‹ Mademoiselle Justine de LirouChapitre 8 sur 12 · XXII. — Avec la première, dont le dard est d'or, il blessr · texte numérisé non relu

XXII. — Avec la première, dont le dard est d'or, il blessr

JACQUES I er D ECOSSE.

à peine et l'on guérit promptement La seconde, en argent, fait des blessures déjà plus graves ; quant à la troisième, qui est d'acier lorsqu'on en est atteint, il n'y a pas de guérison possible.

XXIII. — Un peu plus loin, dans une retraite de peu d'étendue, décorée de soupirs, non de ceux qu'exhalent les cœurs malheureux, mais de ces soupirs tels qu'en laissent éclater des amants satisfaits, je trouvai Vénus sur son lit, ayant un manteau jeté sur ses épaules. Tel était l'habillement de la déesse du Plaisir.

XXIV. — A la porte se tenait Bel-Accueil, son huissier, prêt à remplir sa fonction avec prudence et adresse. Discrétion était sa diligente chambrière, faisant son service à propos, et après elle venaient d'autres serviteurs que je ne puis indiquer.

XXVI. — Grande reine d'Amour, dis-je alors, étoile de bienveillance, princesse pleine de pitié, astre protecteur, vous qui conjurez les méchancetés et les violences en vous montrant, souffrez que mon humble requête soit accueillie par votre grâce ; car, pour trouver un secours et un appui sûr, on ne peut s'adresser plus haut qu'à vous !

XXIX. — Si j'ai vécu longtemps étranger à vos lois, c'est par ignorance, non par félonie. Que votre grâce daigne donc changer mon cœur pour que désormais il vous serve toujours...

Vénus, en répondant à son suppliant, l'engage à prendre patience, à ne pas oublier sa condition de prisonnier. Elle lui fait observer, en outre, que la grâce qu'il lui demande dépend autant de son fils que d'elle; qu'après tout, bien que le gouvernement

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de l'empire amoureux lui soit confié, les lois qui le régissent sont cependant subordonnées à d'autres lois éternelles, et que de toutes les choses qui doivent se succéder dans l'avenir, Dieu seul en a connaissance. A la suite de ce discours, où Vénus semble s'être laissée tant soit peu entamer par le christianisme, le poëte se donne une leçon d'humilité en exaltant la supériorité des mérites et de la haute naissance de sa dame, comparativement aux faibles avantages qu'il possède. Mais Vénus reprend la parole pour soutenir le courage du songeur et lui conseiller d'aller consulter Minerve. Le poëte obéit et, sous la condition de Bonne-Espérance, l'une des suivantes de Vénus, il part pour aller se présenter à la déesse de la Sagesse, ce qui termine le troisième chant.

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