II. S
» m'absoudrez - vous ? me tiendrez - vous » quitte, avant toute explication , des repro- » elles que semble mériter mon inexacti- » tude de ce soir? Faut -il pour que vous » me croyiez, que je vous dise, non, je » n'avais pas oublié ma promesse, et si vous » ne m'avez point rencontré chez la du- » chesse de Glialux , c'est que votre inté- » rêt m'appelait ailleurs.
» Vous m'avez excusé, j'en suis certain; » je n'ai donc point à réclamer votre indul- » gence , mais trêve aux préambules , j'ai » à vous annoncer une bonne nouvelle , et » j'arrive au fait.
» J'ai vu ce soir le ministre de la guerre, » avec lequel je suis fort lié : je me suis )) trouvé seul avec lui , pendant un assez » long espace de temps , et je n'ai point )) laissé échapper cette occasion de lui re-
» commander notre ami. Je l'ai lait de » telle sorte , qu'une promesse positive de » le placer dans la garde, d'ici à peu de )) jours, m'a été donnée, ainsi vous et moi » nous pouvons y compter , c'est comme » chose faite. Je vous ai dit que je me char- » geais de l'avenir de mon nouvel ami , et » je veillerai de près à son avancement.
» Vous et lui , ma chère pupille , je vous » considère comme mes deux enfants , j'i- » gnore ce que l'avenir enferme en ses se- » crêtes profondeurs, je n'ose même les » sonder, je ne veux pas que vous vous » berciez de chimériques espérances; ce- » pendant les années futures peuvent vous » rejeter tous deux sur la même route;
» alors alors votre tuteur, made-
)) moiselle Marie, veut que M. George » sel tout à fait et en tout digne de » voiis.
If6 MADEMOISELLE
» Adieu, je me tais, car je déraisonne, )> il m'a semblé que vous seriez heureuse » de ce qui arrivait d'heureux à notre ami; » je vous l'ai mandé sur-le-champ; remer- )) ciez-moi un peu et dormez ensuite » beaucoup et d'un bon sommeil , votre tu- » leur vous l'ordonne, votre ami l'espère.
» Prince de Fiennes. »
La lecture de ce billet agita Marie d'une émotion bien douce , cette preuve de l'amitié du prince de Fiennes le lui faisait connaître sous un jour encore plus favorable que celui sous lequel elle l'avait vu jusqu'alors.
Marie ne se sentait plus seule, isolée, destinée à vieillir d'une vieillesse malheureuse et triste , elie avait rencontré un ami vérilaMc (!ui la comprenait et lui faisait