‹ Mademoiselle DafnéChapitre 5 sur 13 · VA · texte numérisé non relu

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paraissant toujours plus naturelle aux femmes que la vérité.

Gretchen n'hésita pas un instant à croire le jeune homme de la place de Meïr auteur du hillet : les femmes ne se trompent point en pareille matière, elles ont un instinct, un flair merveilleux, qui supplée à Tusage du monde et à la connaissance des passions. La plus sage en sait plus long q\ie doxv ^vi^csi ^n^^ ^^ Jiste.

136 Lk TOISON d'or.

Nous avons peint notre héroïne comme une jeune fille très naïve, très ignorante et très honnête : nous devons pourtant avouer qu'elle ne ressentit point Tindignation vertueuse que doit éprouver une femme qui reçoit un billet écrit en deux langues, et contenant une aussi formelle incongruité. —Elle sentit plutôt un mouvement de plaisir, et un léger nuage rose passa sur sa figure. Cette lettre était pour elle comme un certificat de beauté ; elle la rassurait sur elle-même et lui donnait un rang ; c'était le premier regard qui eût plongé dans sa modeste obscurité; la modicité de sa fortune empêchait qu'on ne la recherchât. — Jusque-là on ne Tavait considérée que comme une enfant, Tiburce la sacrait jeune fille ; elle eut pour lui cette reconnaissance que la perle doit avoir pour le plongeur qui l'a découverte dans son écaille grossière sous le ténébreux manteau de l'Océan.

hambre ne lui paraissait pas avoir d'as-

et obscurs recoins, d'assez impénêtra-

ics cacheites pour la dérober aux jeux ;

Ile la mit dans le bahut derrière une

<ile de liage ; mais au bout de quelques

La e a retira ; la letirc tlam-

a rs les planches de l'ar-

con née microcosme du docteur

au dan eau-forte de Rembrandt.

h n h ha un autre endroit plus

ù Ba ba a pouvait avoir besoin de

e u de draps, et la trouver. —

'.Ue prit une chaise, monta dessus et

osa la lettre sur la corriche de acinlil;

! papier lui brûlait les miiins cumiiic

ne plaque de l'er i^ouge. — BavWta. tft-

paraissait avoir une lu^^..

soupçonneuse qui ne lui était pi tuelle. — Enfin la vieille sortit, un panier au bras, pour aller faire son marché. — La pauvre Gretchen respira et reprit sa lettre qu*elle serra dans sa poche ; mais bientôt elle la démangea ; les craquements du papier Teffrayaient, elle la mit dans sa gorge ; car c*est là que les femmes logent tout ce qui les embarrasse. — Un corset est une arnioire sans clef, un arsenal complet de /ïeurs , de traeses de cTaevexnL , ôk^ mfe-

causer le^^ nneâme vi^ traversé d^ ▼aiDe feuiiiç Brûler UQe moral ; dans dance anéai parceUes dr

plus tard, peuvent les faire découvrir et causer leur perte? C'est qu*une lettre est une âme visible; c*est que la passion a traversé de son fluide électrique celte vaine feuille et lui a communiqué la vie.

Brûler une lettre c'est faire un meurtre moral ; dans les cendres d'une correspondance anéantie, il y a toujours quelques parcelles de deux âmes.

Gretchen garda donc sa \e\U^ àîccv%\^ plî de son corset, à cfttë <\'wtvfe ^^\\\fc

kl

— Tiburce avait passe^Ns»

carte de visite.

— Ce bouquet fit beaucoup de plaisir à la jeune ouvrière, qui s'était accoutumée à ridée de Tiburce, et dont Tamourpropre était secrètement choqué du peu d'empressement qu'il avait montré après un si chaud début ; elle prit la gerbe de fleurs, remplit d'eau un de ses jolis pots de Siixe rehaussés de dessins bleus, délia les tiges etMes mit tremper pour les conserver plus longtemps. — Elle fit, à cette occasion f Je premier tn^tv^oti^e de sa vie, en disant à Barbara c\w% e^X^^w-

litecture bizarre ; il resta là fort longivaps, labourant avec un style épointé n méchant carré de vélin. — Gretchen t la morte à son tour; pas un pli ne relua, pas une fenêtre ne s'ouvrit ; la mai- )n semblait endormie. Retranchée dans n angle, elle put, au moyen du miroir e son espion, considérer Tiburce tout à m aise. — Elle vit qu'il était grand, ien fait, avec un air de distinction sur mte sa personne, la figure régulière, oeil triste et doux, la physionomie mémcoUque, — ce qui la toucha beaucoup, ccoulumée qu'elle était à la santé rnbijnde des visages brabançons. — D*aillurs, Tiburce, quoiqu'il ne ÎÙV xv\\«\\\Qti.

un tashionable accompli a uuo^w^^ . ^ aussi naïve que Gretchen : au boulevard de Gand il eût semblé à peine suffisant, rue Kipdorp il était superbe.

Au milieu de la nuit, Gretchen, par un enfantillage adorable, se leva pieds nus pour aller regarder son bouquet; elle plongea sa figure dans les touffes et elle baisa Tiburce sur les lèvres rouges d'un magnifique dahlia ; — elle roula sa tète avec passion dans les vagues bigarrées de ce bain de fleurs, savourant à longs, traits leurs enivrants parfums, aspiran|' à pleines narines jusqu'à sentir son cceufl se fondre et ses yeux s'alanguir. QuanI ^e Be redressa, ses joues scintillaieii

, Dans tout ceci qu est deveuuo «». ..., •ine de la Descente de croix? Elle règne iOujours sans rivale au cœur de notre Jeune enthousiaste; elle a sur les plus belles femmes vivantes l'avantage d*être impossible : — avec elle point de déception, point de satiété! elle ne désenchante pas par des phrases vulgaires ou ridicules ; elle est là immobile, gardant religieusement la ligne souveraine dans laquelle Ta renfermée le grand maître, sûre d'être éternellement belle et racontant au monde dans son langage silen-

sublime génie.

de TEscaut.

Pourtant, voyant qu'il n'avançait guère dans ses amours en peinture, il se fit les raisonnements les plus sensés du monde sur son insigne folie. Il revint à Gretchen, non sans pousser un long soupir de regret; il ne Taimait pas, mais du moins elle lui rappelait son rêve comme une fille rappelle une mère adorée qui est morte. — Nous n'insisterons pas sur les détails de cette liaison, chacun peut aisément les supposer. — Le hasard, ce ^'rand entremetteur, fournit à nos deux amants une occasion très naturelle de se parler. — Gretchen était allée se promeuer, selon son habitude, à la Tête de

Iwrdées f les enteo ce que 4^ gré r^ GretcW elleelf canoU rairri

des meules, tant et si bien qae le soir était venu, et que le passeur avait fait son dernier voya^^e sans qu'elles Teussent remarqué. — Elles étaient là toutes deux assez inquiètes, un bout du pied dans Teau, et criant de toute la force de leurs petites voix argentines qu'on eût à les venir prendre; mais la folle brise emportait leurs cris, et rien ne leur répondait que la plainte douce du flot sur Je sable. Heureusement Tiburce courait des bordées dans un petit canot à voiles ; il idit et leur offrit de les passer !

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' Tiburce n'éprouva pas une iistance de la part de Gretchen. Elle était si pure qu'elle ne se défendit pas, faute de savoir qu'on l'attaquait, et d'ailleurs elle aimait Tiburce; — car, bien qu'il parlât fort gaiement et qu'il s'exprimât sur toutes choses avec une légèreté ironique, elle le devinait malheureux, et l'instinct de la femme, c'est d'être consolatrice : la douleur les attire comme le miroir les alouettes.

Quoique le jeune Français fût plein ^'**^**»«aion8^jpaur elle et la traitât avec j

^*"''"*« ftllft .sentait nirpllp /

Souventil i'ex étrange pendant des heures entières, aynol l'ail' tantôt satisfait, tantôt mécontent. — Ce regard-là n'était pas ie regard d'un amaat. — Gretchen ne s expliquait pas ces façons d agir maiï I. m e elle etu 1 ùre le I l I iil I Tiburte elle hl !n,n alarm m [irfs lu tremeul

Tiburce prétendant que II nom le ijrLtchen était difllLile d | i njnit I cLVriit baptisée Madeleine substitut] i qu elip avait acceptée avec plaisir «e tint vne seirete douceur j tire ipp le

liilTircnt Lomme si elie et i l jour lui

ke\ payait pour l'idéal. — Il kde, ennuyé, ennuyeux, ce que la bonne créature attribuait à des maux de nerfs ou bien à des lectures trop prolongées.

Cependant Gretchen est une charmante fille qui vaut d'être aimée pour elle-même.

Dans toutes les Flandres, le Brabant et le Hainaut, vous ne trouveriez pas une peau plus blanche et plus fraîche, et des cheveux d'un plus beau blond ; elle a une main potelée et fine à la fois, avec des ongles d'agate, une vraie main de print^— perfection rare au pays de ^^»U pied.

tions effrénées, ne cherchez pas descendre les marbres de leurs piédestaux, et n'adressez pas des supplications à des toiles muettes : tous vos peintres et vos poètes étaient malades du même mal que vous ; ils ont voulu faire une création à part dans la création de Dieu. — Avec le marbre, avec la couleur, avec le rhythme, ils ont traduit et fixé leur rêve de beauté : leurs ouvrages ne sont pat les portraits des maîtresses qu'ils avaient, mais de celles qu'ils auraient voulu avoiii et c 'est en vain que vous chercheri»

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»r volume de M. de Lamartine, vous avez dévoré tout ce qui s'est forgé de mètres, aligné de rimes et jeté de strophes dans tous les moules possibles; aucun roman ne vous est échappé.

Vous avez parcouru de l'un à Tautrc bout le monde immense de la fantaisie :

vous connaissez tous les peintres depuis André Rico de Candie et Bizzamano, jusqu'à MM. Ingres et Delacroix; vous avez étudié la beauté aux sources les plus pures : les bas-reliefs d'Égine, les frises du Parthénon, les vases étrusques, les Rculnt lires hiératinues âa Vi

n ont été pour vous que des tableaux plus ou moins réussis ; — pour les belles et les jolies, votre amour était dans la proportion d'un Titien à un Boucher ou à un Vanloo; mais vous ne vous êtes Jamais inquiété si quelque chose palpitait et vibrait sous ces apparences. — Quoique vous ayez le cœur bon, la douleur et la joie vous semblent deux grimaces qui dérangent la tranquillité des lignes : la femme est pour vous une statue tiède.

Ah ! malheureux enfant, jetez vos livres nu feu, déchirez vos gravures, brisez vos plâtres, oubliez Raphaël, oubliez Homère, oubliez Phidias. Duisaue vous n'avez nas

deccW dit jT lone, I^

Faites.^ portier, ,^ électeur goie; a| appelle f geois. Aé chevelif TOUS m

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garder le ephini entre tes deux yeai, car ils devinent ses énigmes. — Mais vous n'êtes paB un grand génie; so'jez simple

dit Jean-Paul, ne demaoïlca ni clair de lune, ni gondole sur le lac Majeur, ni rendei-vDUE à risola-Bella.

Faites- vous avocat philanthrope ou portier, mellei vos ambitions à devenir électeur et caporal dans votre compagnie; nyez ce, que dans le monde on appelle un état, devenez un bon bourgeois. A ce mot, ituii doiile, votre longiue chevelure va 8e hérisser d'horreur, car vous avet pour le bourgeois le même mépris qo? le Bur^ch allemand professa

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tcaux en Espagne elle élève et renverse !

La voici qui rougit et qui pâlit, qui a chaud et qui a froid comme Tamoureuse de rode antique ; sa dentelle lui échappe des mains, elle a entendu sur la brique du trottoir un pas qu'elle distingue entre mille, avec toute l'acutesse de perception que la passion donne aux sens; quoique vous arriviez à l'heure dite, il y a longtemps que vous êtes attendu. Toute la journée vous avez été son occupation unique; elle se demandait : Où est-il maintenant? — que fait-il? —pense-t-il à moi qui pense à lui? — Peut-être est-il

aleureux

-Un mieux aimant ; car , hélas ! pour faut n'en pas resous avez de sangjamais la limpidité en ce. — En vérité, aleur âi^iYAowd et

la glace véri^^ chement; ei^^ yeux onclueujç'' blonds, le fro^. .^i >v^vV figure de U^V'VV

LA TOISU.X O'oil. i:iT

ià une méchante action; nous sommes fâché de vous le dire.

Gretchen n*était pas heureuse; elle devinait entre elle et son amant une ri< vale invisible, la jalousie la prit : el!ri épia les démarches de Tiburce, et \it qull n'allait qu'à son hôtel des Armes du Brabant et à la cathédrale sur la place de Meïr. — Elle se rassura.

— Qu'avez-vous donc, lui dit-elle une fois, à regarder toujours la figure de la sainte Madeleine qui soutient le corps du Sauveur dans le tableau de la Descente de croix ?

— C'est qu'elle te ressemble, avait répondu Tiburce.

Gretchen rougit de plaisir et courut à la glace vérifier la justesse de ce rapprochement; elle reconnut qu'elle avait ks yeux onctueux et lustrés, les cheveux blonds, le front bombé, toute la coupe de figure de la sainte.

— C'est donc pour cela que vous m'ap*

«^"^i"'" fit de vertueux

ait une det-

,a*édraVe, et par son ^ j)escente ««

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de départ en t»^^

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lugubres, et leurs auréoles ne lançaient plus que des lueurs plombées : la lividité de la mort s'était étendue sur cette toile naguère si chaude et si \ivace.

Tiburce fut touché de l'expression de suprême tristesse répandue sur la physionomie de la Madeleine, et sa résolution de départ en fut ébranlée. Il aima mieux l'attribuer à une sympalVùe Çi<iç.\3\V.^ o^s^V un jeu de /umière. — Le t^mç^ ^V^^^. SK^^'^-

et un filet de jour trempé d'eau brouillard filtrait péniblement à travers les vitres inondées et fouettées par Taile de la rafale; cette raison était beaucoup trop plausible pour être admise par Tiburce.

— Ah ! se dit-il à voix basse, — en se servant du vers d'un de nos jeunes poètes, « comme je t'aimerais demain si tu vivais ! » — Pourquoi n'es-tu qu'une ombre impalpable, attachée à jamais aux réseaux de cette toile et captive derrière ice couche de vernis? — Pour-

JB portes du ciel; descends ^(¥^98 ëdresse-toî dans ta longue jupe de satin rert; car il y a longtemps que tu es agenouillée devant le sublime gibet ; les saintes femmes garderont bien le corps sans toi et suffiront à la veillée funèbre.

Viens, viens, Madeleine, tu n'as pas versé toutes tes buires de parfums sur les pieds du maître céleste, il doit rester assez de nard et de cinname au fond du vase d'onyx pour redonner leur lustre à tes cheveux souillés par la cendre de la < pénit ence. Tu auras comme autrefois des *^^ Ias. des pages nègres et des j

le gémissement d'une colombe mort, résonna tristement dans l'air. — Tiburce crut que la Madeleine lui a\ait répondu.

C'était Gretchen qui, cachée derrière un pilier, avait tout vu, tout entendu, tout compris. Quelque chose s'était rompu dans son cœur: — elle n'était pas aimée.

Le soir, Tiburce vint la voir; il était pâle et défait. Gretchen avait une blancheur de cire. L'émotion du matin avait fait tomber les couleurs de ses joues, poudre des ailes d'un papillon.

— Dispose

Elle alla

Brabaiit p(

de dépai't ; linge et set petite cha

siies les plus insignifiants, de compassion et d'intelligence; ils craquaient douloureusement et rendaient des sons lugubres. Le fauteuil étendait ses grands bras désœuvrés; le houblon du treillage passait familièrement sa petite main verte par un carreau cassé; la bouilloire se plaignait et pleurait dans les cendres ; les rideaux du lit pendaient en plis plus fiasques et plus désolés ; toute la chambre semblait comprendre qu'elle allait perdre sa jeune maîtresse.

Gretchen appela sa vieille servante qui

»it sftR ftlp.fs fit. Iar titrps !/

)gis de Tiburce étonna b ie Anversoise, accoutum ï et à l'exaciilude flama 16 de luxe et d'abandon re ses iàéet. — Ainsi une h< i incurnatlin était jctéesur table boiteuGo; de iiiag [Lbres du goilt le plus ili mt pas déparé le boudo

blés bobèches de verre i tMugie avait fait i^vlater en

W*^*" Sc»e«*« ^'tfîW »<*^'"'" Sa \e ••eços qu® ^" fe. cotn»® " 4e ce ^<^^\.

indant.

, quoiqu'il parûl

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n de vie plus hum

nable,

il était souvenl

upé;il restait des journé

n diïan, flanqué de deu

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s sonner moi, les

, les t.

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toujours à la

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l'absence la lui U

iisait tentatrice. — Dans un édule, Tiburce aurait vu là )re machination de celui qui lœrens quem devoret; il se grifife du diable sur Tépaule nent ensorcelé, se fait-il que Tiburce, aimi'î îlle charmante, simple d'eslle de cœur, ayant la beauté, a Jeunesse, tous \es ^xm

Dcos jetait so,j de rinfini? l'ahi^ tisme et Timpog^ Unjour,Tibut de Gretchen pot tira une jupe et antique, en satii forme surannée — Il pria (iretc

iméa obscurément par quelque hum- :Œur, landis que nous cherchions de hautes amours? n'avous-nous pas lauxpiedsunepàle violette au parfum le, en cheminant les yeux baissés une étoile brillante et froide qui Jetait son regard ironique du fond nfini? l'abîme n'a-t-il pas son magnéset l'impossible sa fascination?

I jour, Tiburce entra dans la chambre retchen portant un paquet, — il eji une jupe et un corsage à la mode tue. en satin vert, une chemisette de éeol 110 (il ilu^rissifs perli^s.

lier a ra\ii' ei ae les garoei

Jôn ; il lui dit par manière d'e] ifuMl aimait beaucoup les costumes du seizième siècle, et qu'en se prêtant à cette fantaisie elle lui ferait un plaisir extrême. Vous pensez bien qu'une jeune tille ne se fait guère prier pour essayer une robe neuve : elle fut bientôt habillée, et, quand elle entra dans le salon. Tiburce ne put retenir un cri de surprise et d'admiration.

Seulement il trouva quelque chose à redire à la coiffure, et, délivrant les cheles dents du peigne, il les

'extraordinaire, vu ce qu'on û\e des tableaux vivants. On choisit »lus belles actrices du théâtre, on les lie et on les pose de manière à reproe une peinture connue : Tiburce lit défaire le chef-d'œuvre du genre, ous eussiez dit un morceau découpé i toile de Rubens.

Uchen fit un mouvement, ^e bouge pas, tu vas perdre la pose ;

is si bien ainsi ! cria Tiburce d'un

fpliant.

luvre fille obéit et resta im»»-^'"

Ire; ma figure vous platt [ne souvenir de votre maîtresse le : vous voyez en moi un joli manlin que vous drapez à votre fantaisie ; > je vous le dis, le mannequin souffre )us aime...

burce essaya de l'attirer sur son cœur,

elle se dégagea et continua :

Vous m'avez tenu de ravissants pro-

Vamour, vous m'avez appris que

Vbelle et charmante à voir, vous

\ué mes mains et prétendu qu'une

)f avait pas de plus mi(

^tion et vous prêtait c<

jtctice; elle vous répondait par ma iouche; je lui prêtais la vie qui lui manque» et je servais à compléter votre illusion. Si je vous ai donné quelques moments de bonheur, je vous pardonne * le rôle que vous m'avez fait jouer. — Après tout, ce n'est pas votre faute si vous ne savez pas aimer, si l'impossible seul vous attire, si vous n'avez envie que de ce que vous ne pouvez atteindre. Vous avez l'ambition de Tamour, vous vous sur vous-même, vous n'aimerez — «^t la perfection, l'idéal

LA TOISON O'OE. ITo

inquiétez du gruiii de sa peau, du ton de ses cheveux, de la finesse de ses poignets et de ses chevilles, de son cœur jamais.

— Vous n'êtes pas amoureux, mon pauvre Tiburce, vous n'êtes qu'un peintre. — Ce que vous avez pris pour de la passion n*était que de l'admiration pour la forme et la beauté; vous étiez épris du talent de Rubens, et non de Madeleine; votre vocation de peintre s'agitait confusément en vous et produisait ces élans désordonnés dont vous n'étiez pas le maître.

De là viennent toutes les dépravations de votre fantaisie. — J'ai compris cela, parce que je vous aimais. — L'amour est le génie des femmes, — leur esprit ne s'absorbe pas dans une égoïste contemplation ! Depuis que je suis ici j'ai feuilleté vos livres, j'ai relu vos poètes, je suis devenue presque savante. — Le voile m'est tombé des yeux. J'ai deviné bien des choses que je n'aurais jamais soupçonnées. Ainsi j'ai pu lire clairement

deux jo»« ^ ^„ive : en

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