DU DIABLE
qu'elle souhaitait ; ses soins, ses insistances échouèrent au début. Le reproche muet du portrait de monsieur de Rohan tonnait avec force dans l'âme de la duchesse; et peut-être trouvait-il des échos dans un reste d'orgueil de sang.
LTXPLICATIOX DIFFICILK.
DaDis uoUre ioténH. nous voudrions voir en aa'.r^i iea qualités dont nous ne voulons pa&.
Madame de Pieime demeura à dîner à Thôtel de Bohan. Vers le s jir et comme l'on se préparait à descendre dans le jardin, on vit déboucher par la porte triomphale delà Place-Royale qui domie sur la rue Saint-An-
l'explication difficile. 181
toine, une cavalcade nombreuse tpute de gentilshommes; elle environnait un carrosse que beaucoup de livrée accompagnait.
«Voilà monsieur le prince Louis de Savoie,» dil mademoiselle de Polduc.
Mademoiselle de Rohan retint un cri de saisissement prêta lui échapper ; ellenedouta pas que le prince ne vînt chez elle,etpour éloigner cette entrevue redoutable, on la vit d'un pas précipité sortir de l'appartement, traverser la cour et ne s'arrêter qu'au fond du bosquet situé à l'extrémité du jardin. La compagnie avait peine à la suivre, tant .'^a course était rapide.
Parvenue à ce lieu écaité, elle se laissa tomber sans force sur un banc de gazon. Madame de Pienne,qui avait engagé mesdemoiselles de Polduc et de Chabot à demeurer en arrière, suivait seule la duchesse, la conjurant de se vaincre, de commander à sa faiblesse et de songer que maintenant elle avait besoin de beaucoup de courage.
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« Vous êtes, continua-t-élle , dans l'heure fatale où votre avenir se fixera ; il dépend de vous de choisir; tâchez surtout de montrer que vous êtes la fille du votre père, de ce héros dont tantôt vous admiriez l'énergie.
« — Il ne manqua jamais à sa parole et ne rompit point volontairement ce qu'il avait juré de tenir. '>'ip ^«^i «^
« — C'est, reprit madairne dePienne, en cherchant à donner a la conversation une tournure moins sérieuse, parce qu'il ne s'enga^'jeait qu'après avoir mûrement réfléchi ; celui-là ne se serait pas laissé surprendre comme vous l'avez fait. Quel temps Vous donna-t on pour méditer votre réponse.^ aucun ; vous fûtes, pour ainsi dire , violentée.... iVlais j'entends un grand tapage sous la voûte d'entrée de l'hôtel ; l'ennemi est proche.... Duchesse de Roh^tn , prenez garde à vous. »
En effet , on entendait dans la cour le bruit du carrosse, le piétinement des chevaux , les
voix des gentilshommes s'appelant réciproquement. Victorine et Marie, sa compagne, à ce tumulte qui leur annonça l'approche du prince Louis , crurent de leur devoir de s'avàhcer vers la duchesse. A peine Tavaientellès rejointe, lorsque le chevalier de Kersan parut, conduisant le prince, que deux ou trois officiers de sa maison suivirent jusqu'au milieu diï jardin et se retirèrent auprès de leurs camarades, sur Tordre qui leur en fut intimé par leur maître.
La duchesse, embarrassée,émue, honteuse même, ne pouvant plus éviter la présence de son futur époux , se leva, fit vers lui deux pas et Faccueillit avec auiant de crainte que de réserve, bien différente de lui, qui, cortain de son bonheur et la figure rayonnante, accourait rempli de joie. Il se prosterna presque aux genoux de la duchesse, et profitant des droits qu'il croyait avoir sur elle, sorlit des bornes du respect en se permettant de lui baiser la main.