‹ Mademoiselle Olympe (ancienne maison Palmyre)Chapitre 18 sur 22 · Liv · texte numérisé non relu

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phosphorescentes des yeux du chat; les lèvres étaient rouges, presque sanglantes; on eût cru que les dents les avaient mordillées; enfin l'aspect du comte Louis produisit un effet répulsif sur la Costolade. Elle avait peur d'aider à la comédie qu'on allait jouer avec cet homme; elle crut, voulant s'expliquer son allure singulière, que, pour donner de l'audace à son ami, M. Moreau l'avait fait boire. Cela pouvait expliquer les paupières, les pommettes et le menton rouges.

La Costolade s'éloigna quelques instants, sous le prétexte d'annoncer à sa maîtresse l'arrivée de ces messieurs.

Elle revint et dit :

— Veuillez, messieurs, s'il vous plaît, entrer au salon.

Et elle ouvrait la porte du salon qui précédait le boudoir que nous connaissons.

Ils entrèrent.

Là, offrant des sièges, elle dit :

— Madame, devant se rendre en soirée, termine sa toilette ; elle prie M. le comte Louis de vouloir bien l'attendre.

— Elle est là? fit d'un ton si singulier, que la Costolade en sursauta, le comte Louis en désignant la porte du boudoir...

C'est le frère André qui répondit :

— Oui, elle est là !

Olympe le regarda avec étonnement. Cette phrase semblait presque un commandement.

— Elle y est seule?

— Avec sa couturière...

Alors celui qu'Olympe connaissait sous le nom de M. Moreau la regarda fixement... Cela voulait dire, assurément, que la couturière devait laisser le champ

libre.

Olympe comprit et fit de la tête un signe d'acquiescement.

Presque aussitôt, du reste, M'^*^ Palmyre sortit du boudoir, tenant sur ses bras une grande robe de soirée.

Comme étonnée de voir du monde, elle se recula et s'excusa; puis, venant près d'Olympe, elle lui dit à voix basse, mais de façon à être entendue :

— J'ai un petit point à faire à la robe ; je vais y travailler dans la salle à manger, pendant que madame achève de s'habiller. Veuillez me donner du fil et des aiguilles.

— Je vais vous donner cela, fit Olympe en même temps que, du regard, elle répondait à M. Moreau :

— Vous voyez que tout cela était préparé !

Le comte Louis, assis dans un fauteuil, les deux bras sur les appuis, agitait constamment ses mains. Il avait la tête baissée; il parlait bas, sans qu'on pût rien distinguer de ce qu'il disait.

Palmyre et la Costolade se le désignèrent du regard et hochèrenl la tête.

Elles étaient un peu surprises des singulières façons de l'homme que M. Moreau avait amené.

Olympe allait sortir avec Palmyre pour lui donner ce qu'elle demandait, poui.

continuer la comédie enfin, lorsque M Moreau la retint d^un geste; et, s'adressant au comte Louis, lui tendant la main, il dit :

— Vous êtes maintenant chez M'"^ Costin ; je ne puis, vous savez, monsieur le comte, assister à l'entretien que vous voulez avoir avec elle ; permettez-moi de me retirer. Vous savez que je ne suis pas mon maître et que je dois rentrer à des heures fixées.

Le comte Louis ne bougea pas. Il tendit sa main sèche, secoua celle qu'on lui tendait, et le frère sortit, suivi des deux femmes. Une fois dans l'antichambre, Palmyre lui dit :

— Vous savez qu'il me fait peur votre ami ; en voilà un drôle de pistolet !

— N'ayez crainte, j'en réponds; vous savez ce qui est convenu. Laissez-le la maintenant et menez-moi par l'autre porte. Je vous ai dit qu'il était atteint d'un mal terrible; une forte émotion peut provoquer une crise, je dois le surveiller. Vite l vite ! que je puisse entrer par l'autre porte.

Il ouvrait déjà la porte de sortie, en entraînant Olympe, lorsque Palmyre, l'arrêtant, lui dit :

— Pardon, toutes nos conventions sont exécutées. La Phryné est là; elle a tout accepté, mais il faut la somme dont nous sommes convenus.

— Oui, oui, fit le frère tirant de sa poche une liasse toute préparée, qu'il donna à Palmyre.

En voyant les petits chiffons bleus, les deux femmes redevinrent gaies. Palmyre dit :

— Maintenant, qu'ils s'arrangent, je vais me coucher.

— Oui, oui, va vite et laisse-nous, fit Olympe.

Et ils sortirent tous les trois, Olympe en laissant la clef sur la porte, Palmyre allant coucher au dehors, ce qui était convenu avec son associée.

On devait laisser la maison vide. Précédemment même, I\pi° Palmyre avait fait écrire à M""^ Costin qu'elle lui louait son appartement pour deux jours.

Le frère André, agité, fiévreux, ayant hâte d'être à même de surveiller le comte Louis, n'avait rien vu ou ne remarquait rien.

Il descendit précipitamment pour remonter l'autre escalier, avec Olympe seulement.

Assurément, celui qu'on appelait M. Moreau connaissait les êtres de la maison, car celle-ci le laissa se diriger, en lui disant :

— Maintenant, vous êtes chez vous.

Elle referma la porte sur lui et descendit rue de la Paix. Elle retrouva M^^^ Palmyre.

— Viens, fit-elle en lui prenant le bras.

Elles se rendirent au Grand-Café. A une table, devant la porte, Costin attendait. Olympe s'avança vers lui.

Pierre, embarrassé, gêné de la honteuse besogne à laquelle il se résignait, lui dit :

— Eh bien?

— C'est prêt, monsieur.

— Elle est chez vous?

— Elle est chez nous, selon nos conventions. Mais c'est donnant donnant; nous laissons le champ libre.

— Voici, madame.

C'est Palmyre, qui s'était avancée, qui prit l'argent.

— Ainsi, je puis la prendre avec son amant?

— Oh! son amant, pas celui que vous croyez; vous n'avez qu'à monter, j'ai laissé la clef sur la porte.

— Ohl le commissaire m'attend à deux pas. Je vais la prendre avec cet homme !

— Oh! ce n'est pas... L'homme avec lequel elle est..., je ne le connais pas; nous n'en savons pas le nom.

— Mais si, fit aussitôt Palmyre; bêta, je faisais l'ignorante, mais je le connaissais. Vous allez la prendre avec le comte Louis Hardi des Étangs.

— Oh ! tonnerre de Dieu ! exclama Gostin en frappant sur la table. Alors, je les tuerai ensemble.

Les deux femmes, surprises, épouvantées, se regardèrent une minute; puis, comme elles avaient l'argent, elles se sauvèrent.

Gostin, fou de colère, de rage, de honte, traversa le boulevard en courant et , monta dans un fiacre qui attendait au coin de la rue et dans lequel trois personnes étaient installées; il donna l'adresse au cocher et dit au commissaire :

— Venez, monsieur!

Deux minutes après, la voiture s'arrêtait devant la maison Olympe.

La concierge, en voyant quatre hommes paraître dans sa loge, sortit précipitamment; puis, sous le pardessus, voyant l'écharpe du commissaire, lorsque celui-ci lui demanda la maison Olympe, elle sourit, hochant la tête, et dit :

— Enfin! G'est au second, monsieur; au reste, je vais vous .conduire.

Ge jour-là, c'est autour de la maison Olympe que devaient se retrouver tous nos personnages; mais un autre incident, que nous devons rapporter, s'était produit.

M'"^ Gostin, en quittant la demeure conjugale et en faisant vendre, sur le conseil du Beau Henri, tous les objets qu'elle s'attribuait, avait cru qu'acné en pourrait toucher les fonds. On avait bien vendu partie de l'argenterie; c'était le Beau Henri qui s'était chargé de cette affaire. Alors, il avait loué, rue Duphot, un petit appartement meublé, dans lequel il avait amené la Phryné en lui disant qu'il était chez lui, et que de ce jour elle était chez elle. Mais les acheteurs du mobilier, des objets d'art, des tableaux de la maison de la rue des Tournelles, au moment de payer, avaient déclaré qu'ils ne le pouvaient faire que sur un acquit du mari.

G'est alors que Henri avait pressé finstance en séparation.

Après la scène que nous avons vue, lorqu'il était resté seul, l'enfant enlevé par Régine, il se demanda quel était le but de celle-ci. Toute la journée il attendit, espérant avoir des nouvelles; ne voyant rien venir le soir, il se décida à aller luimême en chercher.

Il était adroit, et il apprit vite, par le commissionnaire du coin, que l'homme, en sortant de chez lui, avait parlé à une femme, quil avait fait monter dans sa voiture, laquelle répondait parfaitement au signalement de la Costolade.

D'autre part, la concierge de la maison dans laquelle il habitait lui avait dit que M'"^ Masset, c'est ainsi qu'on appelait la Phryné, était montée, avec son enfant et la nourrice, en voiture, devant l'égUse.de l'Assomption, en disant au cocher de la conduire rue de la Paix, à l'adresse de la Costolade.

Alors il crut avoir tout compris. C'est la Costolade qui faisait agir la Phryné, c'est la Costolade qui faisait agir son mari, sans que ni l'un ni l'autre se doutassent du rôle qu'ils jouaient. Henri savait bien que derrière la Costolade se trouvait celle qui dirigeait tout, Palmyre; elle faisait une affaire, et la Costolade se vengeait.

Pour retrouver celle qu'il cherchait, il n'y avait pas à hésiter, il fallait voir Olympe et en finir avec celle-ci. Il était donc décidé à faire un scandale pour arriver à son but en se rendant le soir chez Olympe.

Il était dans le vestibule de la maison lorsqu'il vit descendre de voiture le comte Hardi des Étangs, accompagné d'un homme qu'il ne connaissait pas. En voyant l'homme qui l'avait fait enfermer comme fou, toute son énergie s'envola; il eut peur, il trembla. La Costolade avait encore été chercher celui-là. Il ne douta pas que tout ce qui se passait avait été tramé contre lui. On voulait le prendre, le faire enfermer. Il oublia tout ce qu'il venait faire, ne cherchant plus qu'à fuir le danger qui l'épouvantait. Il se cacha, et quand le comte des Étangs et le frère André se furent engagés dans l'escalier, il s'échappa au dehors, courant, sans regarder derrière, anéanti par la terreur, se revoyant déjà dans la maison des aliénés, où on le douchait sans cesse, où on le frappait. Frémissant de tous ces souvenirs, il courait sans but, ne cherchant qu'à s'éloigner.

Après avoir longé les Tuileries, traversé la place de la Concorde, suivi les quais, il se retrouva dans les Champs-Elysées.

Là, il s'arrêta quelques minutes pour mettre un peu de calme dans ses pensées.

Qu'allait-il faire?

Il était traqué. L'enfant enlevé, le mari chez lui, la Costolade en bas dirigeant l'un, la Phryné se rendant chez l'autre. Puis, alors, juste au moment où il se rendait chez Olympe, le terrible médecin aliéniste le guettant à son entrée. Tout cela devait être l'œuvre d'Olympe et de Palmyre. C'était un piège dans lequel il était tombé ; il n'avait plus de logique, ne raisonnait plus avec son bon sens, n'écoutant que sa peur, sa terreur. S'il tenait à sa liberté, il en était convaincu, il ne devait plus retourner rue Duphot.

Qu'allait-il faire? Où aller?

Il fouilla dans ses poches, cherchant s'il avait de l'argent pour trouver un gîte. j

Il n'avait qu'un louis. Avec cela, c'était la vie possible, un jour ou deux.

11 allait aller du côté de Grenelle et louerait une chambre dans un garni.

Pour songer, pour reconquérir son calme, il s'était arrêté sous les massifs d'arbres des Champs-Elysées, voisins de l'Exposition.

Seul, il parlait tout haut, se livrait, sans en avoir conscience, à une panto- j

mime singulière, qui faisait au reste s'écarter de lui les rares passants qui se trouvaient dans ce quartier désert à cette heure de nuit.

Quand il eut arrêté son plan, celui tendant à aller chercher un gîte du côté de Grenelle, il se remit en marche.

Tout à coup, il vit un homme semblant le suivre; il pressa le pas, regardant autour de lui.

Alors, effrayé, il en vit deux, puis trois; puis il lui sembla que de derrière chaque arbre un homme sortait.

Alors il se dit que certainement c'était à lui qu'on en voulait. Il fallait lutter.

Il rassembla tout son courage, toute son énergie et se mit sur la défensive. Tout en marchant, il se dit :

— Tant pis. Celui-là aura le crâne défoncé.

Regardant le second : '

— Ohl celui-là ne me fait pas peur.

Le troisième :

— Ah! fit-il en se mordant les lèvres. Ah! bon sang! malheur, on se défendra.

Et il tira de sa poche un couteau, qu'il ouvrit et assura dans sa main en l'enveloppant dans un mouchoir. Puis il fit jouer ses membres dans ses vêtements, comme pour s'assurer qu'il était fort.

Puis, voyant tous- les autres surgir, il pensa :

— Oh ! c'est un guet-apens , il faut échapper à cela.

Il ferma son couteau en en voyant d'auires paraître, puis, crispant les poings, il se mit à courir.

Ce n'était plus quatre, ni cinq, mais six hommes qui se trouvèrent à sa poursuite.

Le malheureux, épouvanté, courait toujours. Il lui semblait qu'il entendait le halettement de ceux qui le poursuivaient.

Un de ceux-là, plus agile, se plaça devant lui. Un vigoureux coup de poing l'envoya à terre, et il passa.

Mais les autres couraient toujours ; tout à coup, il se sentit pris à bras-le-corps. Il voulut se débattre, mais quatre mains s'aplatirent sur lui.

On le tenait, on l'écrasait, on l'étranglait; il se débattait, mais cela ne servait qu'à déchirer ses vêtements.

Enfin, époumoné, sans voix, il tomba, écrasé. Il ne put parler, on lui serrait la gorge; il eut même quelques secondes de défaillance. On le fouilla, puis on le traîna, sans qu'il opposât la moindre résistance, jusque sous un réverbère.

Là, l'un des hommes qui semblait commander les autres, les regardant, dit avec colère :

— Mais qu'avez-vous fait là? Ce n'est pas lui 1 Alors ce fut un chœur de jurons et de sacrements.

Les hommes, obéissant à celai qui les commandait, lâchèrent le pauvre diable, qui, nous l'avons dit, à moitié défaillant, tomba à terre. Les hommes disparurent.

Le Beau Henri demeura quelques minutes ainsi, abruti, encore sous le coup

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de la terreur. Peu à peu, il se remit, se redressa, se tâtant. Il était tout meurlri. Ne cherchant pas à s'expliquer les motifs de cette singulière agression, une erreur de police sans doute, boitant, épuise, las, il gagna les quais pour se diriger vers Grenelle.

Il fouilla dans ses poches. Oh ! alors, il fut désespéré. On l'avait fouillé; on lui avait tout pris; il n'avait plus rien sur lui. Plus un liard; on lui avait pris ou il avait perdu ses vingt francs.

Alors, abattu, découragé, sans idées, ne sachant plus 011 il irait coucher le soir, il s'accouda sur le parapet du quai en gémissant.

— Que vais-je faire, maintenant?

Il se mit à pleurer.

L'eau coulait sombre, reflétant les milliers de becs de gaz qui s'étendent sur la ligne des quais. Le malheureux, anéanti, songeait aux événements qu'il venait de traverser.

Quelques heures avant, il était chez lui, calme, presque sûr de l'avenir, ayant pour compagne une femme adorable. Que lui importait ce qu'était la femme, au Beau Henri ? Nous savons qu'il n'avait pas de sens moraL

Il poursuivait un plan qui devait lui donner assez d'argent pour le mettre à l'abri du besoin à l'avenir. Et tout cela s'était envolé. Il ne lui restait que la peur et la misère.

C'était le châtiment.

Il ne cherchait pas à se consoler en pensant que la poursuite dont il venait d'être l'objet n'était que le fait d'une erreur.

Il était accablé, il ne résistait pas.

Dans son cerveau, cherchant à se rendre compte de ce qui se passait, il voyait la Costolade allant raconter à Pierre Costin la façon dont il s'était attribué la paternité de Penfant de Geneviève, puis celle-ci révélant à Pierre qu'il avait enlevé la Phryné, excitant le mari à se venger de lui.

Mais là ne s'était pas bornée la vengeance de M"° Olympe. Il était persuadé qu'elle avait été chez le médecin aliéniste qui l'avait fait enfermer d'abord, l'assurant qu'il venait d'être repris d'une attaque. Elle se justifiait probablement avec Costin, en racontant que dans un accès il avait été déclarer, sous son nom, un enfant qui n'était pas le sien, qu'il avait enlevé cet enfant, qu'il prétendait avoir été l'amant de M"® de Gesvres : toutes choses, enfin, qui étaient des actes de folie ou des actes d'escroquerie; qui, dans l'un et l'autre cas, devaient le faire enfermer dans une maison de fous ou dans une prison.

C'était pour le faire prendre que la Costolade avait fait venir chez elle le docteur Louis, accompagné sans doute par un agent.

S'il avait si facilement trouvé l'endroit où avait étéla Phryné en se sauvant de chez lui, c'est qu'on y avait aidé, en jetant exprès l'adresse bien haut pour que la concierge put l'entendre et la lui dire.

Tout cela était absurde; mais dans l'état où était le malheureux, l'absurde lui paraissait raisonnable, et constamment il revenait à cette pensée : que faire?... Que faire?... Où aller?...

Si)o LES AMOURS D'UN FRÈRE ET D'UNE MORTE.

Il était convaincu que des agents étaient postés rue Duphot pour l'arrêter. Il ne fallait donc plus retourner là.

Ah ! comme à cette heure il se reprochait sa vie passée !

Qu'il sentait bien avoir mérité le châtiment, en traitant aussi indignement qu'il l'avait fait la malheureuse Olympe, qui l'aimait tant !

Mais pour se venger, malgré ses menaces, elle n'avait pas reculé.

Il pleurait toujours, et s'il avait su pouvoir trouver seule l'ancienne sagefemme, il serait allé se jeter à ses genoux.

Puis il revenait toujours à ce dilemme :

Que faire?... Où aller?...

Nous devons constater que, malgré son désespoir, pas une seconde il ne pensa à en finir de la vie en se précipitant dans l'eau sombre qui coulait devant lui.

Entendant le pas cadencé de deux agents en tournée, relevant la tête et voyant leurs silhouettes se détacher dans la nuit, il jugea prudent de ne pas attendre qu'ils vinssent lui demander ce qu'il faisait là à cette heure.

Et, sans savoir où il allait, il reprit sa marche en remontant les quais.

Peu à peu la fraîcheur de la nuit ramena le calme dans ses idées.

Au matin, las, épuisé de sa marche nocturne, ayant besoin de se reposer, sans argent pour trouver un gîte, il entra dans une église.

Était-ce pour prier?

Oh ! que non !

Le Beau Henri n'avait besoin que de repos et de sommeil. Et le bohème savait, d'expérience, qu'après les nuits à la belle étoile c'était le refuge habituel.

Il prit une chaise qu'il plaça dans le coin obscur d'un confessionnal, s'y plaça dans l'attitude d'un homme priant et s'endormit.

Quand il s'éveilla, il faisait grand jour et gai soleil.

Il s'était reposé, mais il avait faim.

11 sortit de l'égUse, hochant la tête et pensant qu'il était sans le sou.

Qu'allait-il faire?

Nous le verrons plus tard.

Nous allons d'abord ramener le lecteur à la singulière maison de W^^ Olympe.

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