‹ Mademoiselle de Verdun (volume 2)Chapitre 18 sur 47 · ENTRÉE DANS LE MONDE · texte numérisé non relu

ENTRÉE DANS LE MONDE

temps de François 1"', la mode, pour toutes les femmes, était de paraître grosses ; aujourd'hui, les jeunes filles cherchent à passer pour des veuves consolées.

La duchesse de Ghalux lança cette petite méchanceté avec un sourire de parfaite bonté en jouant de son éventail ; puis elle se retourna du c6té de monsieur de Balandry qui s'avançait vers elle ; le marquis de Polvil la quitta aussitôt, et lui dit seulement en s'inclinant, comme s'il eût eu à lui raconter quelque secret :

— Vous êtes délicieusement méchante, madame la duchesse.

Madame de Chalux parut fort contente d'elle-même, elle avait fini sa conversation avec M. de Polvil par quelque chose de piquant, par ce qu'on est convenu d'appeler un trait, et le marquis, en se retirant, avait parlé assez haut pour que M. de Balandry entendit la phrase qu'il adressait à la duchesse, et crût devoir s'enquérir du sens qu'elle renfermait.

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— Je m'avance en tremblant, madame, ditil en feignant un air de crainte ; le compliment que vous adresse M. de Polyil, au moment où je m'approche de vous, me fait une peur horrible d'{ivoir donné lieu à queiqtêe délicieute méchanceté. ^

— Vraiment , monsieur de Balandry, pouvez-vous croire que nous nous soyons oiccupée de vous ; pensez-vous que l'on ne puisse être délicieusement méchante qu'en parlant de vous?

— M'est-il alors permis , madame la duchesse, de vous demander de qui vous vous occupiez, quel heureux mortel vous donnait l'occasion de paraître délicieusement méchante?

— Vous êtes d'une curiosité d'écolier aujourd'hui, monsieur de Balandry ; vous mériteriez que je ne vous répondisse pas ; mais je ne vous punirai point dans votre péché capital; apprenez donc qu'il n'était question, ni d'un mortel heureux, ni d'un mortel malheu-

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