‹ Mademoiselle de Verdun (volume 2)Chapitre 39 sur 47 · CE&INTB8 ET JOIE · texte numérisé non relu

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dant deux journées et deux nuits , Maompté, non pas les heures , car le tint des heures , le bruit des cloches ne ident plus dans Paris , un seul bruit doous les autres, la bataille et ses canons, aille et sa fusillade , la bataille et ses e mort. Pendant deux jours et deux Marie a donc compté les retentissedes volées meurtrières de Tartillerie, rvenaient jusqu'à elle. Elle a prié, elle iré pour tous ces hommes qui s'entr*- Baient , elle a prié aussi pour le salut i , mais elle a imploré avec des adoraferventes la Vierge des douleurs pour es de Minville.

li semble que Georges ne peut mourir , le et sans Favoir revue ; elle a un derlot à lui dire, un seul qu'elle a besoin (Honcer et que lui a besoin d'entendre ; absolument qu'elle lui avoue tout son % qu'elle lui avoue combien il est aimé, )iiis combien de temps ; il faut qu'elle

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arrache la douleur qui agite son àme, puis ensuite, elle et lui pourront mourir.

La bataille s^est un instant ralentie , des clameurs se font entendre dans les rues : des hommes , la figure noire de poudre, les yétements en désordre, proclament la retraite de la garde ; quelques-uns sont blessés, Marie en reçoit deux dans son hôtel, elle les panse ellemême, elle les interroge et leur demande des détails sur tout ce qu'ils ont vu , sur tout oe qu'ils ont su.

Elle apprend, non sans une terreur profonde , que la garde a éprouvé des pertes nombreuses , tant en officiers qu'en soldats. Plusieurs détachements des régiments d'infanterie n'ont pu effectuer leur retraite : oe^ nés dans des maisons isolées les unes des antres , ils ont fait une résistance désespérée, puis enfin , le peuple les a massacrés quand la poudre a manqué à ces fidèles soldats.

Un des blessés que panse Marie lui dit en montrant sa blessure : Voilà un coup de sa-

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i l'officier qui commandait aux soldats ins la dernière maison que nous avons

ce coquin-là est parvenu à s'échapper toit des maisons voisines , mais le quart cerné et nous le rattraperons, ce ma»* r du pauvre peuple; il ne pourra rega«> laint-Gloud oii se sont retirés ses scélé- 3 camarades.

instinct secret, un pressentiment dou^ IX semblent avertir Marie que cet offi<-

poursuivi , si traqué , n'est autre que esdeMinvUle : elle demande à Fhornme û\e panse les blessures, comment était [ui l'a sabré, quels sont ses traits, quelle

taille.

^ous leconnaissez donc?répond l'homme

uple avec défiance.

Nullement, reprend Marie , j'avais d'à*

cru le reconnaître au peu de mots que

en aviez dit ; mais je vois que je me suis

>ce, celui dont je voulais parler est très-

et très-blond.

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— Que vous le connaissiez ou non, ms p'tite mire, ça ne fait rien à la chose, je vous réponds que celui qui m*a blessé ne Importera pas en paradis , et il fit le signe de coucher quelqu'un enjoué; puis il repartit chercher la bataille et celui dont il avait juré la perte.

Marie ne douta pas un instant que Georges ne fût l'officier dont cet homme venait de parler : elle le vit errant de maison en maison, poursuivi par un peuple furieux, ne trouvant pour échapper à sa colère aucune retraite sûre. Elle le vit blessé, déchiré par ceux qui le poursuivaient, et son inquiétude, ses transes mortelles, n'eurent plus de bornes. De temps à autre quelques détonnations se faisaient encore entendre , des résistances partielles troublaient encore quelques points isolés ; du côté des Champs-Elysées , des coups de feu marquaient la retraite de la garde , enfin la terreur de Marie était arrivée au plus haut point.

La nuit vint, et son calme sembla imposer

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3s à la grande cité, toute criblée de bal-

de mitrailles ; les ombres s'étendirent

s scènes de carnage dont elle avait été

lie pendant trois jours. Ses habitants

lencèrent à sortir de leurs maisons pour

er une sépulture aux morts. Sur tous les

:es publics, le drapeau tricolore avait

»lacé le drapeau blanc; il ne restait plus

Paris un seul soldat de la garde : Paris

rtenait tout entier à la révolution. Le

)le harassé par trois jours de lutte , re-

lait ses quartiers et les postes qu'il s'était

rués ; on entendait sur son passage des

de Vive la charte î quelques maisons s'é-

l'aient d'illuminations partielles, il n'exis-

plus un seul réverbère.

e faubourg Saint-Germain désert, triste et

ne, s'ensevelissait dans une ombre épaisse,

hôtels n'avaient pas une seule lumière pour

ûrer d'un pâle reflet leurs vieilles murail-

elles lourdes masses de leur architecture ;

rues entières paraissaient avoir été visi-

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tées par la mort ou la destructioa, tant k Silence y était solennel. Dans la nil de Va* rennes , Tbôtel de Polvil , presque seul , ré* vêlait encore quelque animation ; à travers les volets fermés de la chambre de Marie, appa* raissait une faible lueur ^ qui indiquait que dans cette cbambre quelqu'un veillait. Dix heures sonnèrent à Thorloge du Sacré'Conifj et presqu'en même temps le marteau retomba lourdement sur la porte cochère de Thètelde Polvil.

Aussitôt Marie entr^ouvrit sa fenêtre, et «et yeux distinguèrent un homme en costpne d'ouvrier, qui parlait vivement à ses domes^ tiques ; ceux- ci avaient Fair de l'interroger avant de répondre à la demande qu'il panûftsait leur avoir faite; le colloque fut long; enfin, l'étranger et les domestiques s'acheminèrent du côté du vestibule , et toute cette scène disparut aux regards de Marie.

Inquiète de ce mouvement, de l'arrivée de cet ouvrier, dans un tel jour et vers unehenre

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ancée de la soirée, elle s'apprêtait à un domestique pour en connaître le quand on vint lui dire qu*un homme dait à lui parler.

^aites-le monter chez moi sur-le-champ, lit-elle avec précipitation. Pendant les les secondes qui s'écoulèrent avant Tarde cet ouvrier mystérieux , Marie de<- L plongée dans une anxiété et une agitanexprimables ; son imagination enfanta causes extraordinaires à cette demande ience : tantôt c'était un émissaire de son !, qui lui apportait un ordre de le rejointant6t c'était un messager de Georges , c et mourant, qui lui demandait devenir son lit de douleurs ; et déjà elle chert son chapeau, elle s'apprêtait à suivre le e messager qui devait la conduire, ientôtellese trouva en présencede l'homme t la venue l'avait si violemment agitée, le lestique après l'avoir introduit referma la te, et cet homme 6ta son chapeau que

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jusqu'à ce moment il ayait conservé sur sa tête.

— Est-ce vous, Georges? oh ! oui c'est tous! cria Marie en se précipitant vers lui.

C'était lui en effet, c'était Georges, légèrement blessé, mais échappé à tout danger, c'était Georges , sous un grossier déguisement , triste, abattu, fatigué, et Marie le serrait dans ses bras ayec des étreintes conTulsiyes; elle s'assurait que c'était lui, en répétant vingt fois son nom , enfin elle était deyenue folle de joie et de bonheur ; la souffrance et rinquiétude des trois fatales journées disparaissaient devant la présence de Georges, elle l'avait cru mort, elle avait douté, maintenant il se trouvait là, près d'elle, maintenant elle le tenait serré contre son cœur.

Dans ce premier instant de surprise, Marie avait cédé à l'impulsion de sa joie : heureuse, elle ne s'était point demandé ce que Georges lui-même penserait de cet élan, de cette étreinte, de toutes ces démontrationsd'unsen-

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