L-f l i ■■!.iiJ, !■! . n-n. I- I. iir iL'iiillaite
HADKHOISBLLE DAVNÉ. it
que tout le bas baigrnait dans une ombre bieue et froide.
Le palais s'élevait sur une grande terrasse à balustres de marbre divisés par des acrotères supportant des statues mythologiques tortillées dans le goût du Bei*nln et de son école. Des niches creusées dans les murs de soutènement contenaient aussi des figures frustes retirées des fouilles par les anciens propriétaires de la villa, et des fragments de bas-reliefs y étaient encastrés.
Un escalier de marbre séparait la terrasse et montait entre les deux substructions par larges paliers. D'un des coins de la balustrade, comme [un tapis d'un balcon, s'échappait une immense nappe de lierre qui rompait heureusement les lignes horizontales de l'architecture.
Au haut de l'escalier s'élevait, en recul, le palais avec sa corniche d'une forte projection, ses grandes fenêtres aux frontons échancrés et triangulaires alter-
UI.O vv/l I.I.tbAi.&^^tl \ylAi.luv>aw
son soubassement taillé à facettes. Pour avoir Tefifet juste, sur cette vieille magnificence répandez la rouille du temps, les tons noirâtres de la pluie et les plaques vertes de mousses. Cela ne ressemblait en rien à ce qu'on entend en France par château ou maison de campagne. On eût dit une décoration de théâtre exécutée en pierre au lieu d'être peinte sur toile. Tout y était sacrifié à l'effet et à la perspective ; les arbres y ressemblaient à des coulisses, mais c'était une décorât tion comme celle de San-Quirico, qu'a^
^ '>«^'H««\1 é^mtnt^ w\^-m^^t* é\ #^^*w1 ^%t/^
àepté la naturelle. C*étât de iW appelle français et qui est véritaètnent italien, car il vint chez nous au delà des monts et se développa dans )ute sa splendeur sous Louis XIY. Au lilieu de ces parterres on voyait des ontaines rappelant le style de celles qui ment la place Navone. Des tritons barus et cambrés tortillant leurs jambes quameuses, enlevant des néréides enrc leurs bras nerveux et soufflant par !urs conques des. jets d'eau qui retomuine sur leurs reins verdis.
\'t MADKIIOISKLLK 1>AF.\£.
en forme de façades, versaient Teau par des mascarons tragiques et comiques, au large rictus de bronze, dans une cuve de porphyre et dans un tombeau romain dont le bas-relief mutilé représentait une bacchanale.
Au delà, par-dessus les murailles, on apercevait vers le bord de l'horizon la ferme découpure du mont Soracte, brillante de quelques touches de neige.
La nuit commençait à descejidre et robscurité faisait briller sur la façade du palais quelques fenêtres d'un éclat rougeâtre. La villa, comme on eût pu le croire, n'était pas inhabitée; elle avait, chose étonnante, d'autres hôtes que les rats, les araignées, les chauves-souris et les terreurs nocturnes.
Des voitures suivaient Tallée de cyprès où leui's lanternes scintillaient comme
MAOEMOISKLLK OAFNÉ. lo
des vers luisants dans lombre opaque, et déposaient leurs maîtres à l'escalier de la terrasse. Ces arrivants semblaient des invités, car ils étaient tous en frac noir, cravate blanche et gants paille. Ils étaient presque tous jeunes, sauf deux ou trois personnages chez qui la naissance, le pouvoir et la richesse remplaçaient la jeunesse. Quoiqu'ils montassent les marches d'un pas plus lent et plus lourd, ils n en étaient pas moins sûrs de parvenir.
L'intérieur du palais Pandolû, bien qu'on eût fait des efforts pour y introduire le confortable moderne, n'en restait pas moins sérieux, triste, presque sinistre.
Les appartements de réception étaient au rez-de-chaussée et se composaient d'une suite de salons en enfilade, dont les portes se correspond aient » et formaient, du seuil à la dernière pièce, une longue perspective pareille à celle de ces glaces posées l'une en face à l'autre qui se ren*-
torchères suffisaient à faire discerner lei tapisseries passées de ion, }es cuirs d( Cordoue à grands ramages, et les fresques assombries qui décoraient ces vaste!
murailles. De loin en loin, dans son cadn de vieil or rougi, une scène mythologique peinte par quelque Bolonais à la suite àei Carrache, faisaJl sortir d'un chaos d'ombre la chair blanche d'une nymphe ou d'une déesse; d'antiques cabinets de laque envoyaient les i^i'lairs l'oses et bleus de leurs incruslBlions en burgau ; de vieux fauteuils don^s prenaient des pailleites de lumière GUr les reliefs de leurs sculcUire;
u*au plafond leurs es déformées et spectrales, travers ces salons où se tenaient ues domestiques en livrée sombre, liant la route, les invités passaient 16 des fantômes, et le silence était •fond qu'on entendait le craquement irs bottes vernies sur les parquets arqucterie ou de mosaïque d'un
. lautre des salies.
Ut dans la dernière pièce qu'avait réception. De fortes lampes en-
tdans d'immenses potiches du n lustra à niiarantp. hro.w-v
La dame de la noble villa n'était autre, il faut bien l'avouer, que mademoiselle Dafné de Boisfleury. Un Anglais, retour de l'Inde, possesseur d'un grand nombre de lacks de roupies, blas^ sur les charmes plus ou moins cuivrés des bayadères, ultra splénélique et portant autour des yeux les lunettes d'or de l'hépatite , l'avait trouvée amusante comme un ouistiti en verve de grimaces à un souper de carnaval et s'était pay< « cette petite chose curieuse. » Ils s'ei était bientôt fatigué dans Tintimité d*ai vov&ffe en Italie, et avait repris le chemii
Dafné n'avait le; ces créai "S, et les con »u huit attend, ourmé d'Iiomr u moins d'inier aient été du de se molliraient s au[reB.;iiiaIf[i - une mine froi Nous n'^tonm qu'il y avaii
la bonne.
Si vous le permettez, nous allons laisser ces beaux messieurs occupés à feuilleter les albums, regarder les stéréoscopes, examiner les bibelots des étagères, échanger quelques considérations politiques sur la jambe de la première danseuse, et nous passerons dans le cabinet de toilette de la Dafné. Elle se tenait debout, habillée de pied en cap, près d'une vaste table de marbre couverte de flacons, de brosses, de pots, de petits outils d'acier et de tout Tattirail de la toi-
IaMa mnHopno npvant pllfi Ataif. dAnlnvA
MàOKMOISKLLK OAF.NÉ. 21
toutes Jes coutures de dentelles d'argent, qui encadraient également le corsage, et, cousues à plat, formaient sur la jupe des carrés, des losanges, des cercles et des entrelacs. Des bandelettes d^argent, en harmonie avec la garniture de la robe, brillaient par place dans ses cheveux roux, ondes , crêpés , hérissés sur le front , renoués à la nuque et s'échappant en une énorme gerbe de spirales d'or fauve sur des épaules qui, pour appartenir à un être doué d'une âme assez noire, n'en étaient pas moins blanches.
Quoiqu'elle eût tout lieu d'être contente de sa toilette, la Dafné ne jetait pas à sa psyché triple le regard d'approbation qu'elle ne se refusait pas, lorsque l'édi* fice de sa coiffure était venu à bien, et que la traîne de sa robe était suffisamment longue.
La portière du cabinet de toilette venait de retomber sur une visite mystérieuse.
Une femme vêtue de noir, hermétique-
qu'elle semblait connaître de longue main, et qui lui avaient permis de parvenir jusqu'à Dafné, à Tinsu des domestiques.
De ces femmes-là, vêtues de noir et masquées d'un voile de grenadioe, on en voit souvent rôder autour des courtisanes à la mode, chuchotant des promesses d'écrins, de bourses d'or, de rentes assurées; mais celle-ci, dans son costume couleur de ténèbres qui ressemblait à un domino, avait réellement fort grand air.
Cependant, quand elle fut sortie, la
T^'tfrK^ <%ii^rr>îf un /tntFfo an fur» a.nckl\& Aana.
sa/es-hands et les baisers posés sur le dos d'une main assez commune, travaillée par les ungulcures, Dafné donna le bras au pair d'Angleterre, et Ton passa dans la salle à manger; une haute salle décorée d'une fresque assombrie par le temps et représentant le banquet des dieux, œuvre de quelque élève de Jules Romain, si ce n'est de Jules Romain lui-même.
Oette fresque, qui régnait tout autour de ^ a salle, échancrée par la porlfc ^X. ^3lWÇi fenêtre unique ^ aux amples rideawx. ^^
lieu d'une architecture feinte, encad des médaillons de bronze rehaussés hachures d*or» contenant des scènes des attributs mythologiques. Les die et les déesses dans une nudité olympien se livraient à de violentes crispatio musculaires, pour tendre leur coupe ; nectar d'Hébé ou prendre Tambroisi nourriture des immortels, sur de gran plats d'argent. Leurs torses, d'un t orangé, se détachaient d*un ciel dont bleu avait noirci, et leurs pieds s'a puyaient sur des flocons de nuag
jry, placée précisément en face • sévère épouse de Jupiter n*a ji né les Dyniphes de comiuiie susp 1a table était posée au milieu àt mense salle, sur un tapis de Sn- ' liieu qu'un Louclii'tl à lii lin ilii nps, la mosaïque du pluji<^lier e ide aux pieds des touvives, lit à sa droite lepaii' d*Aiigle(eri rtail m aj est ueu sèment ses oiiie I ii gardait cette verdeur des viei fiai» conservés par une t'ranile a hïgiène supérieure; à sa ^
pille, et Tensembie de ses traits offrai cette régularité classique qu'on rencontr assez souvent en Italie, et qui est si rar dans nos climats. Les artistes disaien que le prince Lothario ressemblait beau coup au portrait de César Borgia pa Raphaël, qu'on admire à la galerie Bor ghèse. Un soir de carnaval, Lothari avait pris pour déguisement le costum du portrait, et on eût dit que le Borgi; était revenu au monde ; n'allez pas d'aprè cela imaginer une physionomie féroce e terrible, Lothario paraissait le plus dou:
rlp.s hnmmpft pt avait une fîffiirp. r.har
lui presque
nëht , lui chuchotait à l'oreille
oses qu'elle aurait bien pu dire
LUt, et à la moindre plaisanterie de
io elle riait aux éclats, montrant
les dents jusqu'aux gencives et se
;ant sur le dos de sa chaise, de
i mettre en relief les trésors d'une
3 fort blanche et fort bien meublée,
disaient nos bons aïeux dans leur
Uantin et léger; souvent elle po-
\. bras nu contre la manche de
iqui se blanchissait à la poudre ujourd'hui on s'en farine r^ri^"
énagée à la paroi du vaSê* er la glace sans qu'elle se mêlât au vin.
es crûs les plus célèbres du Rhin pasaient de leurs longues quilles dans les œmers couleur d'émeraude, et la Dafné, m peu lancée, racontait des histoires incroyables dans un style qui empruntait les termes à trois ou quatre argots ; car îUe avait été modèle, figurante à un petit ;héàtre, et mêlée par ses amours au Tionde du sport. L'atelier, la coulisse et 'écurie lui ouvraient leur dictionnairi le locutions pittoresques. Il parait qufl de voir tomber des lèvrel
— ■= "es peiils
surlavervedemac 7, qu'il proclamaii f phosphorescente in LQihario, eu Ih, ce feu d'artifice, il be.Labiflguoj,ari.
'" le moins d'effet s ■n accent de pasaoc '«séduire. L-anfre w'grÉ son umoLir | ■1 8'empêoher de c( eladiriiiitédesont Ma bien peu oroo
lose de contraint et de nervêuzimsve»
flForts pour égayer ses convives. Malgré animation du repas, son rouge était ombé et une imperceptible moiteur nouillait ses tempes. De ses yeux, qu^elle lâchait de rendre provocants et voluptueux, jaillissait parfois un regard effaré.
Heureusement pour elle les convives, échauffés par le vin et la bonne chère, ne prenaient pas garde à cette angoisse secrète qui perçait à travers les éclats de rire, les calembours par à peu près et le| anecdotes saugrenues.
-Avant Qu'elle faisait une média
ennuyé, la regarda
lus de complaisance et lui adressa
es phrases flatteuses.
lions, se dit la Dafné, cela sert tou-
'. quelque chose d'avoir posé la tête
3ssion à l'Académie des beaux-
let air de Mignon regrettant la pa-
3 rate jamais son effet.
arvit le café, et dans une corne de
îros travaillée avec un art infini
patients Chinois, des cigares des
fs vueltas de la Havane, furent
^ aux convives. Bientôt des spi-
iAf«*nc rvir»r»*/!»r»or»*
Irti^l-*'
es bas et très vite : « Allez retirer iletot de l'antichambre et rentre voiture. » Cette Injonction ne s trop surprendre le prince, et il i devoir de lui obéir, it les quelques minutes qu'il mit îrcet ordre, la Dafné qui main- ▼rand'peine son agitation, murvoix basse : «Lothario est jeu ne, che. J'ai bien envie de manla parole. L'affaire serait aussi ce côté-là ; oui, mais Xa î^rorev^
^acontré a, : - le était
.2Xt£ et dain c pouvait a^
Cen choses ai, sont tou mxaat si etf
'.e femme, ^cmenav
donnerait une bou-
)ninie à un caniche, n
en était là de son monologue, lors-
)thario rentra. Aussitôt elle prit
ne rapidité qui eût fait honneur à
ande comédienne une physionomie
, amoureuse, enivrée, et en quel-
irases mêlées de soupirs flûtes et
irds fondants, elle sut persuader
te prince qu*eUe Tadorait depuis
ips, depuis ce jour où elle Tavait
té aux caséines de Florence et
mit bien malheureuse, elle, pau*
du prince rémût réellement, soit que proche d*une action hasardeuse de à ses traits une profondeur d'expre qui ne leur était pas habituelle.
Lothario Tavait rassurée de son n en disant que Tamour comme la fia et le vin de la cuve ne souffrait rien < pur, et qu'il suffisait de s'aimer devenir tout de suite deux beaux f anges. Cette morale facile et légère moliniste parut du goût de Dafné, d< prince entourait avec son bras la souple, comme Othello reconduisant
^ AaM«« ^^ Wt ««
Tau ve, ornée dequelquestiil es doDl les teintes sombr chedans leurs larges cailn ubiée d'un grand lit sculpl e la Renaissance et de fai eiiiblaienl i dis i';iliii''il ce avait l'nspett liigubri' I à coucher de la Tisbé ai icte à'AngeCa, lyi-an de l'i, i y avait réaliaé une di'^coi drame. Cela l'amusait d soir, en se couchant.
n coin a'élalait unlargedi*
une lampe à trois becs découverte àPom péï. Dafné tournait le dos à la lampe e sa figure baignait dans Tombre ; si la lu mièreTeût frappée, Lothario n'eût pa:
trouvé naturelles, en ce moment, la pà leur livide de la jeune femme et Texpres sion hagarde de ses yeux. Avec un gesti qui simulait une mutinerie pudique, h Dafné se dégagea de Tétreinte du princi et, comme si elle chancelait d*émotion elle appuya sa main tremblante surli tète du sphinx de droite^ dont les doigt à tâtons cherchaient Toeil gauche. Quan
.*11/» l^ûAt yannnnfrà aIIp An nPAceia fni*tt
une bouffée d'air humide, et se refenna aussitôt par la réaction du mécanisme d'une manière si exacte, qu'il était impossible de soupçonner qu'un homme était assis là trois secondes auparavant.
Le regard atone, les bras pendants, glacée d'horreur, la Dafué contempltait stupidement le canapé, couche. d'amour transformée en tombeau, et sur lequel tout à l'heure lui souriait un jeune homme plein dévie et de désirs. De folles terreurs l'assaillirent ; les oreilles lui tintaient, le sang lui sifflait dans les tempes, et il lui
enmKloi» anfonAva Ha sourds cpmissp.-
minuit pour né
anapé manquer sous lui, iistinctivement retenu de lu coussin de velours où loussin Tavait suivi dans ôcha d'èlre morVeWfe ^w 3tle horrible seti^^xV^XL
^os d
.■ineur,et^,^
*•«=» boites d^
«onde entier • le mince reliej)
rien 4e cassé. Cette constatation faite se dit qu*il fallait reconnaître la pi a chose assez difficile dans cette obscui plus dense, plus opaque et plus noire ( celle du puits de Tabime. Lothario éi fumeur, et cette idée lui vint fort à p pos qu'il devait avoir en poche une ces boites d'allumettes de cire qui vi nent de Marseille et se répandent pai monde entier ; il tàta son habit et sei le mince relief de la boîte. Il frotta \ aUumette sur le papier de \ettft, eX clarté pétillante qui en réa\x\la\\eïLî
ly naaie, » (Jette vision plus toutes les monstruosités du s'éteignit avec Tallumette
içait à brûler les doigts de
t, se dit le prince retombé rite, que je suis au fond d'une ez bien meublée, mais quel : cette fille à faire basculer •anapé mécanique? Ce serait calcul pour les coutVi^^tv^^
'/cB^es se *^l>re, et c ^iëqaes fra r^Âti» cubes < ^ ajQcieni] ':tanps. À hâdolfi av£
ment des murs réticulaires, des coi
mencements de voûtes dont les ai
éaormes se perdaient dans une brur
sombre, et en se baissant il vit sur le s
quelques fragments de marbre, quelqu
petits cubes de pierre de couleur indiqua
une ancienne mosaïque désagrégée p
le temps. A n'en pouvoir douter, la vil
^andolfl avait pour substruction un é(
^«e antique de l'époque àes Cfe^îcc^,^
t^sru sous /'exhaussenfient au ^o\ ^\
sans doute ménagé cette communication entre Tancien palais et le nouveau, mais Tescalier dont on voyait encore les arrachements avait été détruit et transformé en gouffre d'oubliettes. Au moyen d'une troisième petite bougie, Lothario put reconnaître ces détails. Mais comment pourrait-il sortir de cette caverne, comment en trouver l'issue si elle en avait une à travers l'ombre que sa provision, d'allumettes ne suffirait pas à dissipera Peut-être n'avait-il échappé à la mort soudaine que pour subir les agonies df
^"'eroe «„. ''^ 'a lenti,,^^ un jet
Tautre main lui arracha la lanterne dont la lumière retournée éclaira une figure qui n'était pas celle de Dafné. C'était une tête pâle, aux traits réguliers, aux sourcils noirs, d'une beauté sinistre et qui en ce moment semblait médusée d'épouvante.
— Ah ! c'est vous, ma belle-mère, flt le prince Lothario, sans manifester de surprise, je me doutais bien que vou| étiez pour quelque chose dans cette mable machination. J'y reconnais votl génie scélérat et mélodramatique dig^
''■«'«me !,'""' Pem4> esp^"
ce sachet que vous vouliez me reprendre avec la vie, les lettres d'amour du chanteur que m*a vendues une servante corse maltraitée par vous.-Ges lettres prouvent que votre enfant n'a aucun droit à Théritage du prince, même quand je serais mort. En les publiant, j'aurais découvert avec votre honte la honte de mon père ; je ne Tai pas fait, mais j'étais bien aise d'avoir la pointe de cette arme dirigée sur votre cœur. Avec vous, on est forcé d'employer les moyens indélicats : en outre^^ vous avez essayé plusieurs fois de m'emW poisonner pour que votre enfant recueilla
^ont
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but, comptant sur votre beauté, vo avez joué le rôle de Phèdre mieux q madame Ristori, et tenté pour miei m'étoufter de m'attirer entre vos bra Mais quoique je n'eusse pas d'Arid je restai plus sot, plus froid, plus dépl rable qu'Hippolyte lui-même, et ma chè marâtre n'eut p^s cette joie d'entratn son beau-fils dans une complicité d'i ceste. Voilà mes petits griefs expos sans emphase. Je ne parle pas du trap Ion par lequel vous avez tout à Thea voulu me faire disparaître. Jusqu'à
.^««c, violanta regardait
ô ne sachant s'il raillait ou parsérieusement, mais une haine implae brillait dans les yeux du prince, long ressentiment allait se satisfaire, heure de la légitime vengeance était 1 arrivée. Tout en parlant, sans lâcher oignet de Violanta, il avait placé la îrne sourde sur une pierre, et de sa i libre, il fouillait sa poche pour y 'lier un stylet.
lânta qui épiait les mouvements de Wio, lui imprima une si brusque W que le prince lâcha priso ^-*—
L«AW ««i»^a.k.* «. .
aisparui comme si eue oc «.
terre ; un cri lamentable, un cri d agon et d*angoisse suprême retentit comn sortant des profondeurs du sol. Lolhar s*arrêta, et dirigeant en bas la lueur ( la lanterne sourde, il vit au milieu c chemin la bouche d*un puits sans ma gelle dont le bord ne laissait qu'un être passage entre la paroi du couloir et gueule du gouffre. Violanta avait pen que le prince lancé à sa poursuite toi berait dans Tabime qu'elle-même évi rait en contournant la marge, mais pied lui avait manqué, et ses mains à ^
. Le prince eut pitié de
) femme qu'il voulait tout à Theure
narder. Il admettait bien la mort par
ylet, mais non cette angoisse horrible
*e suspendue par les ongles au-dessus
ette eau noire, visqueuse, d'une pro-
teur inconnue où jamais la lumière
ait brillé et qui croupissait comme
ot de rÉrèbe. Comme il n'avait pas
rde pour lui tendre, il défit son habit
{ilongea dans le puits en le tenant
^anche. Mais il s'en fallait de sept
lit pieds qu'il n'arrivât jus(|ii!i
*' iàatvscev-
igeoi
doïvt
des Tïvèe^
cotti^^^^^'l.r des c
des^^^f g^ues
des
des ■Yvavs
tva
\uès P^^
ôcs
d'antres souterrains
i ne paraissaient pas appartenir au
nne ordre de ruines. Lothario pénétra
• cette ouverture, et au bout de quelques
>, reconnut qu'elle donnait accès aux
acombes. Des inscriptions creusées
is la roche et remplies de minium
;ore visible y indiquaient les tombes
premiers chrétiens. On y voyait des-
§s au trait Tagneau et le poisson
iboliques. Ce n'était pas par là que le
ice devait chercher une issue; il se
lit irrémédiablement égaré dans les
U les dédales, les carrefours pf i^o
c'était une torche oubliée là, sans dou par les bandits qui autrefois venait chercher un refuge dans ces ruines s< lement connues d'eux; il Talluma et à clarté grésillante et fumeuse, mais aut ment vive que celle de la lanterne, il \ distinguer Tensemble de la salle où il trouvait et qui ressemblait au« thern de quelque palais impérial.
Au fond, une énorme voûte de briqu dont Tenduit de stuc était tombé et q pénétraient les racines des arbres poi ses sur les couches des terres supérl(
ns
fànie
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'"•"«e l"i'- Sup.
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une piCtlC se UCtCtl<lta,tiv iwv«.v.,«» .v^ ..
des degrés et éveillait sous la voûte ba des échos lugubres. Souvent la seno" de son brodequin glissait sur queh chose de flasque, de visqueux et de féti inerte et vivant à la fois, un crapï troublé dans sa quiétude séculaire. P fois, une chauve-souris effarée, ver balancer ses ailes membraneuses à t vers la fumée de la torche; une queue serpent semblable à une racine se r rait brusquement entre les pierres. A certains moments, Lothario croyait tendre derrière lui des pas, maiscen'é
poir qu'elle aboutit à une trappe impossible à soulever. Si les ruines romaines ne sont pas hantées de fantômes traînant des ferrailles comme les ruines gothiques, elles ont aussi leurs terreurs. Les larves, les lémures, les lamies, les empouses, les stryges valent bien les brucolaques, les goules, les aspioles, les égrégores et toute la hideuse population nocturne des lieux abandonnés, et Lothario, à force d'errer dans ce rêve de pierre, commeni ^ait à éprouver des inquiétudes nerveuses, l- ^es frissons maladifs. Il n'aNa\\. %wt \vv\
rat 'm a mrk s^-k
. ^^ k^I'a j • f . ■% r 1 Ji \».
'ff
fatigue et le découragement VenvaYiv^saient ; sa lanterne s'était éteinte, sa torche diminuait, et que ferait-il quand elle aurait jeté sa dernière lueur, pris dans cette obscurité intense, perdu dans ce labyrinthe de passages, de couloirs, de chambres, d'escaliers, de planchers effondrés qui pouvaient l'engloutir et le jeter, les os brisés, au fond d'un noir plus absolu, plus opaque encore? Cette manière de mourir, quoiqu'il n'y en ait pas de bonne, lui paraissait particulièrement désagréable. En effet, pour un prince Do-
lit Renaissance à corniche Iptée. »
n commencement de fièvre faisait
ser des hallucinations dans son cer-
a, hallucinations qui se représentaient
antômes extérieurs. II croyait voirie
elette coiffé d'un chapeau venir à lui
; des grimaces obséquieuses et des ré-
nces exagérées, le priant, au nom des
: autres cadavres, de vouloir bien
le quatrième à une partie de whist.
lis longtemps, ils attendaient cette
|oii, mais les mœurs s'élant adou-
GO MADEMOISELLE DÀFNÉ.
jolie:^ que ces squelettes en haillons et le bruit de leurs crotales d'or est préférable à ces craquements de jointures. »
Se sentant envahir par les chimères de la fièvre, le prince fit un violent effort sur lui-même et ramena au logis sa raison qui s'envolait. Ainsi rasséréné, il continua sa route, et bientôt un bruit d'eau courante et comme le grondement d'une cascade vint frapper son oreille. La conduite qui menait l'eau dans la salle des thermes s'était affaissée depuis longtemps sous la pression des terres, et la source extravasée s'était fait un lît à travers les ruines et courait rapidement vers une ouverture sombre où elle déversait sa nappe noire, zébrée de serpents de feu par le reflet de la torche. Une poutre jetée d'un bord à l'autre, formait un pont étroit que Lothario hésitait à franchir, craignant quelque bascule, quelque rupture habilement ménagée. Mais il se décida bien vite, sa position ne pouvant
car, pendant tout ce voyage sou- I, les heures s'étaient écoulées et e se levait sur la campagne ro- La clarté devint bientût plus vive ario put abandonner sa torche: Le
; abstruées d'herbt'â et de hnju^- DescoloiuieBaiixcaniieluivàlriis-
SBarcsdes voûtes, et aux iDui'iillJi'ïi lées de leurs revètenienlG lie iiiarfiantes pariâtaires, poureu voiler I, avainnl suspendu leurs vertes L Au tond, brillait comme» une
verture qu'il n eut pas besoin û mx%\\^ pour y passer, car, nous Tavons dit, \I était svelte et mince. S'appuyant sur la paume des mains, il souleva son corps et se trouva bientôt hors du gouffre, en pleine lumière, au milieu d'un troupeau de buffles qui le regardaient avec une stupeur farouche, et reniflaient à son aspect en secouant la bave de leurs mufles et en grattant la terre de leurs sabots. Lothario les écarta doucement en leur disant les mots auxquels ils ont l'habitude d'obéir, et il s'éloigna d'eux à pas lents sans en être poursuivi.
au-dessus de la grande solitude. A Thorizon, se découpait silhouette de Rome, dominée par lôme de Saint-Pierre, semblable à montagne arrondie. Le prince sara avec une inexprimable volupté cet pur, ce vent frais, cette lumière see, cette calme et splendide magnifi- ■e de la nature; sa poitrine, oppressée lant plusieurs heures par la voûte 8 ruines souterraines qui pouvaient ]pour lui le couvercle du sépulcre,
ttait délicieusement. Il remontait %fFt*a à la ciir>fana il •."—'
6V MADEMOISELLE DAFNÉ.
rant : « Et Ton dit qu'il n'arrive plus d'aventures ! »
Maintenant quelques mots pour finir.
La disparition de Violanta resta toujours inexplicable, une instruction fut commencée et abandonnée faute d'indices. Les âmes pieuses dirent que le diable avait emporté la princesse, qui s'adonnait à la magie. A Rome, cette explication ne semble pas invraisemblable.
Le fils du ténor Ambrosio prit les fièvres et mourut.
La Dafné était retournée à Paris, où le jeune attaché d'ambassade vint la rejoindre. Elle avait repris sa vie habituelle. Alais, au dernier carnaval, comme elle était en train de souper, au café Anglais, avec quelques biches et quelques gandins de la pi us belle eau, faisant grand tapage et commençant à briser les cris-
luii 9, Cil uc 1 ail ic piuo ui>9t»**Q~.^,
rompant sans doute de numéro, ouvrit la ;»orte du cabinet, ayant au bras un très Hégant domino bleu ramené de TOpéra.
Le jeune homme, qui n^était autre queLothario, s^excusa poliment de s^être introduit de la sorte en si bonne compagnie, et il allait se retirer lorsque Dafné se levant toute droite, les yeux hagards, la Qgure livide, exprimant une indicible terreur comme ii elle voyait un spectre, murmura d^une voix étranglée : « Oh ! les morts reviennent donc. » Puis elle tomba «00 versant sa chaise et entraînant
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— Eh bien, voilà une jolie lin, dit 2 binette ; Dafné est crevée d'une indig tion d'écrevisses à la bordelaise, c'éi fatal. On périt toujours par ce qu aime.
Ce fut toute Toraison funèbre de i demoiselle Dafné de Boistleury, et p* achever sa disjçrâce, la mort, qui aimi vérité, ne la reçut au cimetière Montin tre que sous le nom de Mélanie Trip:
A vrai dire, elle ne méritait pas d au oraison funèbre ni d'autre épitaphe.
Quant au prince Lothario, il avait <