Arch. de la Comédie -Française
206 MADEMOISELLE (iOGO m
mages les plus éclatants qui se soient jama™ adressés à une comédienne. — à Montpellier, un détracteur, s'étant rencontré par hasard, a été obligé de lui faire des excuses sur la scène, et sa malencontreuse satire a été brûlée solennellement dans une urne, avec une pompe expiatoire, — M"* Sainval trouve, au théâtre, une hostilité déclarée. On a intrigué contre elle, on lui a retiré ses rôles pour les donner à M"*' Vestris, et le lieutenant de police lui vient faire défense, sous peine d'une incarcération au Forl'Eveque, de jouer les tragédies où elle a le plus brillé.
Je mets tous mes talents en dépôt dans ton cœur,
lui avait dit Voltaire, mais Yoltaire est mort. Au demeurant, M"' Sainval a bec et ongles pour se défendre : ^lle fait répandre de mordantes satires contre M"^" Vestris et les gentilshommes de la Chambre, protecteurs de sa rivale ; Mole a pris son parti, mais Préville est à la tête de l'irréductible opposition qui s'est formée contre elle. Il n'est personne qui ne prenne position dans la lutte, et l'on connaît l'amusant factum réproduit dans les Mémoires de Fleury'