison, d'intimité, de considération réciproque, me permettaient de croire que vous auriez plus de condescendance pour mes désirs. Vous ne l'avez pas fait. Vous êtes sans doute le maître de vos talents^ je n'ai ni le droit ni la volonté de les forcer, mais j'ai la sensibilité et la réflexion pour apprécier le refus et le manque de complaisance, et s' il m' est permis d'être blessée d'un manque d'égards, de douter d'une amitié qui, six ans de suite., élude toutes ses promesses, et qui vous abandonne après, comme une chemise sale, vous avouerez que c'est à moi de se plaindre, et point à vous\ »
Cette lettre est du 6 septembre 1790. A deux mois de là (le 30 octobre), Clairon adresse à Doyen une seconde lettre, oiî elle lui annonce
sentant, en buste, la Muse de la poésie lyrique, et sous le n" 24 se vendait le dessin de la composition peinte. — Demandait-elle une répétition du portrait ou du dessin?
1. Extrait d'une letti-e de Clairon, de la collection de M. Bovet, vendue le 23 juin 1883.
que, dans la gène où l'ont réduite les circonstances présentes, elle a été obligée d'envoyer son argenterie à la Monnaie, et est forcée de lui réclamer le payement de flambeaux d'argent, qu'il avait sans doute acceptés, comme un acompte, sur la commande du portrait\
Enfin, le 12 novembre, elle lui adresse une lettre, où elle affirme son droit à se plaindre de l'ami et du peintre, et termine son épître par de l'ironie et de la plus hautainement charmante :
« Je ne nie point, Monsieur, le propos dont vous vous plaignez, mais je nie que vous ayez raison de vous en plaindre. Quoi donc, je demande un ouvrage à un artiste, je presse mon ami dé constater mon talent par le secours du sien. Je n'ai pioint abusé de son temps, je n'ai demandé ni le sacrifice de ses intérêts, ni celui de ses plaisirs, et quand, au bout déplus de cinq a7is de prières inutiles, je m'impatiente de l'indolence de l'artiste et du manque d'égards de l'ami, que je me permets de lui dire que s'il ne veut pas faire le dessin que je désire, je lui ferai la honte de le faire faire par un autre. Il prétend que je l'outrage. Eh!