‹ Mademoiselle DafnéChapitre 4 sur 13 · LA TOISON D'OR · texte numérisé non relu

LA TOISON D'OR

-~''v^xi ÂJ V/XL

Tiburce était réellement un jeune oninie fort singulier; sa bizarrerie avait irtout Tavantage de n*êtrepas affectée, ne la quittait pas comme son chapeau ses gants en rentrant chez lui : il était iginal entre quatre murs, sans spectatrs, pour lui tout seul, fallez pas croire, je vous pria, 4mA

70 Là TOISON d'OB.

van, étayé de chaque côté par une pile de coussins, slnquiétant aussi peu des affaires du temps que de ce qui se passe dans la lune. — Il y avait très peu de substantifs qui fissent de Teffet sur lui, et jamais personne ne fut moins sensible aux grands mots. Il ne tenait en aucune façon à ses droits politiques et pensait que le peuple est toujours libre au cabaret.

Ses idées sur toutes choses étaient fort simples : il aimait mieux ne rien faire que de travailler ; il préférait le bon vin à la piquette, et une belle femme à une laide ; en histoire naturelle, il avait une classification on ne peut plus succincte :

ce qui se mange et ce qui ne se mange pas. — Il était d'ailleurs parfaitement détaché de toute chose humaine, et tellement raisonnable qu'il paraissait fou.

Il n'avait pas le moindre amour-propre ; il ne se croyait pas le pivot de la création, et comprenait fort bien que la

'sans qu'il s'en mô-

|9rtke s'estimait pas beaucoup plus î Tacarus du fromage ou les anguilles vinaigre; en face de Téternité et de itini, il ne se sentait pas le courage tre vaniteux ; ayant quelquefois regardé r le microscope et le télescope, il ne gagerait pas l'importance humaine ; aille était de cinq pieds quatre pouces, 8 il se disait que les habitants du so- ^uvaient bien avoir huit cents lieues

kit.

tétait notre ami Tiburce.

murait tort dp. arnirp.. d'»-^- '

sanes du Titien lui rendaient laides les beautés les plus notoires : la Laure de Pétrarque, la Béatrix de Dante, THaïdée de Byron, la Camille d'André Chénier, lui faisaient paraître vulgaires les femmes en chapeau, en robe et en mantelet dont il aurait pu devenir Tamant : il n'exigeait cependant pas un idéal avec des ailes à plumes blanches et une auréole autourde la tête ; mais ses études sur la statuaire antique, les écoles d'Italie, la familiarité des chefs-d'œuvve de l'art, la lecture des poètes, rayaient rendu d'une e^(\v\m^^-

àme du monde, à moins qu'elle n'eût les épaules de la Vénus de Milo. — Aussi Tiburce n'était-il amoureux de personne.

Cette préoccupation de la beauté se trahissait par la quantité de statuettes, le plâtres moulés, de dessins et de gravures qui encombraient et tapissaient sa ;hambre, qu'un bourgeois eût trouvée une habitation peu vraisemblable ; car 1 n'avait d'autres meubles que le divan nté plus haut et quelques carreaux le diverses couleurs épars sur le tapis, ^'ayant pas de secrets, il se passait faci-

un cœurd'or,etsa recherche de la beaulé

physique trahisRait aux yeux atieniifs d'amères déceptions dans le monde de la heauté morale. — A défaut de la aiiaviti du parrum.il cherchait l'ëlégancedu vase; il ne se plaignait pas, il nefaisait pas d'élégies, il ne portait pas sesmaochetteseD pleureuse, mais l'on voyait bien qu'il avait souffert autrefois, qu'il avait été trom|jé et qu'il ne voulait plus aimerqu'i lion escient. Cumme la dissimiilatiOTi du cKVys est bien plus difficile que celle de Iftme, il s'en tenaità la perfecliuu mat^ rielle; mais, hélas ! un beau corps est aussi rare qu'une belle Ame. D'ailleun, Tiburce, dépravé par les rêveries de» rn*

lit le g

qu'il prenait pour de e de l'admiration d'ar- ; des fauies de dessin ; — sans qu'il s'en doulie pour lui qu'un mo-

fumé son hookn. rea du Corr^^e dans son ourné en tone sens la ePradier, pris son pied iEÛD droite et son pied n gauche, posé ses (ai la cheminée, Tiburce, Doyens de distraction,

comme la nuit et luisante comme un '"'^^^^^^ù ^ ^^

bronze neuf ? Aurai-je une passion brune *^ '^s ^1^^

ou une passion blonde ? Perplexité / ^ ^ipèn3*\

grande ! , »*^ries j^

Comme il allait tête baissée, songeant "^ *^ ^a^^^

à tout cela, il se cogna contre quelque \.l^ ^* ^''^Pi^^

chose de dur qui fit un saut en arrière en ^^ ®* P^^s opj^^^

proférant un horrible jurement. Ce quel- >v-^<Kt% * ^^^d

çue chose était un peintre àô s^^^t«v%\ / '^^^^ss^x

^^•*^ fait circuler sous la peau de ses figures **" en réseaux d'azur et de vermillon. Son ReiKî- (gjj caressait avec une sensualité com- '^^' plaisante ces belles épaules nacrées et ces ^•'^ croupes de sirènes inondées de cheveux *^^ d'or et de perles marines. Tiburce, qui avait une très grande faculté d'assimilation, et qui comprenait également bien )âsL^pe% les plus opposés, était en ce mo- ^^^rit-là aussi flamand que s'il fût né ddiv^ ^<» polders et n'eût jamais perdu Cie n\xô

sortant de la galerie, j'aimerai une II mande.

Comme Tiburce était l'homme le pli logique du monde, il se posa ce raiso nement tout à fait victorieux, à savo que les Flamandes devaient être beaucoi plus communes en Flandre qu'ailleurs, qu'il était urgent pour lui d'aller en Bi gique — au pourchas du blond. — Ce * son d'une nouvelle espèce, en quèle d'u autre toison d'or, prit le soir même diligence de Bruxelles avec la précipi tion d'un banqueroutier las du comme

Ane Urkrvinrtac ot contant lo Kocrkin Ho n\

hk TOISON d'ob. 79

accompagné deTinévitable Vet^kooptmen dranken. Le lendemain soir, il se promenait à Bruxelles sur la Magdalena-Strass, gravissait la Montagne aux herbes potagères, admirait les vitraux de Sainte- Gudule et le beffroi de Thôtel de ville, et regardait, non sans inquiétude, toutes les femmes qui passaient.

Il rencontra un nombre incalculable de négresses, de mulâtresses, de quarteronnes, de métisses, de griffes, de femmes jaunes, de femmes cuivrées, de femmes vertes, de femmes couleur de revers de botte, mais pas une seule blonde ; s*il avait fait un peu plus chaud, il aurait pu se croire à Séville ; rien n'y manquait, pas même la mantille noire.

Pourtant, en rentrant dans son hôtel, rue d'Or, il aperçut une jeune fille qui n'était que châtain foncé, mais elle était laide; le lendemain, il vit aussi près de la résidence de Laêken une Anglaise avec des cheveux rouge-carotte et des brode-

80 LA TOISON D'oa.

quins vert tendre; mais elle avait la maigreur d'u ne grenouille enfermée depuis six mois dans un bocal pour servir de baromètre, ce qui la rendait peu propre à réaliser un idéal dans le goût de Rubens.

Voyant que Bruxelles n'était peuplé que d'Andalouses au sein bi'unij ce qui s'explique du reste aisément par la domination espagnole qui pesa longtemps sur les Pays-Bas, Tiburce résolut d aller à Anvers, pensant avec quelque apparence de raison que les types familiers à Rubens, et si constamment reproduits sur ses toiles, devaient se trouver fréquemment dans sa ville natale et bien-aimée.

En conséquence, il se rendit à la station du chemin de fer qui va de Bruxelles à Anvers. — Le cheval de vapeur avait déjà mangé son avoine de charbon, il re* nâclait d^impatience et soufflait par ses naseaux enflammés, avec un râle strident, d'épaisses bouffées de fumée blanche, entremêlées d^aigrettes d'étincelles. Ti-

de cinq WalIoDti immobiles à li comme des chaaoÏDes au cha| cooTOi partit. — La marche f modérée : on n'allait guère pi dans uoe chaise de poste à d\:

guides ; biealûE le cheval a'ar pris d'une incroyable furie Les poupliei'K iIu cli<^iiiiii droite et à t'ïuche uoiiiine mi< déroute, le payaage devptiail «'estompait dans une (^riije ' coUa et E'teillette tiifralent va) lenrs étoiles d'or et d'a/uriysl res du terrain ; de loin en loii silhoueiie de ductiev ec jnoii le roulis des nuages et liispun

se heurtaient se fit entendre : on était arrivé.

Tiburcesemitàcouriràdroite et à gauche sans dessein arrêté, comme un lapin qu'on sortirait tout à coup de sa cage; il prit la première rue qui se présenta à lui, puis une seconde, puis une troisième, et s'enfonça bravement au cœur de la vieille ville, cherchant le blond avec une ardeur digne des anciens chevaliers d'à* yentures.

{^^^ tous ■^xcb

«luantite ae maisons

^s de pouris, en Jaune serin, vert céladon, en lilas clair, avec des s en escalier, des pignons à volute, portes à bossages vermiculés, à cônes trapues, ornées de bracelets quungulaires comme celles du Luxemirg, de fenêtres renaissance à mailles plomb, des mascarons, des poutres ptées, et mille curieux détails d'archiire qui l'auraient enchanté en toute I occasion ; il jeta à peine un regard

Çt sur les madones enluminées, sur J

ists qui portent des lantenifl» •■^

son auréole de cheveux a or. ii n apei

que des vieilles femmes faisant de la d

telle, lisant des livres de prières, ou

' Il pies dans des encoignures et guettan

!, ' passage de quelque rare promeneur n

>|! chi par les glaces de leur espion ou

g boule d'acier poli suspendue à la vo^

Les mes étaient désertes et plus si

l cieuses que celles de Venise; Ton n

I tendait d*autre bruit que celui d^s hei

j sonnant aux carillons des diverses é

ses sur tous les tons possibles au nu

] pendant vingt minutes ; les pavés, er

'! drés d'une frange d'herbe comme c

leurs ligures enfouies sous les kj^,,^.^^ du capuchon, et trouvait dçs têtes maigres et pâles à lèvres serrées, avec des yeux cerclés de bistre, des mentons prudents, des nez fins et circonspects, de vraies physionomies de dévotes romaines ou de duègnes espagnoles; son œillade ardente se brisait contre des regards morts, des regards de poisson cuit.

De carrefour en carrefour, de rue en rue, Tiburce finit par aboutir sur le quai de TEscaut par la porte du Port. Ce spectacle magnifique lui arracha un cri de quantité innombrable de

gingembre, de cochenille^ flottait dans Tair par épaisses bouffées comme la fumée d'une immense cassolette allumée en l'honneur du commerce.

Tiburce espérant trouver dans la classe inférieure le vrai type flamand et populaire, entra dans les tavernes et les estaminets; il y but du faro, du lambick, de la bière blanche de Louvaift, de l'aie, du porter, du whiskey, \ou\anl ia\ve ^^x\^

poignée ^ tre/iederde,^ bIbs barbare q.^

Le soir, il an matelots dans^).

teintes avaient

il. — Il fuma aussi des

s de plusieurs espèces, mangea du

)ny de la sauer-kraut, des pommes

Te jaunes, du rosbif saig^nant, et

nila toutes les jouissances du pays.

dant qu'il dinait, des Allemandes à

s busquées, basanées comme des

les, avec des jupons courts et des

is d'Alsaciennes, vinrent piauler

iment devant sa table un lieder

able en s'accompagnant du violon

*es instruments disgracieux. La

àllemagne, comme pour narguer

\— i^'^^«««4 l^ «^ wvVk 4-w»«« 11^.^

s asseoir près de lui et trempu la».".ment ses lèvres dans son verre, suivant \<l 9 coutume du pays^ et essaya de lier con- versation avec lui en fort bon espagnol, car elle était de la Havane ; elle avait des veux d'un noir si velouté, un teint d'une pâleur si chaude et si dorée, un si petit pied, une taille si mince, que Tiburce, 1- ~' exaspéré, renvoya à tous les diables, ce qui surprit fort la pauvre créature, peu accoutumée à un pareil accueil.

Parfaitement insensible aux perfections brunes des danseuses, Tiburce se

«irft À.4QaJb6tel des Armes du Brabant.

-uj

ques de la. galerie de M^dici!! dans le déshabillé le plus galant Tinrent lui faire une Tiïite nocturne ; elles le regardaient tendrement avec leurs larges prunelles azurées, et lui souriaient, de l'air le plus amical du monde, de leurs lèvres épanouiefi comme des (Iturs rmipcs ilausla blancheur de lait de leurs ligures rojideK et potelées. — L'uno d'elles, lu Néréide dn tableau dn Voi/az/e /le ta reine, pous- ■ait la familiarilé jusqu'à passer dans les theveox du dormeur éperdu d'amour HB jolis doigts eRilés enluminés de carmin. Une draperie de brocart ramage Gâchait fort adroitement la diftormilé de ses jnmbes stiuammeuses terminées en

"*"• trouver r"*'" «iû an 0'

•""Ce

*'***aoTda, *"'"■'

02 LA TOISON d'or.

loin les figures de Jordaëns et de Rubens :

avare de son or, elle prodiguait son ébène.

Outré de cette espèce de dérision muette, Tiburce visita, pour y échapper, les musées et les galeries. L'Olympe flamand rayonna de nouveau à ses yeux.

Les cascades de cheveux recommencèrent à ruisseler par petites ondes rousses avec un frissonnement d'or et de lumière; les épaules des allégories, ravivant leur blancheur argentée, étincelèrent plus vivement que jamais : Tazur des prunelles devint plus clair, les joues en fleur s'épanouiren t comme des touffes d*œillets; une vapeur rose réchauffa la pâleur bleuâtre des genoux, des coudes et des doigts de toutes ces blondes déesses; des luisants satinés des moires de lumière, des reflets vermeils glissèrent en se jouant sur les chairs rondes et potelées ; les draperies gorge-de-pigeon s*enfièrent sous rhaleine d'un vent invisible et se

tout entière à notre voyagei

s beautés sur toile ne lui sufi I. Il était venu chercher àt .nta et réels. Depuis assez loni e nourriEUiit de poésie écritei

rce «les abstractions ii ttiiil pi substantiels, — Sans doute, sauCDUppljs simple de resu t de devenir lunoureuï il'uii ne, ou mf me d'une laide conini ■ode ; mais Tiburce ue ci)ii>]iri a nature, et ne pouvait la Iti les traductions. Il saisissa.

^menl bien tous Ira Ivnea réni

eût fait des vers sar les peintres. L'art s'était emparé de lui trop jeune et Tavait corrompu et faussé ; ces caractères-là sont plus communs que Ton ne pense dans notre extrême civilisation, où Ton est plus souvent en contact avec les œuvres des hommes qu'avec celles de la nature.

Un instant Tiburce eut l'idée de transiger avec lui-même, et se dit cette phrase lâche et malsonnante : « (Test une jolie couleur de cheveux que la couleur châtain. » Il alla même, le sycophante, le lie, rhomme de peu de foi, jusqu^i

LÀ TOISON d'or. 95

renient ce blasphème, un charmant regard bleu, enveloppé d'une mantille, scintilla devant lui et disparut comme un feu follet par Tangle de la place de Meir.

Tiburce doubla le pas, mais il ne vit plus rien ; la rue était déserte dans toute sa longueur. Sans doute, la fugitive vision était entrée dans une des maisons voisines, ou s'était éclipsée par quelque passage inconnu ; le Tiburce désappointé, après avoir regardé le puits à volutes de fer, forgé par Quintin-Metzys, le peintre serrurier, eut la fantaisie, faute de mieux, d'examiner la cathédrale, qu'il trouva badigeonnée de haut en bas d'un jaune serin abominable. Heureusement, la chaire en bois sculpté de Yerbruggen, avec ses rinceaux chargés d'oiseaux, d'écureuils, de dindons faisant la roue, et de tout l'attirail zoologique qui entourait Adam et Eve dans le paradis terrestre, rachetait cet empâtement général par la

tournure empêchaient Tiburce d*avoir envie de pousser plus loin ses investigations.

Cinq ou six Anglais, tout essoufflés d'avoir monté et descendu les quatre cent soixante et dix marches du clocher, que la neige de colombe dont il est' recouvert en tout temps fait ressembler à une aiguille des Alpes, examinaient les tableaux, et, ne s'en rapporlanl (\!ûl'^ ^otv^

i les mêiii spérant sur âJade assi ^aoëeville < ifTÎnrent à En rhoni Tvidemmen' Kmait qu'a^

aiB avaient des figures carrùes, el ta nce prodigieuse qui existait de leur i leur menton montrail la pureté de race. Quant à l'Auglaise qui était eux, c'était celle que Tiburce avait ïue prés de la résidence de Laeken ; portait les mêmes brodequins verls s mêmes cheveux rouges. Tiburce, spérant du blond de la Flandre, fut \ae sur le point de lui décocher une ide assassine; mais les couplets de eville contre la perâde Albion lui irent à la mémoire fort É propos.

< riionneur de cetle compagnie, si imment liritan nique, qui ne se ivit qu'avuc un cliquetis de g\i"Hvfepî.,\fc

'^"?e ,« > 4ii<f/J, «'''^•iisefl^""'*«'• ^ l'oe do " aperçu, ,^

nce^^f ""' rêve -*'"•<""-- *'

.e;'-' av:^i«^<^e7,i>:;;:^««e

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himère capricieuse et farouche, toqjQm irôte à déployer ses ailes inquiètes, était à devant lui, ne fuyant plus, immobile dans la gloire de sa beauté. Le grand maître avait copié dans son propre cœur la maîtresse pressentie et souhaitée; il lui semblait avoir peint lui-même le tableau; la main du génie avait dessiné fermement et à grands traits ce qui n'était qu'ébauché confusément chez lui, et vêtu de couleurs splendides son obscure fantaisie d'inconnu. Il reconnaissait cette tète, qu'il n'avait pourtant

..»«;.« lift oionae epauie de SBte, escabeau d*i voire placé là par ittre sublime pour descendre le divtti yre de l'arbre de rédemption. — rce se sentit jaloux du Christ. — Pour »areil bonheur, il eût volontiers enla passion. — La pâleur bleuâtre chairs le rassurait à peine. 11 fut 1 profondément blessé que la Madene détournât pas vers lui son œil eux et lustré, où le jour mettait ses ints et la douleur ses perles; la tance douloureuse et passionnée de ^rd qui enveloppait le corps bî»»-

fort surprenante que ' sa statue ne vn rendit pas caresse pour caresse ; Tiburce ne fut pas moins atterré de la froideur de son amante peinte.

Agenouillée dans sa robe de satin vert aux plis amples et puissants, elle continuait à contempler le Christ avec une expression de volupté douloureuse comme une maîtresse qui veut se rassasier des traits d'un visage adoré qu'elle ne doit plus revoir; ses cheveux s'effilaient sur ses épaules en franges lumineuses; — un rayon de soleil égaré par hasardi

•« 1^ «Via 11 rlp. hIanchAiir Ha aftrti.

i«es Anglais s étaient retirés après avoir dit : Very well, a pretty picture, et le bedeau, ennuyé de la longue contemplation de Tiburce, avait poussé les volets et lui demandait la rétribution habituelle.

Tiburce lui donna tout ce qu'il avait dans sa poche; les amants sont généreux avec les duègnes ; — le bedeau anversois était la duègne de la Madeleine, et Tiburce, pensant déjà à une autre entrevue, avait à cœur de se le rendre favorable.

Le saint Christophe colossal et TErmite portant une lanterne, peints sur Texterieur des panneaux, morceaux cependant

e : il avait entin rencontré la (laao^^

il cherchait, mais il était puni par où

.vait péché: il avait trop aimé la pein-

'e, il était condamné à aimer un tableau.

, nature délaissée pour fart se vengeait

unefaçon cruelle; ramant le plus timide

jprès de la femme la plus vertueuse

irde toujours dans un coin de son cœur

ne fuitive espérance : pour Tiburce, il

;ait sûr de la résistance de sa maîtresse

; savait parfaitement qu'il ne serait

imais heureux; aussi sa passion était-elle

ne vraie passion, une passion extra va-

— *• insensée et capable de tout ; — elle

LA. TOISON d'or. 105

nables que notre héros, et leur idole impalpable vaut-elle la Madeleine d'Anvers ?

Tiburce marchait d*un air mystérieux et fier comme un galant qui revient d*un premier rendez-vous. La vivacité de la sensation qu'il éprouvait le surprenait agréablement, — lui qui n'avait jamais vécu que par le cerveau, il sentait son cœur ; c'était nouveau : aussi se laissa-t-il aller tout entier aux charmes de cette fraîche impression ; une femme véritable ne l'eût pas touché à ce point. Un homme factice ne peut être ému que par une chose factice; il y a harmonie : le vrai serait discordant. Tiburce, comme nous l'avons dit, avait beaucoup lu, beaucoup vu, beaucoup pensé et peu senti; ses fantaisies étaient seulement des fantaisies de tète, la passion chez lui ne dépassait guère la cravate; cette fois il était amoureux réellement, comme un écolier de rhétorique; Timage éblouissante de la Madeleine voltigeait devant ses yeux en

jours présent pour lui. Il cherchait serieusement'dans sa tête les movens d'aniiner cette beauté insensible et de la faire sortir de son cadre; — il songea à Proniéthée, qui ravit le feu du ciel pour donner une âme à son œuvre inerte; à Pygmalion, qui sut trouver le moyen d'attendrir et d'échauffer un marbre; il eut ridée de se plonger dans Focéan sans fond des sciences occultes, afin de découvrir un enchantement assez puissant pour donner une vie et un corps à cette vaine apparence. Il délirait, il était fou ; vous voyez bien qu'il était amoureux.

Sans arriver à ce degré d'exaltation, n'avez-vous pas vous-même été envahi

tiron iier la vie à toutes ces figu res pâles

silencieuses qui semblent rêver triste-

ent sur Toutremer verdi ou le noir

arbonné qui lui sert de fond? Ces yeux,

>nt rétincelle scintille plus vivement

us le voile de la vétusté, ont été copiés

r ceux d'une jeune princesse ou d'une

lie courtisane dont il ne reste plus rien,

s même un seul grain de cendre; ces

iches, entr'ouvertes par des sourires

ats, rappellent de véiitables sourires à

lais envolés. Quel dommage, en effet,

les femmes de Raphaël, de Corr^ftft

coloriée.

A t'aide de fortes lorgnettes notre amoureux scrutait sa beauté jusque dans les touches les plus imperceptibles. Il admirait la tiaesEe du grain, la solidité et la souplesse de la pAte. l'énei'gie du pinceau, ia vigueur du dessin, comme un autre admire le velouté de la peau, la blancheur et la belle coloration d'une mattresse vivante : sous prétexte de) le travail de plus près, il obtint u échelle de son ami le hedea», w,'

, Il usa iiutici une

braire sur Tépaule de la M ade-

ne. Il fut très surpris, au lieu du moel-

IX satiné d'une épaule de femme, de

trouver qu'une surface âpre et rude

mme une lime, gaufrée et martelée en

us sens par Timpétuosité de brosse du

igueux peintre. Cette découverte at-

sta beaucoup Tiburce, mais, dès qu'il

redescendu sur le pavé de l'église, son

ision le reprit.

?iburce passa ainsi plus de quinze ^ dans un état de lyrisme transcenbil, tendant des bras éperdus À js&-

110 LA TOISON DOa.

core à Tangle de la place de Meïr le charmant regard bleu dont nous avons parlé :

cette fois la vision disparut moins vite, et Tiburce eut le temps de voir un délicieux visage encadré d'opulentes touffes de cheveux blonds, un sourire ingénu sur les lèvres les plus fraîches du monde. Elle hâta le pas lorsqu'elle se sentit suivie, mais Tiburce, en se maintenant à distance, put la voir s'arrêter devant une bonne vieille maison flamande, d'apparence pauvre, mais honnête. Comme on tardait un peu à lui ouvrir, elle se retourna un instant , sans doute par un vague instinct de coquetterie féminine, pour voir si l'inconnu ne s'était pas découragé du trajet assez long qu'elle lui avait fait parcourir. Tiburce, comme illuminé par une lueur subite, s'aperçut qu'elle ressemblait d'une manière frappante — à la Madeleine.

La maison où était entrée la svelte fi-

iire avait un air de bonhomie flamande

)ut à fait patriarcal; elle était peinte

)u1eur rose sèche avec de petites raies

lanches pour' figurer les joints de Ui

erre; le pignon dentîculé en marches

escalier, le toit feneslré de lucarnes à

lote, rimposte représentant avec une

Iveté toute gothique l'histoire de Noé

lié par ses fils, ie nid de cigogne, les

ions se toilettant au soleil.

VltCAObV/ \J%, VN/AA v\/&a VBV/y

r%rvKsa\^ ^^xy

jeunesse et de pureté.

Ck)mme il ne vit pas ressortir,* au bout de deux heures d'attente, la belle Madeleine au regard bleu, il en conclut judicieusement qu'elle devait demeurer là ; ce qui était vrai : il ne s'agissait plus que de savoir son nom, sa position dans le monde, de lier connaissance avec elle et de s'en faire aimer : peu de chose ew ^fe-

"-» Oie, ^»<*; ttx, l'avocat (j te moins 5

Aussi d( Tiburce n tudes, con ingénieux i^pproche

shé cinq minutes ; mais le

rave Tiburce n'était pas un Loveiace :

Il contraire, il était hardi en pensée,

mide en action ; personne n'était moins

abile à passer du général au particu-

er, et il avait en affaires d'amour le

lus formel besoin d'un honnête Pandarus

ji vantât ses perfections et lui arrangeât

s rendez-vous. Une fois en train, il ne

3inquait pas d'éloquence; il débitait

9c assez d'aplomb la tirade langou-

fBe, et faisait l'amoureux au moins

Wi bien qu'un jeune premier de S^ks^

0u à la maison, afin d'avoir Toce»^

1 d'arracher son infante du sein des

Dmes et lui prouver ainsi son courage

son dévouement; mais il réfléchit qu'un

impier, plus accoutumé que lui à courir

ir les poutres embrasées, pourrait le

ipplanter, et que d'ailleurs cette manière

3 faire connaissance avec une jolie

mme était prévue par le Gode.

En attendant mieux, il se grava bien

îttement au fond de la cervelle la con-

l^u ration du logis, prit le nom de la rue

à son auberge assez satis-

*tburce, et n'avait-il pas une

de ces bonnes fortunes ordinaires aux

myopes qui prennent les linges pendus

lux croisées pour Técharpe de Juliette

;)enchée vers Roméo, et les pots de giro-

lée pour des princesses en robe de bro-

îart d'or? Toujours est-il qu'il s'en alla

brt joyeux, et se regardant lui-même

>mmeun des séducteurs les plus triom-

ttnts. — L'hôtesse des Armes du Bra-

%i et sa servante noire furent étonnées

Wirs d'Amilcar et de tambour-major

|8e donnait. Il alluma son^*-

»eut boire un verre et même deux ckayer, lire Namouna ou le compte 1 du dernier ballet : il n'y a donc 1 inconvénient à ce que nous le laisseul pour quelques instants : nous »nnons de quoi se désennuyer, si stqu*un amoureux puisse s*ennuyer.

retournerons sans lui, car ce n*est 1 homme à nous en ouvrir les portes, etite maison de la rue Kipdorp, et nous servirons d'introducteur. — vous ferons voir ce qu*il y a derrière *oderies de la fenêtre basse, car premier renseignement nous devons dire que Théroïne de cette Ue habite au rez-de-chaussée, et

celui ^ naturel* >-w^

^ pas o- *'*•

pot

?'.'2fc'?Xï55:r

,„. " '■este rfp , ''"cou/n," ^ 'o"

'fer -"•'""

""^ n>«r*""'°\-Bi.pûi """. no une w»-

«erge verte et de pentes à grandes dents ourlées de galons jaunes; au chevet, un christ dont le bas de la croix forme bénitier, étend ses bras d'ivoire sur le sommeil de la chaste créature.

Un bahut qui miroite comme une glace

à contre-jour, tant il est bien frotté ; une

able à pieds tors posée auprès de la

mètre et chargée de pelotes, d*éche veaux

\ fil et de tout Tattirail do l'ouvrière en

Btelle ; un grand fauteuil en tapisserie,

llques chaises à dossier ài^^

'«Christ 7 ^"''^«''•Stain..

^roii

Un

Peu

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,^Sl^.'-�:::::Z

rusera;""- "'"%*' -"«^Ïr:^"-^

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ne

SI

conserver riniégrité de ses teintes, eût Iravaillé sans inquiétude dans la chtunbre de Gretcheo- La plaque de fonte du fond de la cheminée y reluit comme un bas-relief d'argent.

Maintenant une crainte vient noua saisir: estKie bien l'héroïne qui convient inotrehÉros7 Gretchen est-elle véritablement l'idéal de Tiburce? Totit cel»

n'est-il pas bien minutieux, bien bourgeois, bien positif? n'est-ce pas là plutôt le l'jpe hollandais que le 1 jpe HamaDil, et pensez-vous, en conscience, que les modËles de Itiibens fussent ainsi fuite 7 N'était-ce pas de préférence de joyeuses s, hautes en couleur, abondantes

L4 TOISON S'UK. 123

Les grands maîtres nous jouent souvent de ces tours-là. D'un site insigniflant, ils font un paysage délicieux ; d'une ignoble servante, une Vénus ; ils ne copient pas ce qu'ils voient, mais ce qu'ils désirent.

Pourtant Gretchen, quoique plus mignonne et plus délicate, ressemble vraiment beaucoup à la Madeleine de Notre- Dame d'Anvers, et la fantaisie de Tiburce peut 8*y arrêter sans déception. Il lui sera difficile de trouver un corps plus magnifique au fantôme de sa maîtresse peinte.

Vous désirez sans doute, maintenant que vous connaissez aussi bien que nousmème Gretchen et sa chambre, — l'oiseau et le nid, — avoir quelques délails sur sa vie et sa position. — Son histoire est la plus simple du monde : — Gretchen, fille de petits marchands qui ont éprouvé des malheurs, est orpheline depuis quelques années ; elle vit avec Barbara , vieille servante dévouée, d'une petite rente, débris de l'héritage paternel, et

cheii fait ses robes et ses àtiummm^^ qu'elle passe même chez les Flamands pour un prodige de soin et de propreté, elle peut, quoique simple ouvrière, être mise avec une certaine élégance et ne guère différer des filles de bourgeois:

son linge est fin, ses coiffes se font toujours remarquer par leur blancheur; ses brodequins sont les mieux faits de la ville; car, dût ce détail déplaire à Tiburce, nous devons avouer que Gretchcn a un pied de comtesse andalouse, et se chausse m ccmséquence. C'est du reste une fille

^s détails paraîtront sans doute d'une stocratie médiocre, mais notre héne n'est ni une princesse diplomatique, jne délicieuse femme de trente ans, une cantatrice à la mode; c'est tout [ment une simple ouvrière de la rue )dorp, près du rempart, à Anvers; is, comme à nos yeux les femmes nt de distinction réelle que leur uté, Gretchen équivaut à une dusse à tabouret, et nous lui comptons seize ans pour seize quartiers de noise.

u le Père en tiabit d'empereur, » et

Lt les images gravées sur bois fonl ir la millième fois eod admiration. Si ;emp3 est beau, elle va se promener cAié du fort de Lillo ou de la Tëie de ndreen compagnie d'une jeune iillede

âge, aussi ouvrière en dentelle ; dans emajne, elle ne sort guère que pour T reporter son ouvrage ; encore Bar- B se charge-t-ells la plupart ilu temps :ette commission. — Lue tîlJe de seize

qui n'a jamais songé à L'amour seimprobable eous un climat plus ud : niai« l'atmosplière de Pltmilre, irdÏB par les fades exhalaisons des aux, voiture très peu de partellea

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leur, ressemblent à des odeurs d'infusions aromatiques; les fruits sont aqueux ; la terre et le ciel, saturés d'humidité, se renvoient des vapeurs qu'ils ne peuvent absorber, et que le soleil essaye en vain de boire avec ses lèvres pâles ; — les femmes plongées dans ce bain de brouillard n'ont pas de peine à être vertueuses, car, selon Byron, — ce coquin de soleil est un grand séducteur, et il a fait plus de conquêtes que don Juan.

Il n'est donc pas étonnant que Gretchen, dans une atmosphère si morale, soit restée étrangère à toute idée d'amour, même sous la forme du mariage, forme légale et permise s'il en fut. Elle n'a pas lu de mauvais romans ni même de bons ; elle ne possède aucun parent mâle, cousin, iii arrière-cousin. Heureux Tiburce ! — D'ailleurs, les matelots avec leur courte pipe culpttée, les capitaines au .long cours qui promènent leur désœuvrement, et les dignes négociants qui se

cavalier bien tourné et de figure régulière ; elle l'avait vu plusieurs fois à la cathédrale en contemplation devant la Descente de croix,' et aEiribuait son allilude extatique à un excËis lie dévotion bienédiliant dans un jeune bonime. Tout en faisant circuler ses bobine», elle pensait à l'inconnu de la place de Me'ir, et s'abandonnait à d'innocentes rêveries, — Un jour même, sous l'impression de cette idée, elle se leva, et sani: se rendre compte de son action, fut à son miroir t|u'elle consulta longuement; elle se reg'urdu de lace, de Irots quarts, sous tous /es Jours possiblps. ei Iroiivn. ce i\tt\

était née ; — » amour allait bientôt la suivre.

Mais voici bien longtemps que nous avons quitté Tiburce ; qu'a-t-il fait à l'hôtel des Armes du Brabant pendant que nous donnions ces renseignements sur rouvrière en dentelle ! il a écrit sur une fort belle feuille de papier quelque chose qui doit être une déclaration d'amour^ à moins que ce ne soit uucar\fe\*, ÇA.^ '^^' sieurs feuilles barbo\n\\^«*% c\. ^^\vv\T^J^^^*-

et de travail, rayonnait doucement derrière le vitrage, et l'ombre de la jeune fille penchée vers son œuvre de patience se projetait sur le tulle transparent. Tiburce, plus ému qu'un voleur qui va tourner la clef d'un trésor, s'approcha à pas de loup du grillage, passa la main entre les barreaux et enfonça dans la terre molle du vase d'œillets le coin de sa lettre pliée en trois doubles, espérant que Gretcben ne pourrait manquer de l'apercevoir lorsqu'elle ouvrirait la fenêtre le matin pour arroser les pots de fleurs.

Cela fait, il se retira d'un pas aussi léger que si les semelles de ses bottes

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i;ait àflitrerpar les déchirures du brouillant , lorsque la fenËtre de Gretchen s'entr'ouvril. Gretchen avait encore les yeux noyés de langueur, et la gaufrure îniprimée i sa joue délicate par un pli de l'oreiller attestait qu'elle avaii dormi sans changer de place dans son petit lit virginal, de ce sommeil dont la jeunesse a seule le secret. — Elle voulait voir comment ses chers œillets avaient passé la nuit, et s'était enveloppée à la hâte du premier vêlement venu ; ce gracieux ei pudique désordre lui allait k merveille, et, B) l'idée d'une déesse vd^ Tl%.ïKnT&e.>^ ayec un petit bonnet deXij\\ft Ac'ÎVi«viï«-

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enjolivé de malines et un peignoir de basin blanc, nous vous dirons qu*elle avait Tair de l'Aurore entr' ouvrant les portes de VOrient; — cette comparaison est peut-être un peu trop majestueuse pour une ouvrière en dentelle qui va arroser un jardin contenu dans deux pots de faïence ; mais à coup sûr TAurore était moins fraîche et moins vermeille, — surtout l'Aurore de Flandre, qui a toujours les yeux un peu battus.

Gretchen, armée d'une grande carafe, se préparait à arroser ses œillets, et il ne s'en fallut pas de beaucoup que la chaleureuse déclaration de Tiburce ne fût noyée sous un moral déluge d'eau froide; heureusement la blancheur du papier frappa Gretchen qui déplanta la lettre et fut bien surprise lorsqu'elle en eut vu le contenu. Il n'y avait que deux phrases.

Tune en français, l'autre en allemand; la phrase française était composée de deux mots : — Je t'aime ; la phrase aile-

Vraiment c'était bien la peine de bariHiuiller plus de papier que Malherbe n'en usait k fabriquer une slance, el de boire, sous prétexte de s'exciter l'imagination, une bouteille d'excellent Tockayer, pour aboutir à cette pensée ingénieuse et nouvelle. Eh bieni malgré son apparente simplicité, la lettre de Tiburce était peut-être un chef-d'œuvre de j'oui'i-Jc, à m;'uii qu'elle ne Ti^t une hhk^: — ce qui csi encore possible. Copendani.

n'était-ce pas uu coup de mnltre que de lais^r tomber ainsi, comme unegouiii' de plomb brûlant, au milieu de cette Iranquilliii^ d'Umc, ee seul rani : — Je l'aime, — et sa eliulp nt' iV.\!ùv-c\\ft \)^'-

se réduit à un mot, et Tiburce avait réellement atteint à une grande profondeur on concentrant dans cette courte phrase la rhétorique fleurie de ses brouillons primitifs.

Il n'avait pas signé ; d'ailleurs, qu'eût ' appris son nom ? il était étranger dans la ville, il ne connaissait pas celui de Gretchen, et, à vrai dire, s'en inquiétait peu.

— La chose était plus romanesque, plus mystérieuse ainsi. L'imagination la moins fertile pouvait bâtir là-dessus vingt volumes in-octavo plus ou moins vraisemblables. — Était-ce un sylphe, un pur esprit f un ange «imoureux^unbe^Mca.^v- ^we, un ffis de Mnauier, \in iexxwftXw^,

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