CRAINTES ET JOIE
Chanter, souffrir, c'est le deslio mortel De tout génie, ange, poète ou femme !
Roger de Biacvoib.
Le mois de juillet touchait à sa fin , une inquiétude plus vive agitait les esprits , la capitale de la France était, pour ainsi dire, partagée en deux camps, dans l'un desquels se reposaient avec une sorte de tranquillité apathique ceux qui tenaient pour le parti du roi. Tandis que dans l'autre on avait enrégimenté et discipliné pour l'émeute, les
masses turbulentes et faciles à agiter que renferment toujours les faubourgs des villes.
Les ministres entre les mains desquels reposaient les intérêts de la France, étaient instruits de la marche et des intentions du parti révolutionnaire , ils savaient son organisation au sein même de la capitale, et les ramifications par lesquelles il enveloppait peu à peu le royaume , comme d'un réseau d'agitation , qui devait amener des résultats plus ou moins rapprochés.
Les ministres savaient tout cela, et cependant ils se placèrent sept hommes presque désarmés, entre l'insurrection et le trône , puis ils attendirent.
Leur attente fut de peu de durée; le
matin même du jour où les fameuses ordonnances parurent , une rumeur inquiétante s'éleva des quartiers les plus populeux de Paris; des émissaires les parcouraient, en publiant que le commerce venait d'être anéanti , que la librairie et l'imprimerie retombaient sous le régime du boTi plaisir, et que la représentation nationale dissoute de nouveau, ne pourrait plus désormais exercer un contrôle indépendant.
Le 27 juillet, les premiers coups de fusil s'échangèrent. Le drapeau blanc flottait encore sur tous les édifices publics; Charles X était encore le roi d'un puissant empire, et il n'allait falloir que trois jours pour renverser ce drapeau et ce roi.
Pendant trois jours , les rues de Paris servirent d'arène à uu combat acharné.
Pendant trois jours , la garde royale , brave
et fidèle milice, se fit tuer inutilement; enfin, il fallut céder au nombre, il fallut abandonner Paris , le palais des rois, la capitale du royaume ; le drapeau tricolore flottait déjà sur les tours de sa vieille cathédrale.
Le faubourg Saint-Germain visitait ses terres, se réjouissait aux eaux, le faubourg Saint-Germain honorait d'un dernier ç'isth la royauté qui se mourait, tandis qu'une révolution se dressait menaçante, tandis qu'elle déployait ses étendards , qu elle acceptait la guerre, qu'elle en sortait victorieuse, et qu'elle faisait descendre du vieux^ trône de France une famille illustre et vénérée.
Le 29 juillet s'écoule rapidement. Paris est plongé dans une morne stupeur, c'est à
peine si l'on voit s'ouvrir une fenêtre à travers laquelle passe une tête curieuse et inquiète. Les rues que n'occupe point la bataille sont désertes , d'énormes barricades les obstruent. La fusillade commence à se ralentir; quelquefois de lointaines clameurs se font entendre, alors, ceux qui avaient ouvert leurs portes ou leurs fenêtres, ceux qui s'étaient permis de respirer l'air dans la rue rentrent précipitamment , et collant leurs oreilles aux fentes de leurs volets , y demeurent des heures entières dans l'attente.
La vicomtesse de Baudrimont est seule dans l'hôtel de son oncle : le marquis de Polvil n'a pas quitté Saint- Cloud depuis trois jours ; elle a passé toutes les heures des longues journées du 27 et du 28 juillet à tâcher de recueillir des nouvelles ; elle veut savoir quels sont les régiments
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engagés dans la lutte et quelles chances présente la fortune , soit heureuses , soit malheureuses. Elle ne peut douter que le régiment de Georges de Minville n'ait comme les autres régiments présents à Paris pris part à l'action ; alors, elle demande quelle a été la perte des troupes , pendant ces deux journées; quel est le nombre des officiers tués, à quel corps ils appartiennent. Puis son cœur s'agite et s'émeut suivant les récits, que la rumeur populaire apporte jusqu'à ses oreilles : elle écoute tout le monde , elle interroge tous ceux qui, de près ou de loin, ont assisté aux terribles événements qui ensanglantent la ville. En présence du danger qui menace Georges, toute la timidité, toutes les hésitations de Marie ont disparu, elle se sent forte et courageuse pour aller au devant du malheur ou du bonheur, au devant de la certitude qui
lui apprendra le sort de l'homme auquel appartient tout son amour.
Elle l'aime de toutes les forces de son âme, avec tout l'entraînement de la passion. Elle l'aime comme on n'aime qu'une lois en sa vie ; elle l'aime à lui tout sacrifier , repos, bonheur, honneur , tout ce qu'une femme peut donner, tout ce qu'elle peut déposer en offrande, des trésors de sa vie , dans le temple de l'amour.
Marie aime Georges encore pi us fortement depuis qu'elle tremble pour ses jours; vingt fois elle aurait voulu pendant ces tristes journées, quitter son hôtel et courir par les rues, visiter les blessés, voir les morts, s'assurer enfin que Georges n'est ni mort, ni blessé ; mais elle ignore vers quels lieux il lui faudrait dériger ses pas pour trouver
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le régiment auquel il appartenait; elle connaît à peine les rues de Paris; le courage et la forcené lui manquent pas, oh! non, une excitation surnaturelle la soutient , elle souffre , mais ne faiblit pas.
Pendant deux journées et deux nuits, Marie a compté, non pas les heures, car le tintement des heures , le bruit des cloches ne s'entendent plus dans Paris , un seul bruit domine tous les autres, la bataille et ses canons, la bataille et sa fusillade, la bataille et ses cris de mort. Pendant deux jours et deux nuits, Marie a donc compté les retentissements des volées meurtrières de l'artillerie , qui parvenaient jusqu'à elle. Elle a prié, elle a pleuré pour tous ces hommes qui s'entr'égorgeaient, elle a prié aussi pour le salut du roi, mais elle a imploré avec des adorations ferventes la Vierge des douleurs pour Georges de Minville.
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Il lui semble que Georges ne peut mourir, si jeune et sans l'avoir revue ; elle a un dernier mot à lui dire, un seul qu'elle a besoin de prononcer et que lui a besoin d'entendre; il faut absolument qu'elle lui avoue tout son amour, qu'elle lui avoue combien il est aimé , et depuis combien de temps ; il faut qu'elle arrache la douleur qui agite son âme, puis ensuite, elle et lui pourront mourir.
La bataille s'est un instant ralentie, des clameurs se font entendre dans les rues : des hommes , la figure noire de poudre, les vêtements en désordre, proclament la retraite de la garde; quelquesuns sont blessés, IMarie en reçoit deux dans son hôtel , elle les panse ellemême, elle les interroge et leur demande des détails sur tout ce qu'ils ont vu, sur tout ce qu'ils ont su.
Elle apprend, non sans une terreur profonde , que la garde a éprouvé des pertes nombreuses , tant en officiers qu'ensoldats. Plusieurs détachements des régiments d'infanterie n'ont pu effectuer leur retraite : cernés dans des maisons isolées les unes des autres, ils ont fait une résistance désespérée , puis enfin, le peuple les a massacrés quand la poudre a manqué à ces fidèles soldats.
Un des blessés que panse Marie lui dit en montrant sa blessure : Voilà un coup de sabre de l'officier qui commandait aux soldats tués dans la dernière maison que nous avons prise; ce coquin-là est parvenu à s'échapper par le toit des maisons voisines, mais le quartier est cerné et nous le rattraperons, ce massacreur du pauvre peuple ; il ne pourra regagner Saint-Cloud où se sont retirés ses scélérats de camarades,
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Un instinct secret, lui pressentiment douloureux semblent avertir IMarie que cet officier si poursuivi, si traqué , n'est autre que Georges de Minviîle : elle demande à l'homme dont elle panse les blessures, comment était celui qui l'a sabré, quels sont ses trails, quelle est sa taille.
— Vous le connaissez donc? répond l'homme du peuple avec défiance.
— Nullement, reprend Marie, j'oyais d'abord cru le reconnaître au peu de mots que vous en aviez dit ; mais je vois que je me suis trompée, celui dont je voulais parler est très-petit et très-blond.
— Que vous le connaissiez ou non , ma
ptite mère, ça ne fait rien à la chose, je
vous réponds que celui qui m'a blessé ne
ïportera pas en paradis , et il fit le signç
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de coucher quelqu'un en joue ; puis il repartit chercher la bataille et celui dont il avait juré la perte.
Marie ne douta pas un instantque Georges nefûtl'officierdontcethommevenaitde parler : elle le vit errant de maison en maison, poursuivi par un peuple furieux, ne trouvant pour échapper à sa colère aucune retraite sûre. Elle le vit blessé, déchiré par ceux qui le poursuivaient, et son inquiétude, ses transes mortelles , n'eurent plus de bornes. De temps à autre quelques détonnations se faisaientencoreentendre, des résistances partiel» les troublaient encore quelquespoints isolés;, du côté des Champs-Elysées , des coups de feu marquaient la retraite delà garde, enfui la terreur de Marie était arrivée au plus haut point.
La nuit vint, et son calme sembla im-
poser le repos à la grande cité, toute criblée de balles et de mitrailles; les ombres s'étendirent sur les scènes de carnage dont elle avait été remplie pendant trois jours. Ses habitants commencèrent à sortir de leurs maisons pour donner une sépulture aux miorts. Sur tous les édifices publics, le drapeau tricolore avait remplacé le drapeau blanc; il ne restait plus dans Paris un seul soldat de la garde : Paris, appartenait tout entier à la révolution. Le peuple harassé par trois jours de lutte, regagnait ses quartiers et les postes qu'il s'était assignés; on entendait sur son passage des cris de Vive la charte! quelques maisons s'éclairaient d'illuminations partielles, il n'existait plus un seul réverbère.
Le faubourg Saint-Germain désert, triste et morne, s'ensevelissait dans une omJ)re épaisse, ses hôtels n'avaient pas une seule 11. 17
lumière pour éclairer d'un pâle reflet leui's vieilles murailles et les lourdes masses de leur architecture; des rues entières paraissaient avoir été visitées par la mort ou la destruction , tant le silence y était solennel. Dans la rue de Varennes, l'hôtel de Polvil , presque seul, révélait encore quelqu'animation; à travers les volets fermés de la chambre de Marie, apparaissait une faible lueur , qui indiquait que dans cette chambre quelqu'un veillait. Dix heures sonnèrent à l'horloge du Sacré-Cœur, et presqu'en même temps le marteau retomba lourdement sur la porte co chère de l'hôtel de Polvil.
Aussitôt Marie entrouvrit sa fenêtre , et ses yeux distinguèrent un homme en costume d'ouvrier, qui parlait vivement à ses domestiques; ceux-ci avaient l'air de l'interroger avant de répondre à la demande
qu'il paraissait leur avoir faite; le colloque fut long; enfin, l'étranger et les domestiques s'acheminèrent du côté du vestibule , et toute cette scène disparut aux regards de Marie.
Inquiète de ce mouvement, de l'arrivée de cet ouvrier , dans un tel jour et vers une heure déjà avancée de la soirée, elle s'apprêtait à sonner un domestique pour en connaître le motif, quand on vint lui dire qu'un homme demandait à lui parler.
— Faites-le monter chez moi sur-le-champ, répondit- elle avec précipitation. Pendant les quelques secondes qui s'écoulèrent avant l'arrivée de cet ouvrier mystérieux, Marie demeura plongée dans une anxiété et une agitation inexprimables ; son imagination enfanta mille causes extraordinaires à cette demande d'audience: tantôt c'était un émissaire de son oncle, qui lui apportait un ordre de
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le rejoindre ; tantôt c'était un messager de Georges, blessé et mourant, qui lui demandait de venir vers son lit de douleurs; et déjà elle cherchait son chapeau , elle s'apprêtait à suivre le triste messager qui devait la conduire.
Bientôt elle se trouva en présence de l'homme dont la venue l'avait si violemment agitée, le domestique après l'avoir introduit referma la porte, et cet homme ôta son chapeau que jusqu'à ce moment il avait conservé sur sa tête.
Est-ce vous , Georges ? oh ! oui c'est
vous ! cria Marie en se précipitant vers lui.
C'était lui en effet, c'était Georges, légèrement blessé, mais échappé à tout danger, c'était Georges , sous un grossier déguise-
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ment, trisie, abatlu. faligué, el Marie le serrait dans ses bras avec des étreintes convulsives ; elle s'assurait que c'était lui , en répétant vingt fois son nom , enfin elle était devenue folle de joie et de bonheur; la souffrance et l'inquiétude des trois fatales journées disparaissaient devant la présence de Georges, elle l'avait cru mort, elle avait douté, maintenant il se trouvait là, près d'elle, maintenant elle le tenait serré contre son cœur.
Dans ce premier instant de surprise, Marie avait cédé à l'impulsion de sa joie : heureuse, elle ne s'était point demandé ce que Georges lui-même penserait de cet élan , de cette étreinte , de toutes ces démonstrations d'un sentiment plus qu'amical ; pour elle, Georges était un frère perdu qu'elle retrouvait, c'était Lazare sortant de la tombe, et elle avait prié comme la sœur
de Lazare, comme elle, Marie avait prononcé ces paroles devant le Christ :
« Seigneur, dites seulement une parole , » et mon frère ressuscitera d'entre les » morts. »
Mais après cetentraînement d'un bonheur inespéré, la réflexion lui fit ouvrir les jeux, elle se réveilla comme d'un songe , se vit dans les bras de Georges, et rougit de s'y être jetée voloutairement. Par un mouvement lent et plein d'une gracieuse pudicité, elle se dégagea de l'étreinte par laquelle Georges cherchait à la retenir, couvrit sa figure de ses mains et se prit à pleurer.
— Oui! c'est moi, Marie, c'est moi qui ai voulu vous revoir , avant de nous séparer peut-être pour toujours, vous ne m'avez
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pas oublié , vous vous êtes rappelé le pauvre orphelin qui jadis vous nommait sa sœur ; pourquoi vous éloignez-vous de lui maintenant ?
^— Je ne m'éloigne pas de vous, Georges, répondit Marie, en se rapprochant, mais voyez-vous, j'ai été folle, complètement folle, pendant ces trois terribles journées ; je vous ai cru mortellement blessé , je vous ait cru mort ; oh ! j'ai bien pleuré, j'ai bien soufïert.
— Pendant ce long combat, c'était à moi que vous pensiez, Marie?
— Et à qui donc vouliez-vous que je pensasses ; je savais votre régiment engagé dans cette lutte meurtrière , chaque coup de fusil suspendait ma vie.
— Est-il bien vrai , Marie ? vous portiez
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cet intérêt, cette afFecLioii , au malheuieiix
Georges , vous pleuriez parce que vous le
supposiez mort , et vous pleurez encore
parce que vous le voyez vivant près de
vous.
— Ces larmes que je répands actuellement, Georges, sont des larmes heureuses, bien heureuses.
Et Marie ne se contraignant plus les laissa couler sans prétendre les cacher. Georges s'empara d'une de ses mains , et tous deux assis l'un près de l'autre restèrent quelque temps sans parler , heureux de l'émotion à laquelle ils étaient en proie.
Enfin Marie reprenant la parole , dit à Georges avec vivacité ; Oh ! mon Dieu !
on vous aura vu entrer, on vous cherche peut-être , et moi je suis tranquille. Vous êtes poursuivi , traqué ; mes gens vous ont vu , un mot imprudemment prononcé par eux pourrait compromettre votre sûreté. Si l'on venait à vous découvrir, si le peuple vous poursuivait ici; il ne le faut pas; ô mon Dieu ! cette pensée est horrible. Ecoutez , il est nécessaire de déjouer toute surveillance; vous allez partir comme si vous vous étiez acquitté d'un message près de moi , vous sortirez de cet hôtel , et dans la rue de Babylone, vous trouverez presqu' au coin de la rue de Mademoiselle , une petite porte près de laquelle vous attendrez. Quand vous y serez arrivé, frappez un léger coup , je vous ouvrirai , cette porte est celle de mon jardin.
Partez vite , Georges , j'ai hâte de vous revoir bientôt aflfranchi de toute indiscrétion; partez, je ne serai rassurée que
lorsque moi seule je posséderai votre secret.
— Vous le voulez^ Marie, vous croyez nécessaire à ma sûreté cette petite ruse de guerre, je vous obéis. Et Georges, après avoir encore une fois serré les mains tremblantes de Marie dans les siennes , descendit l'escalier de l'hôtel de Polvil , retrouva dans le vestibule tous les domestiques assemblés qui l'attendaient avec curiosité et inquiétude, se fit ouvrir la porte cochère et fut bientôt dans la rue.
Marie, impatiente de le savoir en sûreté se hâta de congédier sa femme de chambre et tous ses gens , qui , fatigués de l'agitation des jours précédents, s'empressèrent de gagner leurs lits où ils ne tardèrent pas à s'endormir.
A peine les derniers bruits avaient cessé , à peine les dernières lumières étaient éteintes , Marie , enveloppée dans un long schall , ouvrait sans les faire gémir sur leurs gonds les portes de sa chambre, puis elle s'arrêtait au haut de l'escalier , prétait l'oreille, et n'entendant rien qui troublât le silence de la nuit , elle descendait tremblante comme une femme qui se rend à un rendez-vous d'amour, les marches qui devaient la conduire à l'entrée du jardin.
Le ciel était pur , l'air de la nuit gardait des chaleurs de la journée quelque chose d'étouffant : dans les bosquets du jardin , aucun chant d'oiseau ne se faisait entendre, tous avaient fui , chassés par l'odeur de la poudre et le bruit de la bataille : des masses de feuillages ombrageaient quelques allées où pénétrait à peine une faible lueur. Le plus grand calme régnait autour
de l'hôtel : Marie écouta encore une fois si personne n'épiait sa démarche, puis moins inquiète après quelques minutes d'observation, elle s'élança légère comme un faon poursuivi par des chasseurs, vers la petite porte du jardin.