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pour de l'amour une galanterie futile
« — Madame, dit le prince, en se hâtant de profiter de l'avantage que l'inexpérience de mademoiselle de Rohan lui offrait, votre doute est assez important pour qu'il soit de toute justice de l'éclaircirle plus tôt possible, et la chose souffre d'autant moins de difficulté, que là, dans votre antichambre, et parmi mes gentilshommes, il en est ui\ dont l'opinion aura beaucoup de poids ici. Vous plairait-il que je l'appelle? »
Et en même temps, le prince marcha vers la porte. Mademoiselle de Rohan devina de qui il parlait, et l'assurance que monsieur de Chabot était aussi près acheva de la plonger dans une mer d'inquiétude, de frayeur et d'émotion; elle voulut arrêter le prince, l'empêcher d'accomplir son dessein; mais elle se trouva sans voix, un nuage douloureux couvrit sa vue, et lorsqu'il se dissipa, monsieur le prince avait repris sa première attitude auprès de la cheminée, madame
de Pienne se tenait debout devant la duchesse, et aux genoux de celle-ci était le comte de Chabot.
Les yeux de mademoiselle de Rohân se refermèrent soudain aussitôt qu'ils eurent vu ce qui les frappa si péniblement. « Laissez-moi, monsieur, dit-elle ensuite au comte; est-ce à vous de triompher de ma faiblesse, à l'aide d'une protection aussi puissante ? et une marque de ce que vous appelez votre amour consiste-t-elle à me couvrir de honte, à m'attirer les reproches de ceux qui me sont les plus chers?
« — M'accablerez-vous par d'aussi cruels reproches? lui fut-il répondu avec impétuosité, avec une voix remplie d'expression et de larmes; suis-je coupable pour avoir cherché à m'assurer le bien le plus précieux de tous? est-ce une faute que de prendre en témoignage de mon amour un héros, l'objet de l'admiration de toute la terre? et si j'ai quelque avantage qui me rende digne d'un
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excès de votre bonté, ne le devrais-je pas à celle qu'il me porte, à son amitié, qui fait ma gloire, comme la vôtre, si elle ne m'est pas déniée, fera mon bonheur?... .Mais non, je vous suis odieux, et mon audace ne me sera point pardonnée.
a — Madame la duchesse, dit le prince de Condé, a plus de générosité véritable que vous ne le croyez, mon cher Henri; elle mettra de la vertu à faire preuve de franchise; et si elle excuse mon insolence, j'oserai lui dire qu'elle n'agit pas envers vous en homme qui lui est indifférent.
« — Ah! prince, que dites-vous? s'écria la duchesse: quoi! vous interpréteriez
« — Calmez-vous, ma belle parente, repartit madame de Pienne : monsieur le prince est accoutumé à la rudesse des camps; sa franchise ne ménage rien.
« — Et vous aussi, marquise, répliqua la duchesse, tandis que des pleurs remplirent
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ses yeux, aidez à ma perte et n'hésitez pas à me couvrir de coufusion.
« — Je suis donc bien indigne des efforts de cette double amitié, dit à son tour monsieur de Chabot à la duchesse, puisque vos reproches s'adressent à ceux qui me la manifestent! Hélas! naguère encore je me flattais d'avoir votre estime; je me trompais. Il ne me reste donc plus rien?
(f — Vous exigez trop, répondit mademoiselle de Rohan : mon estime, que vous possédiez j ne vous a pas suffi...
« — Je ne la possède donc plus? dit avec impétuosité et en l'interrompant par un délire d'amour le comte de Chabot; elle m'est donc ravie? Ainsi, je perds à la fois tous les biens que je possédais.
« — Soyez sage , monsieur ; laissez-moi tranquille , et vous n'aurez pas à vous en repentir.
« — Mais que deviendrai-je si vous épousez le prince de Savoie? et comment ne l'épou-