‹ Mademoiselle de Verdun (volume 2)Chapitre 37 sur 47 · PC · texte numérisé non relu

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Ion , vous n'avez pu prendre pour de ;s compliments les quelques paroles que pu vous dire. Non, madame , vous n'apu vous tromper à ce point, que la tte expansion d'une âme vivement imisionnée et vraie, passât près de vous r le fastidieux bavardage de quelque aoccupé. Sans le vouloir, peut-être, j'ose )re le croire , madame, vous m'avez vient affligé. Montrez-moi, en consentant truire le doute qui m'accable, que vous

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H ne doutez ni des sentiments que je yous ai )> exprimés, ni d^un attachement qui, pour n être respectueux , n*en est pas moins vif et » moins inquiet.

)» Vicomte d'Aigvebslls. »

Oh ! je ne partirai certes pas , se dit la vicomtesse de Baudrimottt, comme pour se raffermir encore plus dans une résolution déjà hien arrêtée. Je ne quitterai point Paris; M. d*Aiguebelle pourrait penser que je k crains et que je le fuis; ce serait le comble de rinfortune : non, je demeurerai ici en présence des dangers et des ennuis qui viendront sûrement m'y assaillir, je me sens assez forte pour résister à tous, ces orages.

Puis elle remit la lettre du vicomte d'Aiguebelle dans une enveloppe, et la lui renvoya sans une ligne, sans un mot de son écriture, sans lui témoigner autrement que par ce renvoi son indignation et sa colère.

Deux fois , dans ses promenades du soir

AOITATIORS. 205

Champs-Elysées et au bois de Boulogne , e crut apercevoir près de sa voiture la figure de Georges, tournée de son c6tc. : fois elle tressaillit sous un regard triste olongé , qui ne pouvait être que le sien ; spuîs lors, elle dirigea toutes ses promes vers le bois de Boulogne , et chaque *lle chercha parmi les promeneurs qui ient SOUS' ses yeux, Fhomme auquel son ion innamable n'osait accorder aucun

tas ! si Geoi^s s'était trouvé par une de

laves nuits de juillet, seul avec elle, em-

sous les verts ombrages des forêts, dans

ture qui chaque soir la promenait ré-

et solitaire ; si tous deux près Tun de

?, à la tremblante clarté des étoiles, ils

it repris leur dernière conversation ; si

leux baignés par le même souffle d*air,

eux respirant les mêmes voluptueuses

lisons qui s'élèvent des plantes, des ga-

t de la végétation des arbres; si dans la 2 18

306 AGITànORS.

séduction d'un pareil moment, leurs mains s'étaient rencontrées , leurs regards s'étaient croisés ; alors ! 6 alors ! nulle puissance humaine, nul respect des lois divines ne les eût empêchés de se précipiter dans les bras Fun de l'autre ; de se dire : Je t'aime d'un amour que je porte en mon cœur, depuis les années de mon adolescence ; j'ai beaucoup de chagrins à te raconter, et j'en ai beaucoup à consoler en ton âme; sais-tu tout ce que j'ai souffert à vivre séparé de toi; sais -tu combien mon pauvre cœur a saigné pendant toutes ces années que nous avons perdues ?

Le bel ange déchu, qui préside aux séductions , les agitait tous deux des mêmes émotions, leur apportait les mêmes paroles dan-' gereuses et douces. Marie se sentait à peine vivre, elle éprouvait une oppression sous laquelle elle fléchissait sans résistance, et bien des fois elle s'était déjà avoué , d'abord avee effroi, puis avec une agitation qui n'était pas sans charme, que si Georges venait à paraître;

si Georges lui demandait tous les trésors Dur de son cœur, toute sa vie , son dement ; que s*0 fallait pour lui obéir se r à une vie méprisée , descendre de Tesoù chacun la tenait, supporter les regards igneux du monde ; eh bien ! que tout cela e ferait ; que tout cela elle l'accepterait joie, pour quelques jours de félicités près

e me font à moi, pensait-elle, et les froi- >nyenances d'un monde auquel je ne dois car il ne m'a rien donné; que me font et pris et les regards dédaigneux d'une que je connais à peine? Pourvu que lui, es, Georges que j'ai aimé quand je sorpeine de l'enfance; que j'ai aimé malgré aement , malgré tout ce qui s'opposait amour, ne me dédaigne, ni ne me mépourvu qu'il ne me reproche jamais ce urai fait pour lui.

ie jusqu'à ce jour si pieuse , si profont religieuse , si saintement croyante ,

308 AGITAnORS.

n*08e plus s'inclioer devant son crucifix, elle n'o9e plus s'interroger en présence de Dieu ; elle sait sa culpabilité ; mais un pouyoir plus fort que tous ceux dont elle a éprouvé Fempire, la gouverne, la domine, la conduit malgré elle, lui fait avoir des volontés , des consentements intérieurs qu'elle se reprochera plus tard. Marie s'est laissé enivrer aux passions d'ici-bas, elle a déserté le sanctuaire où s'épanche la ferveur de l'amour divin , pour suivre les sentiers de l'amour humain. Et cependant il ne vient pas un seul remords la troubler dans ces fêtes de son imagination, elle les étouffe tous, car elle aime, non pas de cet amour de salon que l'on prend et que l'on quitte au gré d'un caprice, mais de cet amonr qui emplit toute une existence, qui en décide, qui pousse au crime ou aux grandes actions, suivant la destinée qui lui est faite ; de cet amour, qui se rencontre rarement dans notre société abâtardie.

C'est à de tels amours que Dieu réserve les

pences sans fin de son inépuisable bonté, ïul connaît le secret des cœurs , et ceux »nt vécu dans la culpabilité d*une faute, ent espérer leur pardon s^ils sont desus dans leur erreur, par l'effet d'une pasvéritable.

Craintes (t 3ùU.

Chmttty souffrir, c'est le destin mortel De tout génie, ange, poète ou femme!

RoosA ss Bbautoia.

nois de juillet touchait à sa fin , une tude plu$ vive agitait les esprits, la le de la France était, pour ainsi dire, \ée en deux camps , dans l'un desquels «osaient avec une sorte de tranquillité que ceux qui tenaient pour le parti du indis que dans Tautre on avait enrégiet discipliné pour l'émeute, les masses

214 cbaihtes et joib.

turbulentes et faciles à agiter que renferment toujours les faubourgs des villes.

Les ministres entre les mains desquels reposaient les intérêts de la France , étaient instruit%0e la marche et des intentions du parti révolutionnaire, ils savaient son organisation au sein même de la capitale, et les ramifications par lesquelles il enveloppait peu à peu le royaume, comme d*un réseau d*agitation, qui devait amener des résultats plus ou moins rapprochés.

Les ministres savaient tout cela, et cependant ils se placèrent sept hommes presque désarmés, entre Finsurrection et le trône, puis ils attendirent.

Leur attente fut de peu de durée ; le matin même du jour oii les fameuses ordonnances parurent, une rumeur inquiétante s*élevades quartiers les plus populeux de Paris; des émissaires les parcouraient, en publiant que le conunerce venait d*être anéanti , que la librairie et rimprimerie retombaient sous le

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