‹ Mademoiselle de Rohan (volume 2)Chapitre 38 sur 39 · SN PRÉSENCE · texte numérisé non relu

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lui prenait fantaisie, ce que je ne crois pas, de se ranger dans un parti contraire.

« — Ce ne serait pas chose nouvelle en France, madame, dit la reine, lasse de sa longanimité, que de s'armer contre l'autorité royale.

« — Je ne le sais que trop , répondit la duchesse avec une froideur désespérante; et j'ai été témoin des larmes qu'a versées le duc de Rohan en chaque circonstance où ia mauvaise foi du ministre, trompant la religion du roi, obligeait ceux du culte évangélique à courir aux armes contre leur volonté, mais pour la défense de leur culte et de leurs droits acquis.»

La réplique valait l'attaque; la reine en mordit ses lèvres , et son regard ne s'en alluma que plus. Le cardinal se hâta de venir à son aide, et affectant de sourire :

« Allons, allons, madame la duchesse, faites au moins la part de ce nouveau règne : les lois n'ont jamais été mieux exécutées, les

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protestans plus protégés ; ce ne sera pas le gouvernement de sa majesté qui les excitera à la sédition, mais d'autres intérêts pourront donner un caractère à la guerre civile. Voulez-vous y coopérer par l'assistance des grands biens et de la parenté de mademoiselle de Rohan ?

a — Dieu m'en préserve ! M. le cardinal ; ni moi, ni ma fille, ni mon gendre ne nous détournerons de notre devoir... Quant à ce qui est, non plus, de manquer à ma parole, en vérité, je ne le peux ; il n'y a pas pour nous, sur ce point, de dispenses de la cour de Rome.

« — Voilà, reprit Mazarin avec plus de gaîté, une pierre jetée malignement et sans raison dans le jardin des catholiques; je m'en formaliserais si je ne me ressouvenais de tant de sermens, jurés par ceux de votre culte, rompus du consentement de vos ministres. Ceux-là aussi ont reçu de Calvin mission de relever de ce qui gêne en politi-

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que; et je crois que si on s'adressait à eux les mains pleines, on en obtiendrait une décision consistoriale qui mettrait votre conscience en repos touchant ce que vous avez promis au prince de Savoie. >' . ..

Cette plaisanterie dérida momentanément le froiit de Ja reine, et le cardinal s'en applaudit ; mais elle ne rompit pas la glace du front de la duchesse , qtii, toujours sans s'animer davantage, se tourna vers sa majesté et lui demanda quels dr^drés encore elle avait à lui donner. '^'*^'>n'^'^ ^'^^''^1 ^'^^- ""P "'^^'^^^^

« C'est votre congé que vous sollicitez, madame, repartit la reine; vous croyez, en vous éloignant du Palais-Royal, être quitte de ma volonté; eh bien! il n'en sera rien: je vous défends de passer outre au mariage de la duchesse Marguerite , votre fille, sous peine d'encourir mon indignation et de la faire retomber sur la tête du prince Louis de Savoie. Vous m'avez entendue... vous êtes libre. Allez, madame, une quatrième revoit»

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