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naiit toutefois que mademoiselle de PtoLan manquât à son devoir du moment , qui était de la reconduire.... Si celle-ci ne le fit pas, c'est quelle gisait évanouie sur le parquet du salon.
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LES DEUX PRIXCES.
Chaque homme fait son rang, le rang ne fait pas l'homme.
{Morale des Orientaux).
« Et je ne tirerai pas une vengeance éclatante d'une telle insulte ! et je n'en ferai pas repentir tous ses auteurs!
« — Cela dépend de votre altesse royale.
« — On verra ce que c'est que de s'attaquer à Poncle du roi , au lieutenant-général de l'état et royaume de France.
« — Un acte d'éclat de monseigneur épouvantera ses ennemis.
« — On compte sur ma bonté ; je ne veux plus qu'on la prenne pour de la faiblesse.
« — Agissez, monseigneur; agissez.
« — Oui , sans doute , j'agirai ; mon repos enhardit tout le monde ; aussi , chacun me manque, jusqu'à ce petit monsieur de Chabot.
a — Il y a long-temps que je tache, d'en faire apercevoir votre altesse royale.
«—Quitter mon service et passer à celui de monsieur le prince ! où est l'avantage? ne suis-je pas son supérieur? Ah! Chabot veut épouser la duchesse de Rohan , en rivalité avec le prince Louis de Savoie, que je protège! parbleu! nous verrons; que je le rencontre au Palais-Royal, je le ferai 'jeter par
la première fenêtre trouvée. Qu'en penses-tu , La Rivière ?
« — Monseigneur , là où Ton ouvre un avis de mort, je me récuse : Ecclesia abhorret sanguine.
« —Oh bien ! moi, qui suis homme d'épée, je ne prendrai d'avis que de ma colère.... Qu'en dira monsieur le prince?
« — Il ne sera pas content.
« — C'est un avantageux qui se croit mon égal , parce qu'il remporte des victoires ; il a des manières brusques , inciviles ; j'ai peu .de plaisir à discuter avec lui.
«—Il est brutal et capable de tout lorsqu'on l'irrite , ajouta l'abbé de La Rivière , comme pour compléter la phrase du duc d'Orléans, et ayant néanmoins une arrière intention.
« — Oh! je le sais...; je le sais.... C'est pour me narguer qu'il appuie Chabot; nous le verrons hautement prendre sa défense...'. Tous mes amis me seront nécessaires; la reinç,
d ailleurs, le cardinal s uniront à lui; il y aura du péril, et ceci mérite réflexion. »
Le prince se mit à siffler en se promenant : c'était sa coutume , dit le cardinal de Retz dans ses Mémoires , chaque fois qu'il était prêt à faire un pas rétrograde; il semblait que Monsieur se rendit justice à lui-même. L'abbé de La Rivière souriaitintérieufement; il connaissait son maître, qui, reprenant la parole :
« Les femmes sont sans raison. Conçoistu que l'on balance entre le prince Louis et Chabot?
« — Non , monseigneur.
« — Ce doit être un caprice, une fantaisie, et pas un amour solide.
(( — Certainement.
« — Si la duchesse savait tous les soucis, les chagrins , les peines , les tracas dont est accompagnée l'envie Je prendre mari ou femme contre la volonté de nos parens,elle en serait effrayée. »
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Le prince baissa la voix en regardant aiilour de lui.
« Que mon exemple lui serve de règle. Je pense que si tu allais la voir de ma part , que tu lui exprimasses le dépit qu'elle me cause , si tu lui contais ma propre histoire , ses yeux s'ouvriraient assurément.
à — Je crains que non.
« — Et pourquoi , drôle ?
« — Monseigneur, les aviez-vous ouverts lorsque vous épousâtes la princesse de Lorraine ?
« — Oh! ce n'était pas de l'espèce de Chabot.
« — Mademoiselle de Rohan , non plu 57 n'est pas de l'espèce du sang de France.
« — Baste, les Rohan s'imaginent des chimères.
« — La duchesse Marguerite a plus d'humilitc.
« — N'importe , vas chez elle. .
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« —J'y cours... Mais, monseigneur, si j'y trouve monsieur le prince?
« — Tu le salueras de ma part.
a — Et s'il se permet des reproches ?
« — ïu as de l'esprit, tu répondras.
« — S'il passe aux voies de fait ?
a — Tu es prêtre , tu l'excommunieras.
« — Et vous, monseigneur, que fere!z-vous pour votre serviteur?
« — Tais-toi. Voilà comme tous vous êtes : trembleurs quand il faut me servir, ou bien ardcns à me compromettre. Puis-jeme colleter avec monsieur le prince? mon rang s'y oppose : je suis fils de France, lui vient de plus loin.... J'irai au Palais-Royal; la reine m'entendra; je tonnerai contre le cardinal... J'entends du bruit dans la cour, des carrosses, des chevaux : c'est le Mazarin. Ah! pardieu! le voilà à recipiscence. Je savais bien que je leur ferais peur et qu'il se résoudrait à compter avec moi.
« — Monsieur le prince, annoncc-l-on.
« — Monsieur le prince ! s'écria Gaston d'Orléans, et il se mit à pâlir ; puis , saisissant avec vivacité le bras de l'abbé de La Rivière :
« — Vas, dit-il, chez madame, la prier, si elle n'est pas trop malade ( car elle l'est toujours ), de venir auprès de moi; si elle est indisposée , qu'elle vienne toujours ; elle me rendra service : en sa présence, je contiendrai mieux ma colère. Dis, en passant, âmes officiers qu'ils accourent en grand nombre; j'aime à me présenter avec la foule de mes amis. »
L'abbé s'éloigna , prenant pitié de la faiblesse incurable de son maître , et celui-ci demeura en proie à une agitation extrême , qu'il s'efforça de déguiser sous une froideur cérémonieuse.
Monsieur le prince , annoncé bien avant qu'il panit, entra accompagné des ducs de La Rochefoucauld , de Bouillon , de Brissac, de Noirmoutiers , du prince de
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Marhillac, du comte de Châtillon cl du marquis de Senneterre. Cette brillante compagnie rassura peu le duc d'Orléans, qui ne se sentit à l'aise que lorsque le comte de Montresor , le vicomte d'Autel, le comte de Fiesque et dix ou douze autres seigneurs de son intimité vinrent à lui d'une porte intérieure ; il était dans sa bibliothèque , appelée alors le cabinel des livres.
Monsieur le prince aborda le duc d'Orléans avec cette cérémonie dont il ne se départait jamais , bien qu'elle fût neutralisée par sa mine fîère et moqueuse; il lui demanda des nouvelles de sa santé , de celle de ]>îadame , et finit par lui désirer autant de bonheur qu'il en méritait. Ceci pouvait passer pour une épigramme.
Monsieur, pour gagner du temps et afin de laisser à la duchesse d'Orléans le loisir d'arriver, allongea sa réponse au moyen d'une foide de lieux communs, ce qui du reste lui était d'autant plus facile, qu'il par-